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9 sept. 2020
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Immobilier commercial : quels impacts en France depuis le déconfinement ?

Publié le
9 sept. 2020

Quatre mois après le déconfinement, le spécialiste de l'immobilier Knight Frank dresse un premier état des lieux des conséquences de la crise sanitaire sur le marché des locaux commerciaux dans l'Hexagone. La situation est encore loin de s'être normalisée, et, "si les indicateurs négatifs ne manquent pas, les derniers mois ont aussi rassuré sur le désir des Français de retourner en magasin et sur la capacité des enseignes à adapter leur offre à la demande et aux besoins des consommateurs", pointe l'étude en préalable.


73% des magasins concernés par une procédure appartiennent au secteur mode - Knight Frank


La reprise a été inégale, les produits pour la maison bénéficiant par exemple d'un rebond plus prononcé que l'habillement. Certaines enseignes ont néanmoins vu leurs difficultés accrues par la crise et fait l'objet de procédures de sauvegarde ou de redressement judiciaire (Camaïeu, La Halle…). "Sur les quelque 2.500 points de vente d’enseignes pour lesquels une offre de reprise a été acceptée par les tribunaux, 70 % environ doivent être sauvés. Les cessions concerneraient donc près de 800 magasins, fournissant nombre d’opportunités d’implantation à des enseignes désireuses de se développer à moindre coût", avance Antoine Grignon, directeur du département Commerces chez Knight Frank France, ajoutant que des fermetures concerne aussi d'autres enseignes et marques souhaitant se séparer de leurs adresses les moins rentables.


Les DNVB poursuivent leur expansion - Knight Frank


Knight Frank relève que plusieurs DNVB (marques nées sur le web), malgré la crise, accroissent leur présence physique, à l'instar d'Horace, marque de cosmétiques pour homme, qui s'installe rue Vieille-du-Temple à Paris. Mais la capitale et les pieds d'immeuble ne sont pas les seuls emplacements visés par les DNVB : "Ciblant de nouveaux marchés et de nouvelles clientèles, celles-ci se développent de plus en plus dans le centre des métropoles régionales, comme Balibaris rue des Hallebardes à Strasbourg ou Oh My Cream rue Paradis à Marseille, et dans les plus grands centres commerciaux comme Lunettes Pour Tous dans Italie 2 à Paris ou Balibaris dans Les 4 Temps à La Défense", note Antoine Grignon.

Le luxe souffre lui aussi



Le secteur du luxe est également touché par les conséquences commerciales de la pandémie. Une baisse des ouvertures de boutiques est constatée à Paris. "Avec 34 inaugurations en 2019 à Paris contre 46 en 2018, celles-ci avaient déjà nettement diminué l’an passé dans un contexte dominé par les troubles liés au mouvement des Gilets jaunes. En 2020, seules 12 ont pour l’instant été recensées", selon le bilan de Knight Frank, pointant tout de même une ouverture de taille, celle de Dior au 216 rue Saint-Honoré, intervenue début juillet.


Les inaugurations parisiennes dans le secteur du luxe, récentes ou à venir - Knight Frank


Le nombre de nouvelles enseignes étrangères s'installant dans la capitale a lui aussi reculé : depuis janvier, 15 inaugurations ont été recensées pour l'instant, contre 55 sur l'ensemble de l'année 2019. "Toutefois, 36 projets à venir ou potentiels sont identifiés, un chiffre qui reste important et dont le détail montre une sur-représentation des secteurs de la mode et de la restauration", précise Antoine Salmon.


Panorama des nouveaux entrants sur le marché français, moins nombreux cette année. - Knight Frank


Le retour au premier plan de Rivoli



Dans la capitale, il est une artère qui poursuit quant à elle sa renaissance : la rue de Rivoli. Après les installations récentes de Skechers ou encore JD Sports, La Samaritaine doit y ouvrir en début d'année 2021 et Ikea a annoncé son arrivée pour l'an prochain également. "Malgré le choc lié à l’épidémie de Covid-19, le réveil de cette artère majeure de la rive droite et le renouvellement progressif de son offre commerciale fournissent ainsi l’un des exemples les plus frappants de la capacité de résistance du marché des commerces parisien", analyse Antoine Salmon. En regard, comme les enseignes rationalisent leurs réseaux, en se focalisant sur les adresses les plus rentables, Knight Frank estime qu'une hausse de la vacance est à prévoir sur d'autres grands axes de la capitale, sans toutefois citer de nom.


Baisse de la création de centres commerciaux au fil des années, avec une plus forte proportion de rénovations. - Knight Frank


Concernant les ensembles commerciaux, "seuls 150 000 m² de centres commerciaux, dont 44% de créations pures, sont attendus en France, soit une chute de 15 % sur un an et de 58% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, observe l'étude. Le volume des ouvertures de parcs d’activités commerciales est plus important, avec 235 000 m² attendus en 2020 dont 79% de créations pures. Mais la tendance est là aussi fortement baissière, avec une chute de 54% sur un an et de 46 % sur cinq ans, dans un contexte politique de plus en plus favorable à la limitation des créations de nouvelles surfaces commerciales". Si certains vont encore réduire leur présence, des enseignes continuent d'ouvrir des unités, surtout côté discount (Normal, Zeeman, Action…), restauration et loisirs (fitness, escalade, réalité virtuelle).

Sans pouvoir prédire le niveau d'activité des prochains mois, selon l'évolution de la pandémie, Knight Frank conclut que cette crise "ne sera sans doute qu’un accélérateur des tendances observées avant crise, plutôt que l’avènement d’un monde nouveau, remodelé par l’émergence de modèles inédits de consommation et de formats commerciaux". 

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