Italie : les pouvoirs publics se mobilisent à fond pour la mode

La mode italienne affiche sa cohésion, bénéficiant d’un soutien sans précédent de la part du gouvernement. Venus célébrer l’ouverture du salon masculin Pitti Uomo, les principaux représentants des institutions transalpines du textile et de l’habillement se sont montrés plus que jamais unis et aguerris.

Le maire de Florence, Dario Nardella (assis), et le ministre de l'Economie, Carlo Calenda - Pitti Immagine

Cette année encore, toute la filière va pouvoir bénéficier d’un important soutien financier, comme l’a dévoilé Michele Scannavini, le président de l’ICE, l'Agence italienne pour le commerce extérieur : « Les fonds dédiés à la mode seront plus importants cette année. Le gouvernement a prévu d’allouer 35 millions d’euros au secteur en 2017 contre 24 millions en 2016, soit une hausse de 45 % ».
 
La mode est le deuxième secteur industriel de l’Italie après la mécanique. Ce secteur représente 35 % de toute la filière mode européenne. Le gouvernement italien a bien compris l’intérêt d’investir dans ce domaine, dont les retombées sont importantes également en termes d’image à l’international pour l’ensemble de la manufacture transalpine.

“Au-delà du renforcement des salons, ce soutien financier a permis de mener aussi des activités de communication et de promotion en faveur des petites marques par exemple au sein des grands magasins à l’étranger », poursuit Michele Scvannini.

« Cela nous a consenti de donner une grande visibilité au made in Italy. Près de 2000 entreprises et 500 marques en ont bénéficié. Pour la plupart, des PME qui n’auraient jamais pu agir toutes seules », souligne-t-il.

Ces fonds sont octroyés dans le cadre d’un plan extraordinaire pour le Made in Italy lancé en 2015. « Lorsque je suis arrivé au gouvernement, le budget alloué au Made in Italy, tous secteurs confondus, était de 23 millions d’euros annuels. Nous sommes passés désormais à plus de 200 millions. L’argent pour moi n’est pas un problème, ce sont les projets qui le sont. Au lieu de financer une kyrielle d’événements sans envergure, nous nous sommes focalisés juste sur quelques manifestations représentant l’excellence du savoir-faire italien, telles que les salons Pitti Uomo pour la mode ou Milano Unica pour le textile », raconte Carlo Calenda, le ministre italien de l’Industrie et du développement économique.


Des acheteurs sur un stand du Pitti Uomo - Pitti Immagine

«  Cette aide a été décisive et même fondamentale pour certains salons. Cela a servi aussi de catalyseur et de stimulant pour l’ensemble du secteur, permettant au système mode italien d’être plus cohérent », estime Claudio Marenzi, président de SMI, l’organisation patronale réunissant les industriels de la mode et du textile transalpins.

« Aujourd’hui, il existe une vraie coordination au sein du système. Cet élément est désormais acquis avec l’idée d’une fédération élargie à tous les secteurs de la mode et un calendrier unique », enchérit le ministre.

Illustrant cette entente retrouvée et la mobilisation accrue des institutions politiques, le maire de Florence, Dario Nardella, a annoncé à l’occasion de l’ouverture du Pitti Uomo, mardi, la création d’un pacte avec son homologue de Milan, Giuseppe Sala, qu’il a rencontré le 29 décembre.

« Nous voulons mettre en place des initiatives communes dans les domaines de la culture, mais de la mode aussi. J’aimerais inviter le maire de Milan à Florence pour le prochain Pitti Uomo. Ce serait une première », confie Dario Nardella à FashionNetwork. Florence et Milan sont en effet les cités phare de la mode transalpine et s'inscrivent donc dans la volonté de créer une dynamique commune. Milan est en effet parvenue à fédérer ses salons et défilés sur une seule et unique période de dix jours dédiés à la mode féminine. La première édition de ce moment se tiendra du 17 au 26 septembre.

Enfin, pour aider les PME italiennes (tous secteurs confondus) à accélérer leur passage au numérique, le gouvernement italien a lancé en septembre « le plan national industriel 4.0 », qui prévoit d’octroyer 20 milliards d’euros sous forme de défiscalisation à toutes les entreprises s’engageant dans ce processus de modernisation.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2018 FashionNetwork.com

Mode - Prêt-à-porterMode - DiversLuxe - Prêt-à-porterIndustrie
INSCRIPTION À LA NEWSLETTER