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27 avr. 2020
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Italie: les entreprises stratégiques rouvrent progressivement

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AFP
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27 avr. 2020

La troisième économie européenne reste au ralenti mais les entreprises stratégiques italiennes ont progressivement repris lundi, avec des mesures de sécurité drastiques pour éviter un rebond de l'épidémie de coronavirus.


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Le gouvernement italien est confronté à une difficile équation: comment juguler la pandémie, tout en évitant des dégâts «irréversibles» sur l'économie, selon les mots du chef du gouvernement Giuseppe Conte?

Dimanche, il a fourni un calendrier de la remise en marche du pays, le plus endeuillé en Europe avec plus de 26.000 morts, avec à partir de lundi la réouverture des seules entreprises «stratégiques».

Sont concernées notamment «les activités productives et industrielles plus tournées vers l'exportation», comme l'automobile ou la mode, pour éviter de les pénaliser davantage face à leurs concurrents étrangers.

Ainsi à Mirafiori, dans la banlieue de Turin (nord), une centaine d'employés, appelés à devenir 250 en 48 heures, ont franchi lundi le portail de l'usine du constructeur automobile Fiat Chrysler (FCA).

Les ingénieurs et chefs d'équipes d'abord, puis les ouvriers passent devant un scanner thermique, avant de recevoir les équipements de protection: masque, gants et lunettes.
Ils doivent travailler sur des prototypes de la nouvelle Fiat 500 électrique, tout comme une soixantaine d'ouvriers d'un autre site de Turin.

«Un nouveau départ qui en entraîne bien d'autres», écrit lundi le quotidien La Stampa, propriété de la famille Agnelli-Elkann, en évoquant les nombreux sous-traitants de la filière automobile.

Chez Sevel, société conjointe de Fiat et du constructeur français PSA (Peugeot Citroën) spécialisée dans la production de véhicules utilitaires et monospaces, 6.000 employés sur 6.700 reprennent aussi le chemin des ateliers, pour relancer la production des Ducato, à Atessa (centre), près de la côte adriatique.

Les 300.000 m2 d'atelier ont été désinfectés, 130 distributeurs de gel hydroalcoolique sont à disposition tout comme 600 points équipés de désinfectant pour que les employés puissent nettoyer leur équipement. Et là aussi les températures sont prises à l'entrée.

«Ce que nous avons démontré aujourd'hui, c'est l'exemple concret de notre engagement prioritaire en faveur de la protection de nos employés (...) fruit d'un travail approfondi avec des experts et virologues, et conclu par un accord avec toutes les organisations syndicales», s'est félicité dans un communiqué Pietro Gorlier, un haut responsable de FCA.
Mais la filière automobile, qui contribue à hauteur de 5,6% du PIB italien, n'est pas la seule à repartir.

Le 4 mai tout rouvre


Près de Bologne (centre), c'est l'usine des célèbres moto Ducati qui effectue lundi un retour progressif à la normalité, tout en privilégiant le télétravail pour les activités liées au commercial, au marketing et à la finance.

Les chantiers navals de Fincantieri ont eux rouvert il y a une semaine déjà, avec dans un premier temps 10% des employés, et un retour à la normale prévu avec effectifs complets fin mai/début juin.

Dans le sud du pays, défavorisé, de grandes entreprises ouvrent aussi leurs portes, à l'image du géant de l'électro-ménager Whirlpool qui a rouvert son usine de Naples pour 420 ouvriers, tandis qu'encore plus au sud, à Reggio di Calabria, c'est le site d'Hitachi Rail, qui produit des éléments ferroviaires pour le monde entier, qui a repris progressivement la production.

Le géant de l'aéronautique et de la défense Leonardo S.p.A n'a pratiquement jamais cessé ses activités, mais il a renforcé lundi ses équipes à Grottaglie, près de Tarente (sud), où il produit deux sections du fuselage en fibre de carbone du Boeing 787.

Et à partir du 4 mai, l'Italie rouvrira «tout le secteur manufacturier et de la construction ainsi que le commerce de gros pour ces filières», a affirmé M. Conte.
La pandémie et les mesures de confinement ont mis à l'arrêt l'économie italienne. Selon les prévisions du gouvernement, l'Italie devrait entrer en récession cette année, avec une chute de 8% de son Produit intérieur brut (PIB).

Conséquence: le déficit public va grimper cette année à 10,4% du PIB, contre 2,2% anticipé avant l'éclatement de la pandémie, tandis que la dette publique devrait elle bondir à 155,7% du PIB, soit vingt points de pourcentage de plus que prévu avant l'épidémie.

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