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22 sept. 2020
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Fashion Week : Milan veut envoyer un message positif

Publié le
22 sept. 2020

C’est sous un ciel gris que s’est ouverte, mardi, la Semaine de la mode milanaise, qui s’achèvera le lundi 28 septembre passant le relais à Paris. Comme la météo instable alternant averses et éclaircies, le programme de cette Fashion Week dédiée aux collections féminines (mais aussi masculines) pour le printemps-été 2021 a évolué jusqu’à la dernière minute.​.. Il ne faut pas s’attendre évidemment à vivre une Fashion Week normale.
 

La semaine milanaise s'ouvre avec un certain optimisme - CNMI Stefano Guindani



On est loin, en effet, de la frénésie habituelle. L’inauguration mardi soir du Fashion Hub de la Chambre de la mode italienne, l’espace dédié à la jeune création, offrait même une vision presque surréaliste. Pas de cohue se pressant à l’entrée comme en février dernier, mais quelques invités épars passant rapidement le sas de l’entrée avec la prise de température. A l'accueil, chacun remplit ensuite sagement un formulaire pour laisser ses coordonnées et reçoit en échange un masque biotechnologique réalisé par l’entreprise italienne U-mask.
 
"Cette Fashion Week doit être l’exemple démontrant notre capacité à nous adapter en cohabitant avec le Covid-19 de la manière la plus intelligente. Nous voulons prouver durant cette Semaine que l’on peut aller de l’avant en dépit de la situation. Je m’attends à une énergie positive", indique le président de la Camera della Moda (CNMI), Carlo Capasa, à un groupe de journalistes.

Et le dirigeant de détailler les normes très strictes de sécurité imposées à toutes les maisons qui défilent. En backstage, les masques sont obligatoires pour tout le monde, jusqu’à l’entrée sur le podium, par exemple. La distanciation sociale doit être appliquée. Les défilés sont ouverts à une poignée de journalistes et acheteurs, pas plus de 150 en moyenne, tandis que plusieurs maisons demandent des auto-certifications pour autoriser l’accès à leur show.
 
"Certes nous traversons un moment très difficile, avec des ventes en baisse de 25% à 30% depuis le début de l’année. Mais nous ne pouvons pas croiser les bras en attendant un vaccin ou que ça s’arrange. Nous devons trouver la force et les moyens pour cohabiter en sécurité avec le virus. On ne peut pas s’arrêter. Au contraire, c’est le moment de préserver nos PME, nos artisans et nos talents émergents", ajoute-t-il, en rappelant que la mode est la deuxième industrie du pays et l’Italie le premier producteur d’habillement en Europe, pesant 41% du chiffre d’affaires, contre 11% pour l’Allemagne et 8% pour la France.
 

Le Fashion Hub de la Camera n'a pas fait le plein mardi soir - ph Dominique Muret


Alors que la Fashion Week entre dans le vif du sujet, ce mercredi, avec les shows notamment de Fendi et Dolce & Gabbana, la présence des acteurs de la mode à Milan a été ultérieurement réduite en raison de la recrudescence de cas de Covid-19 dans les pays voisins. Même les griffes ont eu du mal à trouver tous les mannequins pour leurs défilés...

Inquiétude pour la France



La France, en particulier, suscite de l’inquiétude. Le gouvernement italien a décidé lundi d’imposer à tous les voyageurs en provenance de plusieurs régions françaises un test négatif au coronavirus avant l’entrée sur son territoire,
contraignant de nombreux journalistes et acheteurs à renoncer à leur déplacement.
 
"Nous sommes déçus, car jusqu’à dimanche soir, nous avions reçu un nombre de confirmations très élevé de la part des Français, dont beaucoup devaient arriver dès mardi. Sachant que les Américains et les Asiatiques ne viendront pas cette saison, nous attendions surtout des Européens, Allemands, Espagnols et Français", déplore Carlo Capasa. Loin des quelques milliers de visiteurs habituels, seules quelques centaines de personnes sont attendues cette semaine à Milan pour assister à 22 défilés physiques, sur un total de 64 inscrits au calendrier, la plupart se déroulant en mode numérique.
 
