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9 juil. 2021
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Galimmo veut privilégier les restructurations aux extensions

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9 juil. 2021

Cinq ans après son lancement, Galimmo reste une foncière singulière. En charge des galeries attenantes à 66 hypermarchés Cora en France, Belgique, Roumanie et au Luxembourg, la structure est présente à 90% dans les villes moyennes, et avait précédé la tendance aux rénovations-extensions, depuis au cœur des stratégies immobilières commerciales. Après avoir montré sa résilience depuis le début de la crise, le réseau a aujourd'hui réorganisé ses projets, privilégiant les restructurations de sites existants à des extensions ex-nihilo. Ce qu'explique à FashionNetwork le directeur général de Galimmo, Maël Aoustin. 


Maël Aoustin, directeur général du groupe Galimmo - Galimmo



"Ce qui s'est avéré bénéfique durant la crise, c'est notamment que nos galeries sont adossées aux plus grands hypermarchés, de 10.000 mètres carrés de surface en moyenne, mais avec des sites à taille, loin des grands centres commerciaux", nous explique le responsable. "Avec les limites de 10 kilomètres, les gens ne sont pas allés vers les grandes villes voisines. Nous sommes par ailleurs moins endettés que d'autres foncières, avec un loan to value de 26,9% (montant d'un emprunt rapporté à la valeur du bien, ndlr), contre 40% généralement dans l'industrie. Nous étions donc structurés pour passer le cap".

Galimmo a renoncé en moyenne à deux tiers de ses loyers sur les périodes de fermetures, via des négociations de gré à gré avec ses 1.600 commerces locataires. Une proportion dont Maël Aoustin sait que certains disent qu'elle est trop faible ou trop élevée. Dans le bras de fer qui a rythmé l'année 2020, le dirigeant estime que certaines fédérations ont oublié que les espaces commerciaux ont aussi des dettes à payer. "Il ne faut pas que les bailleurs fassent faillite non plus".

Entre 2017 et 2019, quelque 115 millions d'euros ont été investis dans la rénovation-extension du réseau. Au début de la crise sanitaire, près de la moitié des sites avaient connu une cure de jouvence. Fin 2020, Galimmo affichait un pipeline de nouveaux projets de 115 millions d'euros. Étaient notamment prévues de grandes extensions pour des espaces commerciaux parfois cinquantenaires. Si la structure a décidé de maintenir une partie des projets, ceux-ci ont été réorientés vers une transformation de l'existant. Le Shop'In  Pacé, dans la périphérie de Rennes, illustre cette approche. Si la galerie marchande récemment livrée y gagne 3.800 mètres carrés GLA (surface commerciale utile), c'est en réduisant le périmètre de l'alimentaire et en supprimant une cafétéria. 

Fort de 950.000 mètres carrés d'alimentaire et 229.000 mètres carrés de galeries commerciales, le réseau attirait en 2019 quelque 63 millions de visiteurs, avec ses 1.600 boutiques et quelque 400 commerces locaux. Sur cet ensemble, l'équipement de la personne ne représente historiquement que 35% de l'offre, contre les 40-50% habituellement observés dans le secteur. A l'heure où les promoteurs réduisent progressivement la part de l'offre d'habillement face aux loisirs et à la restauration, Galimmo s'est là encore retrouvé en avance sur la tendance. 


Le "Shopping Cora" de la Louvière (Belgique) - Galimmo



"Avec l'évolution du secteur, on se rend compte que c'est assez pertinent d'avoir ce mixte", pointe Maël Aoustin, qui évoque une offre tournée vers beauté (27%), culture/loisirs (17%) et services (7%). "Face aux difficultés, certaines enseignes mode réduisent leur réseau. Dans un centre de proximité, il y a de toute façon généralement peu d'équipement de la personne. Mais, quand nous en avons, nous sommes généralement le point de vente numéro un de l'enseigne sur la zone. Car, quand l'enseigne Cora est arrivée il y a 50 ans, elle a veillé à prendre les meilleurs ronds-points. Et, dans une ville moyenne, quand vous êtes la boutique numéro un, vous voyez arriver la demande". 

Estimant que c'est précisément durant les crises qu'il faut investir le plus pour se préparer aux usages de demain, Galimmo s'est engagé dans l'omnicanalité de la consommation. Notamment en faisant de ses drives alimentaires des relais de livraison pour les commandes en ligne, que les clients peuvent venir retirer en profitant de leurs commissions. Une volonté de s'inscrire organiquement dans le quotidien pour proposer des sites "Biotop" (écosystème harmonieux), loin de "l'effet whaou" des grands centres ou de la simple destination d'achat. Un positionnement qui passe notamment par les concertations organisées autour des rénovations de sites, auxquelles riverains et commerçants sont invités à prendre part, influant parfois jusqu'à l'apparence extérieure des galeries.


Le centre commercial d'Ermont - Galimmo



"De notre point de vue, l'opposition qu'on fait actuellement entre commerces de centre-ville et périphérie n'a pas de sens", explique Maël Aoustin. "Dans nos villes moyennes, quand le centre-ville est fort, nos galeries fonctionnement bien. Colmar est un très bon exemple. En revanche, quand le centre-ville est moribond, les galeries de périphérie ne fonctionnent pas non plus. Dans ces villes, les temps de transport sont réduits. Si vous trouvez tout ce dont vous avez besoin en enseignes de centres-villes et périphérie, vous y restez. Sinon, vous allez faire 45 minutes de route pour aller dans la métropole la plus proche. Et il faut garder à l'esprit que certains concepts ne conviennent pas du tout aux centres-villes, qui parfois n'ont pas été optimisés pour les commerces depuis des décennies".

Pour la suite de modernisation du réseau, Galimmo opte donc pour une approche raisonnée. "Surtout que, nous, nous ne revendons pas nos sites !" pointe son dirigeant, qui entend miser sur l'aspect sociétal des galeries marchandes parfois devenues des institutions locales, notamment au travers des emplois générés. Une approche sociale qui se traduit également par certaines initiatives, comme le déploiement à Metz de Fripes et Brocs, première boutique responsable et solidaire de l'association Emmaüs en centre commercial. "L'essentiel reste de savoir aller vers sa communauté", explique Maël Aoustin.

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