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16 déc. 2019
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7 minutes
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Grèves : les commerces font le deuil du mois de décembre

Publié le
16 déc. 2019

Double peine pour un mois qui compte double pour le commerce. Déjà largement amputé de ses ventes en 2018 par les Gilets Jaunes, le mois de décembre connait cette année une grève mettant à rude épreuve les trésoreries, avec des chutes de chiffres d’affaires allant jusqu’à 50 %, et un impact désormais sensible dans l’ensemble du territoire.


Shutterstock


C’est sans surprise chez les commerçants indépendants que le choc est le plus dur. Après une hausse de 7 % des ventes à l’occasion du Black Friday, contre 15 % au niveau national, ils sont 88 % à faire état d’une activité en recul, depuis le début de la grève. Ils constatent une chute moyenne de 28 % du chiffre d’affaires, d'après les données que livre à FashionNetwork.com le président de la Fédération Nationale de l’Habillement (FNH), Eric Mertz.

Les effets de la grève se font également sentir au niveau national du côté des centres commerciaux. Le premier week-end de mobilisation avait surtout touché l’Île-de-France, avec une contraction de 6 % de la fréquentation, mais des chiffres stables dans le reste de la France. En réalité, la situation s’est ensuite corsée dans la semaine, avec une chute de 12 % du nombre de visiteurs dans les centres commerciaux franciliens, et même de 19 % pour Bercy Village. Les centres régionaux sont désormais eux-aussi en recul, avec 3 % de chute de fréquentation, nous indique Gontran Thüring, délégué général du Conseil National des Centres Commerciaux (CNCC). 

Le secteur du luxe n’est pas épargné, avec des ventes en retrait de 5 à 20 % selon les maisons, nous confie le président du comité du Faubourg Saint-Honoré, Benjamin Cymerman : "La clientèle de province qui vient à Paris pour ses achats de Noël n'est pas venue dans le quartier, et la baisse de la clientèle internationale est notable”, pour le responsable. Cela aura des conséquences à long terme avec des étrangers qui ne viendront pas voyager en France. Les quatre derniers jours de manifestations, le quartier a été bouclé par les forces de l'ordre, pour protéger les institutions même si le cortège ne passe pas par ici. C'est la double peine. Nous avons négocié un dispositif plus léger pour la journée du 17 décembre".

Autant de chiffres se rapportant à une référence négative, à savoir celle des chiffres connus à la fin 2018. Le mois de décembre avait en effet subi une chute marquée de 4,5 % des ventes d’habillement, selon l’Institut Français de la Mode (IFM), à la faveur des manifestations de Gilets Jaunes touchant périphéries puis centres-villes chaque samedi.

Commerces sous pressions



“Les difficultés rencontrées sont assez globales mais pénalisent surtout les grandes villes, avec la palme à Paris", nous confie Emmanuel Locati, directeur des opérations de Jennyfer, qui explique qu’à une hausse de +10 % des ventes dans les jours précédents la grève, à succédé un recul de 5 % à périmètre comparable la semaine passée, et une contraction de 6 % du nombre de visiteurs.


Un manifestant contre la réforme des retraites le 5 décembre 2019 à Paris - AFP / Zakaria ABDELKAFI



Du côté de l’enseigne Un Jour Ailleurs, la président Gaëlle de Prunelé nous parle de flux de clients très faible en magasins, avec une tendance rejoignant les observations de l’Alliance du Commerce (grands magasins, et enseignes et chaussures et habillement), qui évoque des chutes de 30 à 50 % des ventes sur les différents réseaux.

“Ils ont gâché la fête”, pour le gérant du réseau multimarque parisien Abou d'Abi Bazar, Patrick Aboukrat, qui a vu les ventes tomber de 18 % du 5 au 15 décembre, et même de 28 % du 12 au 15 décembre : “Ce n’est pas un redémarrage des métros ou des trains à la fin de cette semaine qui changera cette situation irréversible ! Maintenant, il faut envisager une situation bloquée jusqu’à début janvier et peut être la souhaiter pour qu’il y ait un clash et que ces situations de blocage ne puissent se reproduire”.

L’Exception affronte pour sa part une chute de 50 % des ventes pour sa boutique de la Canopée des Halles. Mais aussi une activité en ligne stable, là où elle affichait pourtant depuis septembre un rythme de croissance de 30 %, indique le fondateur Regis Pennel. Illustration d’un report des ventes en ligne qui, comme il y a un an, relève plus du fantasme que de la réalité. La fédération de la vente en ligne (Fevad) indique même que le secteur connait ces derniers jours un recul, chose qu'il n'avait jamais connu.

“L’e-commerce ne tire aucun bénéfice de la situation”, nous confirme Yann Rivoallan, dont l’entreprise The Other Store accompagne 40 marques de mode et beauté dans leur stratégie omnicanale : “Il y a eu comme réponses des promotions supplémentaires, avec par exemple des ‘christmas party’, qui se sont mises en place après le Black Friday. Donc, d’un événement promotionnel, on se retrouve avec une quasi interruption de rabais depuis fin novembre. Avec la question du rebond que pourrait apporter les soldes”.

