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Gilets Jaunes : Bercy poursuit le soutien aux commerces mais peine à rassurer

Publié le
today 1 oct. 2019
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A l’occasion d’une réunion tenue le 30 septembre à Bercy, la secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher a voulu rassurer les commerçants et agglomérations quant à la poursuite des dispositifs d’aides mis en place face à la mobilisation des Gilets Jaunes. Mais, face à des professionnels inquiets du futur anniversaire du mouvement, et s’inquiétant de voir les mobilisations du samedi devenir la nouvelle norme, Bercy se veut clair : le gouvernement est déterminé à aller au bout des réformes.


Bordeaux figure parmi les centres-villes dont les commerces auraient le plus pâtis de la mobilisation - Shutterstock


En plus des instances représentatives du commerce et de l’hôtellerie avaient été conviées à Bercy les associations locales de commerçants de villes particulièrement touchées par le mouvement, dont Bordeaux, Toulouse, Dijon et Rennes.

Au 30 septembre, indique Bercy, l’appui en trésorerie aux commerçants et artisans s’élevait à 370 millions d’euros, incluant des délais et reports fiscaux (111 millions d’euros) et sociaux (259 millions). Par ailleurs, au 23 août, l’activité partielle avait été sollicitée par 1 503 entreprises, cumulant 39 007 salariés, représentant un montant de 3,3 millions d’euros consommés sur les 15,3 millions d’euros de montants autorisés par le dispositif.

Des données avancées par Bercy où manquent cependant plusieurs éléments clefs. En effet, aucune donnée nationale n’aurait pour l’heure été établie quant aux suppressions d’emplois, fermetures définitives de commerce ou déménagements en périphérie. Des cas de figure dont font pourtant état les différents acteurs conviés lors de cette réunion, dont l’Alliance du Commerce (grands magasins, enseignes d’habillement et chaussures).

« Il est notamment ressorti des différentes associations que le mouvement ne s’est jamais vraiment arrêté, que la présence d’une quarantaine de Gilets Jaunes suffit à déstabiliser un centre-ville et faire tomber les ventes », résume pour FashionNetwork.com le directeur général de l’Alliance, Yohann Petiot, qui a tenu à alerter la représentante du gouvernement de la grande inquiétude des professionnels pour la suite. « Toutes les instances font état d’une peur pour l’avenir, notamment face aux mobilisations et grèves attendues en fin d’année, et la secrétaire d’Etat n’a pas rassuré en soulignant que le gouvernement souhaitait aller au bout de ses réformes ».


Ces réunions de crise entre le gouvernement et les commerces se sont multipliées depuis fin 2018, comme ici le 9 janvier dernier - MG/FNW


Quelque 35 collectivités réparties dans 11 régions touchées par le mouvement prévoient de mener, avec le concours de l’Etat, les premières opérations d’animation commerciale visant à faire revenir les clients dans les centres villes impactés. Une démarche qui est amenée pour l’heure à mobiliser 5,7 millions d’euros. Selon l’Alliance du Commerce, Agnès Pannier-Runacher a par ailleurs accepté d’étudier une opération d’envergure nationale, peut-être au moment des fêtes de Noël, afin de donner plus d’impact à ce type d’opération.

Si le mouvement des Gilets Jaunes s’est au départ illustré dans les zones périphériques, c’est bien dans les centres-villes qu’il avait finalement pris ses habitudes depuis le début d’année. Des centres-villes qui venaient toujours juste de recevoir le soutien de l’Etat quant à leur re-dynamisation, notamment commerciale, face à la multiplication des cellules vides, en particulier dans les villes intermédiaires et petites. En 2018, la confédération Procos pour le commerce spécialisé évaluait à  11,9 % le taux de vacances dans les centres-villes tricolores, là où elle n’était que de 7,2 % en 2012.