×
Publicités
Publié le
23 sept. 2019
Temps de lecture
3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Eugénie Le Dressay (MAD) : « En matière de technologie, les marques doivent choisir leur combat »

Publié le
23 sept. 2019

Le rendez-vous parisien du commerce connecté, Paris Retail Week, prend place du 24 et 26 septembre à la porte de Versailles, à Paris. A cette occasion, Eugénie Le Dressay, manager du cabinet de conseil Mad, en charge des nouveaux formats du retail, et architecte de formation, nous parle du rôle stratégique de la technologie dans les points de vente, au-delà des équipements ‘gadgets’ pouvant parfois être dommageables à l’image de marque.


Eugénie Le Dressay - MAD



FNW : Quel est le conseil que vous donnez en premier aux marques et détaillants désireux d’intégrer de la technologie en point de vente ?

Eugénie le Dressay : Le plus grand conseil que je puisse leur donner est de bien choisir leur combat. Il y a des technologies qui sont des propositions de découverte, d'autres qui s’imposent comme des démonstrations de l’esprit de la marque et qui illustrent l’offre. Car la technologie n’est pas un préalable à cela. Il faut par exemple relever l’exemple de la marque de literie Casper, qui a ouvert des points de vente uniquement destinés à accueillir les clients le temps d’une sieste. C’est simple, et cela orchestre la rencontre entre le client et la marque. Mais il y a une autre approche à prendre en compte, moins visible, qui est l’intégration sans friction de la technologique : on ne peut plus faire l’impasse, dans le déroulement de l’acte d’achat, sur l’élimination des frictions entre le travail de recherche du produit, le repérage des stocks, l’éventuel prise de rendez-vous et l’information du vendeur sur le point de vente. Faute d’une information harmonisée, vous aurez des erreurs, qui sont notamment impardonnables dans les métiers du luxe.

FNW : Tant côté du service que de la mise en scène, l’expérience doit donc être au cœur de la réflexion technologique ?

ELD : Un point de vente a pour rôle la rencontre, et la génération d’une émotion. Or très souvent, quand on y trouve un dispositif digital, sans interaction avec un vendeur, il n'est au final qu'un gadget qui, parfois même, fonctionne mal et risque de vous dégoûter de cette rencontre. Ce qui explique que les outils digitaux ont connu un temps seulement un effet de mode. Cela n’empêche pas que des écrans en magasin peuvent apporter beaucoup de choses, car ils offrent une fenêtre sur autre chose, peuvent contribuer à investir le client dans l’expérience. Les technologies de réalité virtuelle et augmentée peuvent participer à cela, mais ne doivent pas s’affranchir d’interactions avec le vendeur : il faut créer une cérémonie autour. La RFID, elle, permet maintenant d’offrir une foule d’informations et du storytelling sur un produit spécifique.


Shutterstock


FNW : La technologie peut-elle permettre de s’adapter à l’évolution rapide des attentes des consommateurs ?

ELD : La technologie peut créer du lien, orchestrer une stratégie de relation client. Mais elle peut aussi être un outil qui va faciliter la compréhension de l’offre et du savoir-faire. Et c’est d’autant plus important qu’il y a désormais une attente de la part d’un client désormais très entrainé à détecter les messages marketing. Or, effectivement, nous avons vécu en quinze ans une énorme évolution sur ce point, y compris dans l’esprit des professionnels eux-mêmes. Il n’y a pas si longtemps, il fallait encore leur expliquer l’importance de mettre en scène sa marque, et surtout son territoire de marque. Nous évoluons désormais dans la nécessité d’amener à penser à la marque comme à une personne. Le bon outil digital en magasin est celui-ci qui apporte un plus.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2022 FashionNetwork.com

Tags :
Innovations