Qu’espérer des soldes ?



Dernière étape de la saison, les soldes sont en effet largement évoquées par les commerçants et fédérations contactées. Surtout sachant que la semaine suivant Noël affiche traditionnellement une faible activité : “Lors de la réunion la semaine dernière à Bercy, nous avons beaucoup insisté pour avoir à nouveau plus d’autorisations d’ouvertures le dimanche en janvier”, indique Gontran Thüring, qui s’étonne encore de l'immédiateté de la réponse de Bruno Lemaire : “Accordé”. 

Mais si les mauvaises ventes de décembre remplissent immanquablement les stocks qu’il faudra écouler durant les soldes, tout le monde ne voit pas dans ces dimanches une solution : “Ça va même être pire, car cela va encore modifier les habitudes de consommation, comme l’ont fait les Gilets Jaunes en habituant les gens à ne pas faire de shopping le samedi”, pour Eric Mertz. “Et les petits commerçants déjà éprouvés, comment croire qu’ils pourront prendre le risque financier de faire venir des employés payés double pour des dimanches qui connaîtront peut-être encore la grève ?”

Pour Régis Pennel, la grève ne vient en réalité qu’ajouter une complexité supplémentaire à des soldes 2020 problématiques : “Le problème est que les soldes ont été raccourcis à quatre semaines ce qui, d’après nos calculs, allait de toute manière nous coûter 200 000 euros”, explique le responsable. “Mais la grève va faire que nous aurons un surstock supplémentaire à écouler en encore moins de temps qu’auparavant”.

Problèmes de personnel et d’approvisionnement



Encore faut-il arriver à janvier tout en restant ouvert. Ce qui s’avère particulièrement complexe ne serait-ce que d’un point de vue équipes de vente. Selon Eric Mertz, les commerces indépendants d’habillement connaissent un absentéisme de 9 % sur l’ensemble du territoire, et de 15 % en Île-de-France. Problème qui se retrouve sans surprise chez les enseignes : "C'est un enfer pour le personnel, certains endurent 3 à 4 heures de transport par jour : nous avons ouvert certaines boutiques avec un effectif très réduit, et nous avons payé des chambres d'hôtel à des salariés de notre siège à Paris”, déplore ainsi Gaëlle de Prunelé.


Comment se dérouleront les prochains week-ends de shopping des fêtes dans l'Hexagone ? - Pixabay



Emmanuel Locati voit de son côté les équipes devoir faire preuve d'ingéniosité pour venir travailler : “‘Et ce n'est pas la meilleure période puisque cela ajoute tension, fatigue et stress sur une période de l'année où elles sont déjà très sollicitées". Du côté du Faubourg Saint-Honoré, les marques de luxe ont également dû s'adapter : "Beaucoup de maisons ont mis en place des changements d'horaires et de planning pour faciliter la venue des salariés, certaines prennent des hôtels pour les loger à proximité" explique Benjamin Cymerman.
 
Pour ne rien arranger, la grève a également un effet néfaste sur l’approvisionnement logistique des points de vente : “Nous commençons également à rencontrer des difficultés sur les transports et la livraison de nos magasins", confie ainsi Emmanuel Locati. Du côté de la FNH, on évalue à 26 % la part des commerces devant jouer avec les problèmes de marchandises.
 

Des aides d’État qui séduisent peu
 


Face à la grève, le gouvernement a décidé de réactiver le dispositif spécial et les mesures d'aides déjà utilisées depuis décembre 2018 afin de soutenir les entreprises du secteur du tourisme et du commerce en Île-de-France. A en croire les commerces interrogés, ces mesures ne sont pas plus efficaces ou appropriées que l’an passé : “Pour les GJ ont n’avait pas actionné les demandes d’aides car trop compliqué et on ne le fera pas non plus sauf à ne pas payer purement et simplement les charges URSSAF et TVA…”, indique Patrick Aboukrat, qui s’interroge : “Quelle sera la position des services de recouvrement face à cette situation ?”
 
Pour Régis Pennel, l’aide proposée n’en est d’ailleurs pas vraiment une : “En fait d’aides, il s’agit surtout d’un décalage des charges sociales. La seule chose qui est proposée est de ne pas payer maintenant mais plus tard, ce qui implique qu’on paiera quand même”.

Les acteurs indépendants sont d'ailleurs peu enclins à se lancer dans ce type de démarches auprès des administrations. “Il y a 475 000 entreprises de commerces en France, mais la plupart sont des TPE de moins de trois salariés, et ces aides ne correspondent pas du tout à leur modèle financier”, appuie Eric Mertz, qui calcule que seuls 0,7 à 1,4 % des commerces ont profité des aides cette année. “On avait réclamé un renforcement des trésoreries en début d’année, on nous a répondu que c’était «trop sectoriel». Mais il faut qu’un principe de réalité s’applique : au deuxième trimestre, 94 % des défaillances du commerce touchaient ces TPE”, insiste le responsable, qui redoute une hécatombe chez les petits commerces pour l’année 2020.

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