×
7 294
Fashion Jobs
keyboard_arrow_left
keyboard_arrow_right

Issey Miyake s'offre un nouveau souffle avec Satoshi Kondo

Publié le
today 27 sept. 2019
Temps de lecture
access_time 3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Le défilé d'Issey Miyake, vendredi, était très attendu avec le changement de garde annoncé début septembre. Le nouveau directeur artistique, Satoshi Kondo, qui a succédé à Yoshiyuki Miyamae à la tête de la ligne féminine, n'a pas déçu. Il s'inscrit dans la lignée de son prédécesseur, tout en imprimant son style, et injectant à la marque un souffle plus frais et jeune.


Issey Miyake, printemps/été 2020 - ph Dominique Muret


Le créateur met en avant surtout la versatilité du vêtement. Comment l'habit s'adapte idéalement à la vie frénétique actuelle, tout en conservant sa poésie. Satoshi Kondo travaille sur les constructions et les superpositions exploitant les textiles innovants développés par la marque japonaise ces dernières années. La collection pour le printemps/été 2020 se focalise ainsi beaucoup moins sur les plissés, icônes de Issey Miyake, pour se centrer davantage sur une mode concrète et pratique avec une majorité de pièces monochromes interchangeables.

Les vêtements de Satoshi Kondo sont pensés pour le mouvement. Comme l'hiver dernier, c'est à travers la chorégraphie de Daniel Ezralow qu’a été présentée la collection sous la grande verrière du Centquatre, espace culturel du XIXe arrondissement. Le défilé est conçu comme un vrai spectacle avec une suite de scénettes dédiées chacune à une typologie de modèles. Sans compter danseuses, acrobates, interlude musical et grand final.

Les mannequins revêtent de fluctuantes robes et tuniques de vestales, ainsi que de confortables combinaisons couleur chair et mauve, dans lesquelles elles s’étirent et dansent avec grâce. D’autres, coiffées de majestueux chapeaux de paille, traversent la scène dans de légers trenchs blancs ou décorés à grands coups de pinceaux. Leur succèdent des filles en tenues frangées et en macramé, qui font tournoyer leur grand sac demi-lune comme des éventails.


Issey Miyake, printemps/été 2020 - ph Dominique Muret


Déboulent ensuite des filles engoncées dans de maxi coupe-vent à capuche coloré, qu’elles portent sur des pantalons taillés dans le même nylon ultra light. Une fois dézippé tout du long, ces impers s’ouvrent à la manière des chauve-souris, quand elles déploient leurs ailes.. Dans le mouvement de la marche, le vent s’y engouffre et gonfle la toile comme un parachute.

Un autre modèle de combinaisons se prolonge par un fin film de nylon des pieds aux épaules qui enveloppe le corps sans l’entraver. Et le designer d'illustrer le propos avec des skateuses qui fendent l’espace embrassant l’air toutes voiles dehors, tels des voiliers. Même sens de la lévitation dans ces robes à bretelles impalpables qui se gonflent comme des bouées géantes autour de la taille.

Pour le final, des robes plissées multicolores, construites là-encore par strates de différentes longueurs, descendent du ciel de leur soucoupe volante pour s’enfiler directement sur les mannequins en sous-vêtements, qui, une fois habillées, sautillent dans leurs solides sabots crantés en caoutchouc, en une ronde endiablée.


Issey Miyake, printemps/été 2020 - ph Dominique Muret


Elles sont suivies par des danseuses en robe-toupie à double strates aériennes qui, suspendues à un fil, tournoient comme des derviches. Le défilé s'achevant dans une grande ronde, où toutes ces filles, en robes bariolées, se tiennent par la main dans un même grand élan joyeux.

« J’ai voulu exprimer la joie dans la mode. J’ai ainsi mixé différentes émotions -la gaité, le plaisir, la sensibilité moderne- en mélangeant différentes matières, de la tradition japonaise aux techniques innovantes », explique à FashionNetwork.com Satoshi Kondo, qui a rejoint la maison en 2007, après s'être diplômé en fashion design au Ueda College d'Osaka.

Né en 1984, le créateur a commencé comme membre de l'équipe design pour la ligne Pleats Please avant d'en devenir le designer. En 2016, il prend en main aussi la ligne Homme Plissé, tout en travaillant sur le projet autour du graphiste Ikko Tanaka, lancé par le fondateur Issey Miyake, et rejoint le Miyake design studio en 2017, avant d'être adoubé par Issey Miyake en personne pour cette nouvelle étape. « Je n’ai pas cherché à revenir aux origines de la marque. J’ai juste voulu interpréter et moderniser l’esprit Issey Miyake à ma façon », conclut-il.