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H&M va licencier 1.100 personnes en Espagne

Publié le
6 avr. 2021

Le géant suédois du prêt-à-porter H&M s'apprête à licencier en Espagne plus d'un millier d'employés qui se trouvaient déjà au chômage partiel en raison de la pandémie de Covid-19, a-t-on appris mardi auprès de la direction et d'un syndicat.


DR


Le groupe "a informé aujourd'hui les représentants des salariés du lancement d'un plan de licenciements qui affectera, selon lui, plus de 1.000 personnes" et de la fermeture de 30 magasins, a expliqué le syndicat Commissions ouvrières dans un communiqué.

Cette "procédure de licenciement collectif affectera un maximum de 1.100 employés", a ensuite confirmé H&M dans un communiqué, précisant que les fermetures de boutiques seraient échelonnées jusqu'à début 2022.

Plombé par la pandémie, le groupe a décidé de fermer cette année 350 de ses 5.000 magasins dans le monde, et d'en ouvrir 100, afin de s'adapter à la "numérisation croissante" de l'industrie de la mode, où les ventes par internet ne cessent de croître, explique le communiqué. H&M n'a pas pour l'instant annoncé d'autres suppressions d'emploi dans le monde.

En Espagne, elle réorganisera les équipes de ses magasins et fermera 30 magasins sur les 165 qu'elles comptaient à la fin du premier trimestre 2021, dont 27 correspondent à son enseigne phare H&M et 3 autres à l'enseigne au positionnement plus élevé COS. L'entreprise "donnera la priorité lorsque ce sera possible à des départs volontaires".

"H&M passe du chômage partiel aux licenciements de manière injustifiée et disproportionnée", a dénoncé Commissions ouvrières. "Même s'il est vrai qu'il a pu se produire un changement dans les habitudes de consommation, cela ne justifie en aucun cas un tel niveau de licenciements, d'autant plus qu'H&M a bénéficié des nouvelles conditions de financement du chômage partiel introduites par le gouvernement durant la pandémie". En l'absence de "l'analyse détaillée de la documentation" que l'entreprise livrera, le syndicat a avancé qu'il visera à réduire "substantiellement" le nombre de personnes et de magasins affectés. Les négociations débuteront le 23 avril prochain.

L'extension du financement public du chômage partiel a été l'une des principales mesures du gouvernement de gauche de Pedro Sanchez pour limiter l'explosion du chômage provoquée par la crise sanitaire. Son coût est vertigineux pour les finances publiques espagnoles, avec plus de 40 milliards d'euros dépensés depuis le début de la pandémie.

Mais ce financement est assorti d'une interdiction de licencier pour les entreprises pendant six mois, sous peine de devoir rembourser les aides reçues.

"Selon les normes en vigueur et les conditions dans lesquelles l'entreprise a appliqué le chômage partiel, nous ne sommes pas tenus actuellement par une obligation de maintien de l'emploi", a toutefois indiqué H&M à l'AFP.

H&M a vu son bénéfice net annuel divisé par dix en 2020 sous l'effet de la pandémie. Malgré la baisse du chiffre d'affaires global, l'entreprise a vu ses ventes en ligne bondir en 2020 (+40% sur un an). Elles ont représenté près d'un tiers des ventes du groupe l'an dernier.

Au premier trimestre de l'exercice 2021, qui va de décembre 2020 à février 2021, H&M a enregistré des pertes de 1,07 milliard de couronnes suédoises (104 millions d'euros). En Espagne, le chiffre d'affaires du conglomérat a atteint 1,232 milliard de couronnes suédoises (120 millions d'euros), soit une baisse de 34% (29% en monnaie locale), par rapport à la même période de l'année précédente. Ainsi, en février dernier, l'Espagne est restée le huitième marché en termes de chiffre d'affaires pour la société suédoise.

H&M s'ajoute ainsi à la liste des entreprises de mode qui ont annoncé des plans de licenciement (ERE) ces derniers temps, en les justifiant, en grande partie, par les effets de la pandémie, de la numérisation et des changements dans les habitudes de consommation.

En Espagne, El Corte Inglés est en pleine négociation pour réduire ses effectifs de près de 3.000 salariés. Pour sa part, le géant du sport Nike prévoit de réduire ses effectifs jusqu'à 40 %, tandis que le détaillant allemand de cosmétiques et de parfums Douglas a l'intention de supprimer 492 emplois au total. La dernière entreprise à avoir annoncé ses mesures de restructuration est la société galicienne Adolfo Dominguez, qui a l'intention de réduire ses effectifs de 30 %, ce qui implique le licenciement de 300 employés.

Quant aux plus importantes entreprises espagnoles du secteur, Inditex et Mango, elles se sont montrées pour l'heure réticentes à engager de telles mesures. "Nous avons maintenu notre effectif permanent stable tout au long de l'année. En vue de Pâques et dans les mois à venir, nous espérons même embaucher des renforts", déclarait le président d'Inditex, Pablo Isla, en marge de la présentation des résultats annuels du groupe basé à Arteixo (La Corogne). Pour sa part, le PDG de Mango, Toni Ruiz, a déclaré lors d'une récente conversation avec FashionNetwork.com : "Mango ne fera pas d'ERE".

Triana Alonso avec AFP

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