×
Publicités
Publié le
22 juin 2021
Temps de lecture
4 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Florent Huille (La Poste) : "Colissimo a pris des parts de marché durant la crise"

Publié le
22 juin 2021

La crise sanitaire avait initialement mis à rude épreuve les différents services de livraison, y compris La Poste. Mais le réseau indique au final sortir grandi de l'épreuve, qui aurait permis de souligner l'adéquation entre son offre et les besoins croissants en termes de circulation des colis avec la numérisation des commerces. A l'occasion du salon Viva Technology, le directeur commercial du groupe La Poste (Branche Services), Florent Huille, revient pour FashionNetwork.com sur une année riche en défis.


Florent Huille - La Poste


FashionNetwork.com: Quel bilan tirez-vous, dans votre activité, de ces quinze mois de crise sanitaire ?

Florent Huille : La crise sanitaire a pour nous été un accélérateur assez formidable en termes de volumes. Colissimo a affirmé sa position de leader, car nous avons pris des parts de marché durant la crise. C'est vrai en France pour Colissimo mais c'est vrai aussi à l'international pour notre filiale DPD. Donc La Poste sort finalement renforcée de cette période de Covid-19. On entend beaucoup que cela a révélé un "besoin" de Poste. En tout cas, cela a révélé un besoin accentué de ventes en ligne, et Colissimo a répondu présent. Avec une hausse très importante du trafic auquel on a dû faire face en fin d'année, ce qu'on appelle chez nous la "peak period", durant laquelle nous avons eu des pics à plus de 4 millions de colis par jour. Cela a été tout bonnement extraordinaire et a permis de terminer un formidable exercice pour notre activité. Nous voulons maintenant poursuivre cette croissance en nous fixant des objectifs que nous ne pensions pas envisageables dans l'immédiat.

FNW : Quels sont ces objectifs?

FH : Ce sont des objectifs en termes de gain de volumes, de gain de parts de marché, de clients gagnés… Et nous travaillons sur une approche plus vertueuse de notre activité, et en particulier du colis. Nous travaillons sur la prise en charge de nos clients, pour organiser celle-ci de façon différente et pour pouvoir transporter plus de paquets dans un même contenant. Nous cherchons également à mieux calculer nos émissions carbone, à les réduire. Et, aujourd'hui, à les compenser: nous sommes le seul opérateur qui compense 100% de toutes ses émissions. Maintenant, compenser c'est bien, mais ce n'est pas assez. Il faut maintenant réduire ces émissions. C'est notre responsabilité au moment où les volumes augmentent.

FNW : La crise a également contribué à accélérer la numérisation des commerces locaux. Quelle a été votre stratégie dans ce domaine?

FH : C'est tout l'objet de la plateforme Ma Ville Mon Shopping, que nous avons présentée sur Viva Technology. C'est un outil qui propose aux petits commerces de rentrer sur une plateforme pour mettre en avant leurs produits de manière très simple: en quelques minutes, ils peuvent photographier leurs produits avec leur portable pour les mettre sur la plateforme. Nous leur proposons ainsi un modèle économique très rentable pour eux, car nous proposons de retenir seulement 9% du chiffre d'affaires réalisé, tandis que l'inscription sur la plateforme est gratuite. Et ils peuvent y proposer aussi bien du Click&collect que de l'expédition de colis (ship-from-store, ndlr) qui seront livrés par notre solution, soit par portage, soit par Colissimo.


Au centre, Florent Huille recevant le ministre délégué aux PME Alain Griset le 16 juin sur le stand de La Poste à Viva Technology - MG/FNW


FNW : Quel accueil rencontre l'opération? Est-ce le signe d'un changement de mentalité chez les commerçants?

FH : Nous avons 15.000 commerçants inscrits sur la plateforme. Près de 10.000 sont actifs. C'est quelque chose qui doit se développer dans les semaines, mois et trimestres à venir. En tout cas, nous y travaillons de façon appuyée. Car il y a effectivement un changement de mentalité. Les commerçants sont demandeurs de solutions. Et nous, comme toujours à La Poste, notre rôle est d'être au contact des commerçants et de proposer des solutions à partir de besoins. Ce besoin est nouveau pour les petits commerçants. Et donc nous sommes là.

FNW : Le marché de la seconde main a intensifié les envois entre particuliers. L'expédition depuis sa propre boîte aux lettres, est-ce l'étape suivante de votre stratégie pour y répondre?

FH : Cette offre de collecte à domicile justifie bien notre slogan, qui est de "simplifier la vie". Il nous paraît intéressant que le client puisse mettre un colis dans sa boîte aux lettres, le signale à son facteur pour qu'il puisse le prendre en charge. Nous collons donc à un besoin. C'est une offre qui prend de l'essor, et que nous allons continuer à développer. Cela implique, comme toutes les nouvelles offres, un gros travail sur le système d'information, afin que notre outil informatique soit bien à la pointe. Mais nous avons surtout 80 000 facteurs qui sont tous les jours, par tous les temps, et partout en France, auprès des foyers. Donc, côté terrain, nous sommes déjà là. A un moment où le courrier diminue, le fait que l'on ait ce relais d'activité avec le colis est une chance... dont nous nous saisissons.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2021 FashionNetwork.com

Tags :
Business