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Fashion week homme à Londres : un week-end bien rempli, malgré le Brexit

Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
today 6 juin 2019
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En février, le public de la Fashion Week homme de Londres était persuadé qu’il s’agirait de la dernière dans la capitale britannique avant le Brexit. Mais c’était sans compter le rejet de l’accord proposé par Theresa May au Parlement de Westminster.


Collection homme Alexander McQueen


Aux dernières nouvelles, la Grande-Bretagne devrait maintenant quitter l’Union européenne le 31 octobre. Mais après de multiples revirements, il est désormais difficile d’affirmer catégoriquement que la Fashion Week masculine de Londres, qui commence ce vendredi soir, sera la dernière avant le Brexit. Ironiquement, ce week-end sera placé sous le signe de l’internationalité, avec pléthore de designers non britanniques faisant leurs premiers pas dans l’arène. Quelques stars locales de la mode rentrent aussi à la maison. Mais malgré le climat politique franchement incertain, la Fashion Week et son public n’ont pas l’air de se laisser abattre le moins du monde.

C’est le cas de la créatrice contemporaine la plus respectée de Grande-Bretagne, Sarah Burton, qui est à la tête de la maison Alexander McQueen. Cette dernière fera sa présentation dimanche matin à Londres. Le cordonnier le plus talentueux du pays, Manolo Blahnik, aura carrément droit à une rétrospective au musée The  Wallace Collection, intitulée « An Enquiring Mind » (Un esprit curieux). On pourra y découvrir une sélection personnelle de designs de chaussures des archives privées de Manolo Blahnik, mis en scène au milieu des œuvres d’art de la Wallace Collection. Une belle occasion d’admirer ensemble d’excellents designs contemporains et les pièces uniques de la Wallace Collection.


Manolo Blahnik


Malgré le Brexit, les défilés londoniens ne perdent pas de leur superbe. De jeunes marques internationales, comme C2H4, Iceberg, John Lawrence Sullivan, HLA de JD.com et Xander Zhou, présenteront des défilés. Malgré l’ombre du Brexit, qui pèse sur tout le marché de la mode masculine britannique, la catégorie a apparemment gagné 3,5 % de chiffre d'affaires, à 15,5 milliards de livres (17,44 milliards d’euros), l’année dernière. En revanche, les marques locales vont peut-être avoir plus de difficultés à décoller à l’étranger une fois l’accord entériné.
 
« Comme le Brexit n’est pas encore effectif, on ne peut pas vraiment mesurer ses conséquences, mais l’incertitude générée par cette possibilité a eu un effet très négatif sur le secteur. Si le Brexit a lieu, l’industrie sera soumise à une pression non nécessaire et souffrira tout autant que la mode féminine », regrette Dylan Jones. Le rédacteur en chef de GQ au Royaume-Uni préside cette Fashion Week homme.
 
La saison démarrera avec la présentation d’un jeune talent bulgare basé à Londres, Kiko Kostadinov, qui a prévu un défilé intime vendredi soir. Le British Fashion Council (BFC) a conclu une alliance inédite avec la Seoul Fashion Week dans le cadre d’un programme d’échange. Un designer britannique défilera donc à la Fashion Week de Séoul et un designer coréen fera sa présentation à Londres. La marque coréenne choisie est Münn, dont le créateur, Hyun-Min Han, paraît bien parti pour faire des étincelles. Il a officié chez Wooyoungmi avant de lancer sa griffe. Et il arrive justement à un moment où la culture coréenne a le vent en poupe à Londres : cette semaine, le phénomène K-Pop BTS est devenu le premier groupe coréen à jouer au Wembley Stadium. De son côté, l’équipe de football des Tottenham Hotspurs s’est adjoint les services du Coréen Heung-min Son. Elle s’est finalement inclinée lors de la Ligue des Champions contre la meilleure équipe du continent, Liverpool.


La jeune marque coréenne Münn


De son côté, GQ China entre dans le jeu avec 8ON8, la marque du fameux designer chinois Li Gong, célèbre pour ses designs sculpturaux et adepte des superpositions. Comme la plupart des présentations, son défilé aura lieu à la Truman Brewery, l’imposante ex-brasserie de l’East End qui est maintenant au cœur de la mode homme britannique.
 
« Les défilés londoniens font toujours la part belle au street style, à la décontraction et à la naïveté. L’avant-garde est toujours à Londres. Ça a toujours été le cas et ça le sera toujours », insiste Dylan Jones, soulignant les avantages de Londres par rapport à Milan et Paris, selon lui.
 
Soutenue par de nombreux sponsors, la Fashion Week homme de Londres n’a pas de problèmes de financement. Cela devrait rappeler aux visiteurs que le BFC bat à plate couture toutes les autres Fashion Weeks du monde en termes de sponsoring. Des limousines Mercedes-Benz et des mini-vans achemineront les journalistes accrédités, les détaillants et les VIP autour de la capitale britannique ce week-end. Tony & Guy distribuera des sacs de goodies et plus de 7 000 produits de la marque label.m devraient être utilisés en coulisses, tandis qu’Evian prévoit de distribuer plus de 10 000 bouteilles d’eau minérale.


La Truman Brewery, le centre névralgique de la Fashion Week homme de Londres


De passage en ville, il serait dommage de ne pas en profiter pour aller voir les excellentes expositions de Christian Dior et Mary Quant au V&A, de Léonard de Vinci à la Queen’s Gallery et d’Edvard Munch au British Museum. Et malgré l’inquiétante situation politique, la fête battra son plein dans la capitale tout le week-end.
 
Kiko Kostadinov lancera les hostilités vendredi soir avec le célèbre magazine Dazed, tandis qu’Alexander McQueen organisera un dîner très privé samedi soir. Dimanche, ce sera au tour de GQ Style et Browns au fameux bar de Mayfair Mark’s Bar. Le magazine de Dylan Jones conclura ce long week-end lundi soir avec un dîner organisé avec le chanteur Liam Payne. L’ambiance n’a pas l’air tellement morose, n’est-ce pas ? 

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