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29 avr. 2021
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Frédéric Denoual (Sport 2000): "Le manque de visibilité s’ajoute à un déficit de considération"

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29 avr. 2021

Devenir adhérent au groupement Sport 2000 et ouvrir son propre magasin à Dinard (Ille-et-Vilaine), c’est un changement de vie professionnelle qu’a souhaité entreprendre Frédéric Denoual après avoir passé plus de dix ans à des postes de direction au sein du groupe malouin Roullier. Suite à un an de préparation en subissant les aléas de la crise, son point de vente basé dans le retail park Cap Emeraude a ouvert ses portes le 6 mars dernier. Sauf qu’il n’a pu accueillir des clients que durant 28 jours, troisième confinement oblige. Une situation incompréhensible pour ce commerçant, qui ne se considère pas ‘non essentiel’, et souligne un inéquitable soutien apporté aux magasins fermés.


Frédéric Denoual - DR


Si les mêmes critères pour obtenir l’appui du fonds de solidarité sont maintenus pour le mois d’avril, il ne pourra percevoir - en tant que jeune entreprise - aucune aide financière malgré la fermeture contrainte de son commerce, n’ayant que trop peu d’historique de chiffre d’affaires à présenter. "Les factures continuent de tomber, et d’un point de vue financier, nous sommes les oubliés du ‘quoi qu’il en coûte’, regrette-il. L’État a fait beaucoup pour de nombreuses entreprises par rapport à certains autres pays, mais il reste des cas particuliers qui ne rentrent pas dans les cases. De plus, ces situations ont été portées à son attention, mais le pire, c’est que nous n’obtenons aucune réponse".

Malgré le lancement récent de son magasin, Frédéric Denoual a déjà engagé de nombreux frais depuis plusieurs mois, et est aujourd’hui privé de chiffre d’affaires. "Après la recherche d’emplacement et de financement, j’ai effectué les premiers achats pour le printemps-été 21 entre juillet et octobre dernier, puis recruté neuf conseillers de vente (dont 7 en CDI). Début 2021, l’aménagement complet du magasin a été réalisé, de même que la mise en place des marchandises", retrace-t-il.


Le commerçant peut vendre des vélos, mais pas des chaussures de running - DR


Son magasin de 1.200 mètres carrés n’est pas totalement fermé au public, puisqu’il abrite un espace de vente dédié au cycle, sous enseigne Mondovélo, qui a l’autorisation de recevoir des clients. Une situation 'ubuesque', puisque ces derniers sont guidés jusqu’à la zone vélo en cheminant par les rayons dédiés au sport qui sont donc rubalisés et interdits d’accès. "Je ne comprends pas du tout le classement ‘non essentiels’ des articles de sport. Pourquoi peut-on aller acheter des chocolats, des jeux vidéos ou des boîtes à la Foir’Fouille, mais pas une tenue de sport ?"

Le dirigeant juge qu’il "pourra surmonter la crise si la réouverture se profile bien à la mi-mai, mais pas sans y laisser des plumes". Il déplore une dynamique cassée avec les premiers clients de son magasin, et estime qu’il devrait sans doute programmer une nouvelle inauguration pour recréer un temps fort en matière de communication. "Nous sommes situés en zone saisonnière, Dinard est un lieu de villégiature et notre objectif est donc d’ouvrir juste avant le week-end de l’Ascension. Le manque de visibilité s’ajoute à un déficit de considération".


La devanture du magasin à Dinard Cap Emeraude - DR


"C’est aussi difficile pour les équipes en activité partielle, qui sont perturbées par la situation. Il va falloir recréer des automatismes", observe Frédéric Denoual, qui affirme recevoir un soutien et une écoute très régulière de la centrale Sport 2000, qui lui a permis d’aménager le paiement des redevances. Plusieurs de ses fournisseurs lui ont également accordé des décalages d’échéances de paiement.

A la réouverture, le sujet des stocks sera selon lui toujours préoccupant. "On aura perdu un mois et demi de ventes pour la saison printemps-été, et il ne nous restera qu’un mois avant les soldes pour écouler notre stock à prix plein. Surtout si l’État décide d’allonger ou d’avancer cette période de promotions. Sauf qu’un commerçant vit avec la marge brute, pas avec du chiffre d’affaires".


Rideau baissé, mais services disponibles - DR


Le click & collect mis en place en urgence dans le magasin ne génère que très peu d’activité, et mobilise des vendeurs en matinée (plutôt que toute la journée, ce qui ne serait pas tenable pour l’entreprise). "Ce service nous a été présenté comme une solution magique par l’exécutif mais ça ne l’est pas. C’est un coup de com’. Les gens ont besoin et envie d’essayer, de toucher, de comparer les produits sur place".

Pour l’avenir, le dirigeant estime que ce n’est pas un bon signal envoyé aux aspirants entrepreneurs que la création d’un commerce ne soit pas éligible aux aides du plan de relance présenté par l’État. "Nous créons de la valeur, et des emplois", appuie Frédéric Denoual, qui aspire à une meilleure équité entre les différents secteurs d’activité et structures d’entreprises. "Or, nous sommes actuellement en pleine rupture d’égalité", assène-t-il pour conclure.

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