Parmi eux, Versace, qui avait prévu dans un premier temps un show physique, a décidé ces derniers jours de défiler à huis clos. Mais aussi Prada, qui a opté pour un événement digital alors que sera dévoilé pour la première fois cette semaine le travail en cocréation de Miuccia Prada et Raf Simons, ou encore Giorgio Armani, qui défile aussi à huis clos avec une retransmission en direct à la télévision.


L'espace dédié par la Camera della Moda aux jeunes créateurs - ph Dominique Muret


Si Gucci fait l’impasse cette saison, en revanche Milan pourra compter sur Valentino, qui après avoir défilé pendant des années à Paris, effectue son grand retour dans la capitale lombarde. Entre présentations, défilés et projets spéciaux, physiques ou virtuels, au total ce sont 159 événements qui sont programmés sur la plateforme de la Camera della Moda.
 
"Heureusement, il y a le digital ! Certes, il ne remplace pas les défilés physiques, mais cet outil a été d’une grande aide pour l’industrie à travers l’e-commerce, les showrooms virtuels et la diffusion des Fashion Weeks. En juillet, pour la Semaine masculine, notre plateforme a atteint 15 millions de visiteurs dans le monde. Cette fois-ci, nous tablons sur 20 millions", indique Carlo Capasa, qui insiste aussi pour allumer les projecteurs sur les multiples événements organisés en parallèle en vue de soutenir la jeune création.

 A l’instar du projet "Milano Moda Shoppable Project", mis sur pied par la Chambre de la Mode italienne avec le grand magasin Rinascente, dévoilé mardi matin. L’enseigne accueille jusqu’au 11 octobre dans son nouvel espace du quatrième étage, dédié aux pop-ups et aux marques contemporary, les collections de treize jeunes labels italiens (Twins Florence, Drome, Nico Giani, Simona MarzialiMRZ, Iindaco, Vitelli, Blazé Milano, Act N°1, Marco de Vincenzo, Fantabody, Flapper | Genevieve Xhaet, Marco Rambaldi et Vìen). Ces derniers sont mis en avant aussi dans les huit vitrines du magasin, situé au cœur de la ville tout près de la cathédrale.
 
Plusieurs jeunes stylistes italiens ont pu par ailleurs produire leur collection, organiser leur défilé ou réaliser leur vidéo grâce aux fonds récoltés par le Fashion Trust de la Camera della Moda via le projet TogetherForTomorrow lancé pendant le confinement.


L'espace consacré aux jeunes stylistes italiens chez Rinascente - CNMI

 
D’autres initiatives sont consacrées aux talents émergents, tel le showroom "Fashion Hub Market" accueillant sept marques débutantes (Gentile Catone, Salvatore Vignola, DassùYAmoroso, Daniele Carlotta, Roni Studios, C’est la V, Francesca Marchisio), ou le défilé collectif Milano Moda Graduate consacré aux élèves des principales écoles de mode italiennes. A cela s’ajoute la sélection de six marques focalisées sur le thème de la durabilité, ou encore la mise en avant de la jeune création hongroise.
 
Mais ce n’est pas tout. Pour la première fois la Semaine milanaise organise un événement pour soutenir les créateurs issus de groupes racisés, en collaboration avec le collectif Black Lives Matter in Italian Fashion, présentant le travail de cinq stylistes via le projet vidéo "We are made in Italy- The Fab Five Bridge Builders", sous la supervision des designers Stella Jean et Edward Buchanan.

Enfin, après l'incendie qui a ravagé Beyrouth en août, a été lancé toujours par la Chambre de la Mode "Spotlight on Lebanese Designers - CNMI in support of the new generation of Lebanese Talent", qui permettra à sept designers libanais de participer à la Fashion Week à travers des contenus digitaux.

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