Fashion Week de Milan : Je t'aime un peu, beaucoup, à la folie

L'amour a inspiré les couturiers en cette quatrième journée de Fashion Week milanaise avec, pour l'hiver prochain, des collections de prêt-à-porter mixtes, jouant sur les liens du couple, comme chez Bottega Veneta ou Antonio Marras, ou mettant en avant des looks très romantiques.

Bottega Veneta, automne-hiver 2017-18 - © PixelFormula

Homme et femme ont défilé ensemble chez Bottega Veneta, où Tomas Maier a érigé le chic discret en dernière frontière du luxe avec une collection à la fois raffinée et sobre. Les silhouettes mi-longues, cintrées à la taille, aux épaules légèrement rehaussées rappellent les années 1940 avec un accent « eighties ».

En bas noir et gantées de cuir, le sac en bandoulière, les mannequins alternent des tailleurs, capes et manteaux croisés en cachemire aux lignes essentielles dans des couleurs unies allant des tons sombres à l'ocre, l'orange ou la terre de Sienne, avec des pantalons jodhpur de cavalières ou des robes frêles aux manches ballon.

Il n'y a pas de place pour les fioritures. Seules de minuscules têtes d'épingle cloutées sont admises en dessin sur une manche ou sur les flancs d'un habit, ainsi que de longs poils de chèvre noire sur quelques épaules ou dans des manteaux Yeti aux reflets rose et argentés. Pour le soir, le lamé est de rigueur avec des robes fourreau délicatement froissées comme les papiers sulfurisés qui enveloppent les chocolats.

L'homme, qui accompagne Madame, ne voudrait surtout pas lui faire de l'ombre, adoptant un vestiaire tout simple : pantalons courts en coton blanc avec des manteaux à larges revers. Tout juste s'autorise-t-il un ample nœud papillon sous un confortable chandail.

Antonio Marras, automne-hiver 2017-18 - © PixelFormula

Le couple est plus fougueux chez Antonio Marras, où l'on entend la vaisselle voler en éclat en coulisse ! Les corps s'enlacent et se délient au rythme d'un tango enflammé, tandis que les robes en tartan, soie imprimée ou encore en velours chatoyant glissent, légères, sur les corps. Souvent, elles s'ouvrent en corolle, par le biais de plissés, dentelles ou tulle bouillonnants. Des robes en voile transparent et des combinaisons à fines bretelles laissent deviner les corps de ces danseuses passionnées, chaussant guêtres et talons hauts.

« Ce tango d'amour fait frémir mon corps », fredonne une vieille chanson, tandis que la femme repousse son homme avec rage ou, soudain, tombe dans ses bras. Habillé dans les mêmes vestes patchwork de différents tissus rebrodés que sa compagne, cet homme aux cheveux gominés semble sorti du Buenos Aires des années 1920.

Personnages jeunes et âgés du monde intello-artistique de Milan, comme le galeriste Pasquale Leccese ou Benedetta Barzini, icône de la mode italienne des années 1960, se mêlent avec naturel aux mannequins, avec qui ils font un dernier tour de piste dans une course effrénée digne des films d'Emir Kusturica, sur la célèbre rengaine de « Je cherche après Titine ».

Même registre amoureux chez Blumarine avec une bande son qui enchaîne les chansons d'amour de « Eh toi, dis-moi que tu m'aimes » de Lio au tube italien des années 1960, dont le refrain interroge : « Qu'est-ce que la vie sans amour ? ».

Missoni, automne-hiver 2017-18 - © PixelFormula

Ce sont des demoiselles romantiques qui s'avancent sur le podium, vêtues de robes sinueuses, parées de leurs plus beaux atours pour se faire courtiser. Les décolletés des pulls, robes et manteaux sont évasés et bordés de vison coloré. Les mises à volants ou en satin soyeux enveloppent le corps avec sensualité.

Les fleurs sont partout : en broderies ou paillettes jaune d'or comme le mimosa sur des robes à sequins étincelantes. Des pivoines rouges sont appliquées sur une fourrure. D'autres guirlandes fleuries enlacent la taille d'un habit sombre ou grimpent le long d'un bras sur un tricot noir.

On retrouve ce filon romantique chez Ermanno Scervino, teinté toutefois d'une note masculine. Les robes à dentelles s'enfilent sur des solides bottes en cuir noir, les capotes militaires sont adoucies par des touches de fourrure ou des épaulettes brodées.

Angela Missoni met quant à elle l'accent sur la maille dans un kaléidoscope de couleurs et motifs géométriques.

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