Inditex : le rythme de la croissance ralentit et déçoit les analystes

Inditex continue de grandir, mais n’affiche plus la même croissance insolente qu’il y a quelques saisons. Le géant espagnol du textile, propriétaire de Zara, Pull&Bear ou encore Oysho, a publié mercredi un bénéfice net en hausse de 4 % pour les neuf premiers mois de son exercice décalé, à 2,4 milliards d'euros, sans toutefois communiquer précisément sur son troisième trimestre.


Zara vient de lancer sa première ligne de rouges à lèvres - Inditex

Ce résultat, soutenu par la croissance des ventes (+3 %) entre le 1er février et le 31 octobre 2018, est conforme aux attentes des analystes, mais marque un ralentissement par rapport aux neuf premiers mois de l'année 2017, lorsque le bénéfice net avait grimpé de 6 % par rapport à la même période en 2016. Les résultats ont « déçu le marché » et « la situation actuelle de l'entreprise se dégrade clairement », a observé Sergio Avila Luengo, analyste chez IG Markets. Inditex a clôturé sur une nette baisse de 4,86 % à 25,05 euros après avoir lâché jusqu'à 6 % dans la matinée à la Bourse de Madrid.

Les ventes du groupe ibérique ont ainsi atteint 18,4 milliards d'euros au cours de ces neuf mois, soit une hausse de 3 % par rapport à la même période en 2017. En devises locales, elles ont bondi de 7 %, a précisé Inditex, qui possède 7 442 boutiques dans le monde.

Au dernier trimestre, la période a été marquée par un mois de septembre « extraordinairement chaud », a expliqué le groupe, qui possède huit marques en tout. Celui-ci note en outre qu’en octobre et novembre, il a enregistré une hausse de ses ventes de 5 % à données comparables. « L'application du modèle économique d'Inditex a été satisfaisante au cours du troisième trimestre 2018 », a-t-il assuré, se félicitant de sa « décision » de ne pas accroître son « activité promotionnelle » comme l'ont fait ses concurrents « depuis septembre ».

Inditex a gagné en rentabilité par rapport à la même période en 2017, son excédent brut d'exploitation grimpant de 3 %, à 3,9 milliards d'euros, fin octobre. La marge brute affiche quant à elle une hausse de 4 % pour s’établir à 58 %.


Le nouveau magasin Zara sur le boulevard Haussmann (qui s'est relocalisé à la place d'H&M au numéro 54) - Inditex

Pablo Isla, le directeur général du groupe, a insisté sur le souci « constant » d'Inditex de développer un modèle intégré de vente, qui rend complémentaire l'expérience du client lorsqu'il achète en ligne et en boutique. Une transformation omnicanale qui pousse le groupe à expérimenter de nouveaux concepts, notamment un flagship connecté pour Zara, équipé d’un point de retrait automatisé pour les commandes passées en ligne. Un format déployé dans sept adresses européennes, la dernière en date n’est autre que la boutique Zara située au 54 boulevard Haussmann, qui ouvre ses portes ce 13 décembre. A l’export, Inditex a notamment peaufiné son réseau américain en ouvrant son centième point de vente aux Etats-Unis (un magasin Zara à Denver).

Côté e-commerce, Inditex a mis en ligne en novembre une plateforme numérique pour sa marque phare Zara, accessible dans 106 nouveaux marchés, essentiellement en Afrique. Un pas fondamental pour relever son objectif d'être présent en ligne partout dans le monde d'ici 2020, avec toutes ses marques. Les collections de Zara se vendent désormais sur Internet dans 202 marchés. L’enseigne phare a de plus terminé le déploiement de l’étiquetage RFID sur 49 marchés et Uterqüe a également achevé ce processus.

Ces efforts s’inscrivent aussi dans la stratégie logistique d’Inditex : un nouveau centre supply chain (consacré à l’approvisionnement textile des usines) a été ouvert durant la période à Laracha en Espagne, tandis que le coup d’envoi de la construction d’un nouveau site de transit logistique a été donné à Lelystad, aux Pays-Bas.

La rédaction avec AFP

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2019 FashionNetwork.com

Mode - Prêt-à-porterMode - DiversDistribution
INSCRIPTION À LA NEWSLETTER