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François Feijoo (Procos) demande une trêve dans le conflit entre enseignes et bailleurs

Publié le
14 avr. 2020
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3 minutes
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À coups de communiqués et de tribunes, enseignes et bailleurs s'opposent fortement sur la question des loyers commerciaux en cette période de crise sanitaire, jusqu'à provoquer une escalade hostile la semaine dernière. Une bataille au milieu de laquelle François Feijoo, président de Procos, appelle aujourd'hui à un apaisement, en demandant au CNCC, le Conseil national des centres commerciaux, "de revenir à la raison. Il faut cesser ces guerres picrocholines!", argue-t-il. Cette expression qui tire son origine du roman Gargantua de Rabelais désigne - selon Larousse - un conflit aux péripéties souvent burlesques et dont le motif apparaît obscur ou insignifiant...


Les magasins non-alimentaires sont fermés en France depuis la mi-mars. - DR


"Nous ne pouvons nous permettre un conflit bailleurs/enseignes qui nous fera perdre un temps précieux, détruira un nombre d’emplois considérable, énormément de valeur, laissera des traces préjudiciables dans notre relation... Un conflit où tout le monde sera perdant !", estime celui qui a été PDG d'Eram de 2013 à début 2020, et qui espère maintenant nouer un dialogue constructif avec le CNCC et ses membres. "Certains responsables retail de marques disent qu'il ne faut plus leur parler. C'est idiot ! Il ne faut pas couper cette relation et même écouter leur problématique, mais, clairement, le risque sur l'emploi se trouve du côté des enseignes."

Si très peu de bailleurs ont accepté une suppression des loyers, la plupart demandent une négociation au cas par cas, et cela concerne le plus souvent uniquement une suspension des sommes dues. Côté enseignes, nombreuses sont celles à ne pas souhaiter régler leurs loyers, puisque les magasins sont fermés, même si d'autres s'en acquittent quand elles le peuvent.

"J’invite le CNCC à revoir sa position et à prendre la mesure de la situation. Nous devons travailler ensemble", conclut François Feijoo. Les relations entre le conseil des centres commerciaux et les chaînes ne sont pourtant pas au beau fixe. Les distributeurs Vivarte, Kiabi, Fnac-Darty ou encore Little Extra, qui sont membres du conseil d'administration du CNCC, ont en effet décidé de quitter leur siège, estimant ne pas avoir été consultés lorsque cette organisation qui fédère les professionnels de l'immobilier commercial a élaboré son récent communiqué demandant notamment un effort de la part des enseignes.

Une intervention de l'État ?



Détaillant ce mardi sur RMC les mesures d'aides supplémentaires consenties par l'État, Bruno Le Maire a souhaité que les grands propriétaires fournissent des efforts, au même titre que les banques et les assureurs. Prenant là le parti des commerçants. "Les grandes foncières peuvent et doivent faire plus pour aider ceux qui ne peuvent pas payer leurs loyers aujourd'hui", a insisté le ministre de l'Économie, qui a d'ailleurs demandé à rencontrer leurs représentants cette semaine. Pour instaurer une règle générale ?

Car depuis le début du confinement, si Emmanuel Macron a promis que les loyers des TPE seraient suspendus, le gouvernement n'a pas donné plus de détails et s'est abstenu de prévoir des mesures coercitives. Laissant donc s'organiser les commerces et leurs propriétaires, avec les oppositions que l'on sait. L'État pourrait aujourd'hui jouer les arbitres.

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