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Jil Sander poursuit à Florence son voyage sensoriel

Publié le
8 janv. 2020
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3 minutes
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Jil Sander, invitée d’honneur de cette 97ème édition du Pitti Uomo, n’a pas déçu, mercredi soir, en défilant au cœur de la basilique de Santa Maria Novella. Aux commandes créatives depuis 2017, Lucie et Luke Meier ont prouvé une fois de plus qu’ils maîtrisaient fort bien leur sujet en apportant à l’esthétique minimaliste de la marque une nouvelle épaisseur. Une richesse insoupçonnée, suggérée en filigrane comme à travers un voyage mystique et sensoriel.


Confort et élégance caractérise Jil Sander - Pitti Immagine Alessandro Lucioni


Les créateurs ont choisi le réfectoire de ce monument emblème de la Renaissance florentine. Avec son enfilade de fines et hautes colonnes et de voûtes à ogives, la longue salle baigne dans l’obscurité. Seule source de lumière, celle qui éclaire des montagnes d’œillets indiens jaunes et orangés, disposés aux coins de la pièce, libérant une lueur dorée vibrante et un parfum épicé qui envahit doucement l’espace. Une invitation au voyage et à la méditation.

Les mannequins traversent cet espace sans âge avec assurance dans des ensembles monochromes aux coupes confortables mais élégantes. Les total looks veste-pantalon-manteau se déclinent ton sur ton en noir, bleu marine, blanc et bordeaux foncé. Pas de décorations dans cette collection masculine pour l'automne-hiver 2020/21, juste quelques fleurs abstraites imprimées ici et là sur des chemises en soie.

Matières et textures sont consistantes comme le cachemire, les tweeds, de belles laines, et le feutre, mais aussi la soie, le coton et le cuir. Les vêtements taillés avec précision respirent le travail bien fait et le savoir-faire artisanal. Comme l’explique Lucie Meier en coulisse : "on sent dans la collection la main de l’homme, la touche du fait main."

Les manteaux sont très longs, austères, presque militaires avec pour certains des épaulettes. Les capes sont volumineuses. Les pantalons se portent amples avec des revers importants, les vestes sont larges avec parfois un double boutonnage permettant de choisir sa taille idéale.


Jil Sander était de retour à Florence mercredi - Pitti Immagine Alessandro Lucioni


Des maxi gilets plastron tricotés à la main descendent jusqu’aux genoux sur le devant, tout en s'arrêtant dans le haut du dos. Ils font penser aux chasubles des prêtres. Les volumes over, que l'on retrouve dans les manteaux et pardessus sans manches, suggèrent aussi un registre religieux sous forme de longues tuniques rappelant les soutanes des moines.
 
Un soupçon de féminité s’exprime dans ce nouvel homme Jil Sander, qui porte son maxi sac-à-main en bandoulière, s’enveloppe d’étoles-écharpes frangées et aime à se parer de bijoux métalliques argentés, telles des amulettes. Une mode sophistiquée, mais sans ostentation, où tout se joue dans les détails. Des cols amovibles en soie qui s’apposent sur les revers des manteaux ou des vestes, aux jeux des pastilles métalliques, qui dessinent comme des décorations ethniques sur certaines pièces.

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