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7 janv. 2022
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Face à la flambée épidémique, le casse-tête du manque de personnel en boutique

Publié le
7 janv. 2022

Le Conseil scientifique avait alerté fin décembre sur un risque de "désorganisation de la société" face à la virulence du variant Omicron. Même si les règles d’isolement ont été assouplies en ce début janvier, la très forte hausse des cas positifs en France (322.894 annoncés mercredi) conduit inévitablement à un bond du nombre de salariés dans l’incapacité de travailler, qu’ils soient malades, cas contact ou contraints de garder leurs enfants. S’il est plus visible médiatiquement dans la santé, les transports, ou l’éducation, le manque de personnel en raison de la massive cinquième vague se fait aussi sentir dans le secteur du commerce.


De nombreux magasins tricolores s'avèrent en sous-effectif en raison de la propagation du Covid-19. - Shutterstock


Selon Emmanuel Le Roch, le délégué général de Procos -qui a enregistré quelques remontées d'adhérents-, "toutes les enseignes font part d’un absentéisme important en point de vente mais avec des conséquences différentes en fonction de la taille des magasins". La rentrée scolaire, après les vacances de Noël, a multiplié les cas contacts, "avec des difficultés de gestion d’effectifs en conséquence".

Chez Bizzbee par exemple, un tiers des équipes magasins sont actuellement touchées par une nécessité d’isolement en raison du Covid-19. "Nous avons retrouvé du trafic en magasin, les clients sont présents, mais le vrai enjeu est interne: gérer les absences devient très compliqué", évoque Arnaud Mathon, le directeur général de l’enseigne de mode jeune appartenant au groupe FashionCube. Avec dans certaines boutiques très peu de personnel pour servir les clients et gérer les stocks.

Certains acteurs se retrouvent également aujourd’hui dans "l’impossibilité d’assurer les plages horaires totales dans les centres commerciaux", transmet Emmanuel Le Roch. Une situation similaire connue aux Etats-Unis, où plus d’un million de cas ont été signalés en début de semaine: la chaîne de grands magasins Macy’s a été contrainte de restreindre les horaires d’ouvertures de tout son réseau (soit une à deux heures en moins par jour) en raison de la flambée d’Omicron, rapporte CNBC, ajoutant que Nike et Apple seraient aussi concernés par des horaires plus limités. Le Wall Street Journal indique en outre que des magasins demandent à leurs salariés disponibles d’enchaîner les heures supplémentaires pour pallier les absences.

Jusqu'à fermer boutique



Certains commerçants sont même contraints de baisser temporairement le rideau. Dans l’Hexagone, quelques enseignes connaissent "une multiplication de fermetures lorsqu’il s’agit de petits magasins, en particulier lorsqu’il y a une seule personne en surface de vente: dans les secteurs de la bijouterie, des chaussures, de la téléphonie ou des jeux…", énumère Emmanuel Le Roch.


Pixabay


Valérie Taillepied, fondatrice du cabinet de recrutement RMS (spécialisé dans le secteur retail), rapporte que l’un de ses clients, qui exploite deux points de vente, "a dû fermer pendant la période la plus forte de l’année". Depuis un mois, les agences d’intérim sont débordées par les demandes urgentes des marques et enseignes, observe-t-elle également.

Rappelons que dans ces entreprises du commerce (enseignes comme magasins indépendants), le sujet des ressources humaines dans la distribution, et notamment la vente d’habillement (lire notre enquête), est déjà tendu en raison d’une pénurie de candidats, et d’une remise en question du métier de vendeur.

Une situation délicate à l'approche des soldes



Dans ce contexte de recrudescence épidémique, les soldes d’hiver, qui débutent le 12 janvier, ne s’annoncent pas sous les meilleurs auspices. D’autant que l’autre problème majeur se posant aux commerçants est celui de la baisse de fréquentation dans certaines grandes villes. L’une des raisons? "Un taux important de télétravail dans tous les gros lieux de flux (gares), en particulier à Paris ou à Lyon mais aussi dans les grands sites de commerce liés à des zones importantes de bureaux (La Défense, Opéra, Madeleine)", signale le délégué général de Procos.

Ce temps fort promotionnel, en perte de vitesse (face aux ventes privées et au Black Friday), a déjà démarré le 3 janvier dans les régions frontalières de l’est du pays. Sans trop de surprise, les premiers constats livrés par les médias locaux font état d’un démarrage "en douceur" à Forbach (selon le Républicain Lorrain), voire même "morose" à Epinal (observe Vosges Matin).

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