Hermetica ouvre des corners chez Bloomingdale’s

Dernière étape d’un business model innovant : la gamme de parfums moléculaires Hermetica, qui représente l’un des concepts de parfumerie les plus novateurs du moment, sera distribuée au sein de la chaîne de grands magasins américains Bloomingdale’s.



Le mois dernier, la marque a ouvert sa première boutique au 21 rue Marbeuf, dans le triangle d’or parisien.
 
Pour Hermetica, John et Clara Molloy ont imaginé une stratégie à trois volets. Le couple qui se cache derrière Memo International n’a pas son pareil pour développer des parfums de niche atypiques.
 
Une nouvelle vague de parfumeurs a commencé à émerger au début du siècle : Frédéric Malle, Kilian Hennessy et Francis Kurkdjian, entre autres. Ceux-ci ont depuis cédé leurs marques à de grandes enseignes : les deux premiers à Estée Lauder, le dernier à LVMH. Cependant, Memo et ses deux petites sœurs, Hermetica et Floraiku, sont encore complètement indépendantes.
 
« Nous faisons partie des derniers Mohicans à ne pas avoir vendu », sourit le PDG, John Molloy. « Grâce à une bonne dose de chance, de bons partenaires, la créativité de Clara et d’excellents parfums, nous avons pu faire notre place. »
Tout comme Frédéric Malle, Clara (qui publie par ailleurs des ouvrages de poésie) est une créative dans l’âme, qui imagine des concepts originaux et cherche des nez capables d’interpréter sa vision.

Les Molloy ont commencé dès 2007 à créer des parfums personnalisés inspirés de leurs voyages sous la marque Memo. En 2016, Memo a ouvert son premier flagship rue Cambon, en face de celui de Chanel. Aujourd’hui, les parfums Memo sont distribués dans 40 pays et plus de 500 espaces de vente dont 100 grandes enseignes.
 
Le couple n’a clairement aucune intention de devenir une marque de masse, dans un secteur où même les marques de luxe comme Chanel et Lancôme sont distribuées dans 45 000 espaces dans le monde.
 
La vente de leurs marques déboucherait sans doute sur une commercialisation brutale. C’est en tout cas ce qui s’est passé pour Kilian Hennessy, qui est distribuée dans 900 Sephora depuis son rachat et dont le dernier parfum a été intitulé « I Don’t Need a Prince by my Side to be a Princess ».
 
Hermetica entre chez Bloomingdale's - Hermetica

Le nom Hermetica fait référence au Corpus Hermeticum, un mystérieux travail d’alchimie qui remonte à l’Antiquité. La boutique capture cette idée avec des sculptures de bronze ondulantes rappelant Léonard de Vinci. Tous les parfums sont imaginés à partir d’une base sans alcool.
 
« Pour nous, les accords de parfumerie ressemblent beaucoup aux accords en musique. Il n’y a pratiquement pas eu d’innovation dans le parfum pendant des années, mais cela va changer. Je pense que 70 % du parfum sera sans alcool à l’avenir », estime John Molloy.
 
En même temps, Clara a développé Floraiku, une marque de parfum aux influences japonaises dont la présentation évoque celle d’une cérémonie du thé.
 
« Nous sommes tous les deux fascinés par le Japon et nous voulions un parfum japonais pour Memo. D’un coup, nous en avons créé un, puis deux, puis trois et nous avons décidé qu’il nous fallait une nouvelle marque. Nous avons suivi notre cœur », sourit John Molloy.
 
Les trois marques sont plutôt chères : la plupart des parfums commencent à 150 euros. John Molloy n’aime pas parler des chiffres de ventes, mais il a tout de même révélé que Memo a vendu plus d’un million de flacons de parfum. Les experts du secteur estiment cependant les ventes annuelles de Memo à 60 millions d’euros et pensent qu’Hermetica atteindra les 20 millions d’euros l’année prochaine.

Traduit par Clémentine Martin

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