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Publié le
25 mars 2019
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4 minutes
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Gilets jaunes : tensions en région samedi, les Champs-Elysées épargnés

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Reuters
Publié le
25 mars 2019

Quelques heurts ont opposé manifestants et forces de l’ordre en région, en marge du 19e samedi de manifestations des « gilets jaunes », placé sous haute surveillance, mais ils ont été sans commune mesure avec les violences du 16 mars sur les Champs-Elysées.


Des forces de l'ordre devant le Fouquet's entièrement barricadé ce samedi 23 mars lors de l'acte 18 des Gilets jaunes - B.TESSIER/REUTERS


Des violences ont éclaté à Nice, Lyon, Montpellier, Lille, Toulouse où les tensions ont été exacerbées par les interdictions de manifester, en vigueur dans les zones sensibles de la plupart des grandes villes. Elles ne sont toutefois pas comparables à celles observées samedi dernier dans la capitale, où des commerces avaient été brûlés et pillés.

« Aujourd’hui, les bonnes consignes ont été bien appliquées et les résultats sont là », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, en conférence de presse. « Toutes les manifestations déclarées à Paris, comme en région, ont pu se dérouler globalement dans le calme et les trop nombreuses tentatives de violence et de pillage ont pu être prévenues, empêchées, stoppées. »

La participation était en hausse en France par rapport à la semaine dernière, mais en baisse à Paris. Le ministre de l’Intérieur a fait état 40 500 manifestants sur le territoire, contre 32 300 le 16 mars, dont 5 000 dans la capitale contre 10 000 la semaine dernière.

Quelque 233 interpellations ont eu lieu et 107 personnes ont été verbalisées pour avoir tenté de prendre part à des manifestations non autorisées, a précisé Christophe Castaner. A 17h, 172 personnes avaient été placées en garde à vue.

Heurts en région

A Montpellier, entre 400 et 500 casseurs ont infiltré le cortège, formé de 4.500 personnes, selon la préfecture de l’Hérault. Des échauffourées ont éclaté sur la place de la Comédie et dans le quartier Gambetta. Un policier a été blessé par un jet de pierre.

A Toulouse, les quelque 3 000 manifestants ont été dispersés à l’aide de gaz lacrymogène et de grenades de désencerclement lorsqu’ils ont voulu s’approcher de la place du Capitole. Des poubelles et des barricades ont été incendiées.

A Lyon, où les forces de l’ordre tentaient d’empêcher les cortèges d’entrer dans les quartiers commerçants, policiers et « gilets jaunes » ont aussi échangés des jets de projectiles et grenades lacrymogènes.

A Nice, les services de police ont fait évacuer dans la matinée la place Garibaldi pour éviter que les manifestants ne pénètrent dans la vielle ville. Une femme de 73 ans a été blessée lors de l’opération et a dû être hospitalisée, selon une source interrogée par Reuters. Deux autres personnes ont été légèrement blessées dans l’après-midi. Quatre-vingts personnes ont été interpellées dans les Alpes-Maritimes, dont 75 à Nice, selon la préfecture.

Les autres rassemblements organisés en France se sont déroulés globalement dans le calme.

A Bordeaux, plus de 2 000 personnes, selon nos estimations ont défilé sans violence aux cris de « Macron, démission ». Quelques incidents ont éclatés en fin de journée forçant les policiers à utiliser les canons à eaux.

La manifestation de Marseille qui a compté 1 500 participants, selon la police, s’est déroulée sans violence.

A Paris, la situation s’est tendue en fin d’après-midi, au moment de la dispersion de la manifestation, qui s’était déroulée sans incident de la place Denfert-Rochereau jusqu’à la butte Montmartre, près de la basilique du Sacré-Cœur. Un policier a été victime d’un malaise cardiaque sur la place de la République et se trouve dans un état critique, selon la préfecture. Il a été transporté à l’hôpital.

65 000 policiers et gendarmes

A 19h, les forces de l’ordre avaient procédé à l’interpellation de 96 personnes et effectué 8 545 contrôles préventifs. Cinquante-trois verbalisations ont eu lieu sur le périmètre interdit à la manifestation : l’avenue des Champs-Elysées, la présidence de la République, l’Assemblée nationale, la Place de l’Etoile et une portion de 100 mètres des rues transversales.

Les autorités avaient prévu ce samedi un renforcement du dispositif de sécurité pour éviter les violences de la semaine dernière, qui ont entraîné la destitution du préfet Michel Delpuech à Paris. Nommé lundi, son remplaçant, Didier Lallement, a pris comme première mesure d’interdire tout « rassemblement de personnes se revenir quant des gilets jaunes » sur l’avenue des Champs-Elysées et près des lieux de pouvoir. Il a été suivi par de nombreux préfets en France.

Quelque 65 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés sur le territoire, ainsi que 30 000 sapeur-pompiers, selon Christophe Castaner.

A Paris, les autorités ont déployé 6.000 membres des forces de police, dont plusieurs « brigades de répression de l’action violente » (Brav), unités d’action rapide chargées d’intervenir dès les premiers troubles.

L’annonce du gouvernement de recourir davantage à l’opération antiterroriste Sentinelle pour assurer le maintien de l’ordre a suscité une vive polémique jeudi. Ces effectifs n’ont toutefois pas été mis en première ligne.

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