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Marguerite Capelle
Publié le
7 mars 2021
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4 minutes
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Hermès Live: une collection, deux chorégraphes, trois villes

Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
7 mars 2021

On peut faire confiance à Hermès pour imaginer un mariage heureux entre technologie, mode et chorégraphie … un événement live qui s’est déroulé à merveille et en toute sécurité à l’occasion de cette nouvelle Fashion Week de Paris, encore une fois bien sage et presque entièrement virtuelle.


Instagram: @hermes



Vingt invités, pas plus – les quotidiens parisiens, une poignée de critiques professionnels, quelques cadres supérieurs et quelques intellectuels influents – se sont installés en respectant la distanciation sociale à l’heure du déjeuner ce samedi, dans une tente conçue sur mesure au sein des locaux de la Garde Républicaine, le régiment de cavalerie.

Le décor était astucieusement conçu, composé de boîtes à chapeau Hermès orange (en bois et non en carton) formant des murs ondoyants et des colonnes architecturales… où les tops ont fini par défiler.

Cette collection automne/hiver était assurément la plus coriace imaginée jusqu’à présent par la directrice de la création féminine de la maison, Nadège Vanhée-Cybulski, et probablement sa meilleure. Hermès, maison de sellerie fondée en 1837, a connu une trajectoire assez remarquable, trônant aujourd’hui au sommet de toutes les marques de prestige du monde. Incarnation parfaite du luxe artisanal à la française, la marque peut se targuer de posséder cette mystique à laquelle aspirent toutes les autres griffes.

En pratiquement deux siècles, Hermès a accompli cet exploit assez remarquable en créant des produits réalisés avec un savoir-faire exquis, et qui évoluent de façon très subtile pour refléter leur époque. Aux yeux de beaucoup d’étrangers, la culture française peut sembler très conformiste, mais pas Hermès. Ces vêtements et ce défilé en étaient un excellent exemple.

Tout a commencé par un "prologue", connexion directe avec l’Armory Show de New York, visible sur des écrans individuels – une sublime pièce de danse, interprétation libre par la chorégraphe Madeline Hollander de gestes glanés dans la collection de Nadège Vanhée-Cybulski.


Instagram: @hermes



Les danseuses étaient vêtues de mailles cachemire couleur tabac, de jupes mi-longues et de bottines – elles virevoltaient et tournoyaient sous des rideaux Hermès orange suspendus très hauts, dans une série de pas de danse à la beauté libératrice. Des mouvements circulaires et géométriques évoquant le motif d’un foulard Hermès. Deux jours avant la Journée internationale des droits des femmes, cette danse exprimait les aspirations de millions de femmes qui veulent vivre une vie spéciale et unique.




L’étape suivante était le défilé en live à Paris, où Nadège Vanhée-Cybulski a dévoilé la collection à proprement parler, très centrée sur ce que les Français appellent le flou, c’est-à-dire le fait de tailler et draper des tissus souples.
Des robes en soie à pois portées sous des vestes cavalières en daim matelassé, des jupes en crêpe à mi-mollets délicatement enveloppantes, et une robe en soie orange coucher de soleil merveilleusement virevoltante, élastiquée à la taille, et portée par une beauté rousse.

Le créateur a également joué brillamment sur la peau d’agneau, avec des tuniques strictes et des robes de soirée ornées de sangles de harnais pour un chic de dure à cuir. Il y avait aussi plusieurs séries de tailleurs pantalon en denim pleins de fraîcheur, et des robes manteaux portées avec des bottes en cuir de PDG aristo… ainsi que de très jolis motifs damier, vus sur des vestes toutes en courbes associées à des cyclistes, et sur des débardeurs ajustés.


Instagram: @hermes



« Des tenues pour affronter le présent sans craintes », expliquait NVC, ainsi que beaucoup surnomment la créatrice.

Tout s’est terminé avec une seconde pièce de danse à Shanghai, pour laquelle la chorégraphe Gu Jiani s’est inspirée des mood boards et croquis de la créatrice, qui lui a également suggéré de créer une danse évoquant les traditions chinoise.

Prenant comme point de départ l’omniprésence des boîtes en Chine, une demi-douzaine de personnages vêtus des tops à damiers et pantalons de cuir de Nadège Vanhée-Cybulski construisaient des bâtiments et des rues avec des boîtes de la couleur orange emblématique de la marque.

« Quand j’ai découvert le travail de ces deux jeunes femmes – Madeline Hollander et Gu Jiani – c’était une évidence. Je suis tombée amoureuse, en fait, car chacune a sa propre manière d’exprimer la puissance féminine. Il y avait quelque chose d’exalté dans leur approche de la danse », expliquait la créatrice.

Ce qui résumait bien ces chorégraphies, mais aussi cette collection. Des vêtements multifonctions adaptés à la vie nocturne, au travail et aux loisirs. Classieux, mais avec juste ce qu’il faut de nouveauté pour conserver aux créations Hermès toute leur fraîcheur … et maintenir indubitablement la maison au sommet.

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