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Faux sacs Hermès: prison ferme et fortes amendes requises contre deux chefs présumés du réseau

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2 déc. 2020


Paris, 2 déc 2020 (AFP) - Des peines de deux et trois ans de prison ferme, assorties d'amendes de 200.000 et 300.000 euros, ont été requises mercredi à Paris à l'encontre de deux hommes soupçonnés d'avoir coordonné un vaste réseau de contrefaçon de sacs Hermès entre 2008 et 2012.


AFP / SEBASTIEN BOZON



Après trois semaines d'audience, la procureure a souligné dans son réquisitoire "l'ampleur" de ce dossier, qui implique 26 personnes de 29 à 86 ans dont neuf ancien salariés d'Hermès - deux seront jugés ultérieurement du fait du coronavirus. La magistrate a dépeint un "réseau international structuré, hiérarchisé" où chacun s'est vu "attribuer une mission précise" pour "servir une clientèle exigeante", qui achetait les "vrais-faux" sacs du modèle "Birkin" environ 18.000 euros.

Elle a décrit les "étapes" de fabrication: un maroquinier parisien achetait auprès du fournisseur italien d'Hermès des peaux de crocodile, ensuite vendues à un ancien salarié du groupe résidant à Hong-Kong. Ce dernier était approvisionné en kits de bijoux contrefaits par une entreprise basée dans les Yvelines, selon la procureure. L'assemblage des sacs a débuté à Hong-Kong pendant environ un an, avant d'être "relocalisé" en 2012 en France.

Un "véritable atelier clandestin" y était géré dans le Rhône par un autre ex-salarié d'Hermès qui démarchait des employés en activité pour travailler sur leurs congés ou arrêts-maladie, selon l'accusation. Enfin, les sacs étaient notamment revendus à deux Russes et une Chinoise, qui les commercialisaient en Europe de l'Est et en Asie.

Ce réseau avait "des méthodes qui relèvent à la fois de logiques entrepreneuriales" et "du banditisme", a estimé la magistrate, soulignant, au-delà du préjudice de la partie civile, les "recettes sociales et fiscales perdues". Elle a reconnu ne pas pouvoir chiffrer "avec certitude" le bénéfice généré mais a avancé l'estimation de 19 millions d'euros par an pour un millier de sacs.

A l'encontre des deux "organisateurs", elle a requis 4 ans d'emprisonnement dont un avec sursis et 300.000 euros d'amende, ainsi que 4 ans dont 2 avec sursis et 200.000 euros d'amende. Pour trois "intermédiaires", sept "façonneurs", cinq "fournisseurs", trois "acheteurs" et deux personnes soupçonnées de blanchiment et recel, elle a demandé des peines allant d'une amende de 4.000 euros à deux ans dont un avec sursis et 200.000 euros d'amende.

Un autre "réseau local", avec les mêmes fournisseurs, était organisé autour d'un artisan de Seine-Maritime et d'un revendeur notamment, à l'encontre de qui la procureure a requis 30 mois de prison dont 24 avec sursis et 10 mois avec sursis, ainsi que des amendes.

Les plaidoiries de la défense sont prévues jusqu'au 10 décembre.
 

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