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Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
25 janv. 2020
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Juana Martín rend hommage aux patios de Cordoue et à ses racines gitanes

Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
25 janv. 2020

Les températures frôlent le négatif en cette matinée d’hiver parisien. Mais la créatrice Juana Martín est bien décidée à inonder d’ondes printanières la quatrième journée de la semaine de la Haute Couture. L’ambiance festive des cours intérieures de Cordoue, où les façades de style islamique rivalisent d’élégance grâce aux parterres et aux pots de fleurs colorées, a inspiré la collection « Les cours de ma maison ». Un hommage rendu par la couturière à ses origines et à sa ville natale.


Les tiares de la marque de Séville Tolentino ont participé au défilé de Juana Martín - Juana Martín


Sur fond de musique traditionnelle et de flamenco, l’Ambassade d’Espagne à Paris a accueilli un défilé de mode andalouse contemporaine. Les superpositions classiques de grands volants y étaient omniprésentes, sur les manches, les bas des jupes et même les épaulettes. Les volumes étaient soigneusement travaillés, avec des décolletés plongeants ou des manches ballon. Certaines pièces traditionnelles étaient réinterprétées au goût du jour, comme les amples pantalons palazzo ou les jupes superposées sur de la dentelle. Il y avait même quelques tailleurs deux pièces d’inspiration masculine, qui séduiront sans doute les « flamencas » les plus jeunes.

Les plantes qui fleurissent les cours des maisons de Cordoue, incontournables, s’apposaient sous forme d’imprimés et de motifs brodés par Manuela Romero. Parmi eux, un lierre d’un vert intense paraissait s’approprier un long modèle blanc. La créatrice jouait aussi avec des silhouettes de dentelle brillante, des matières noires transparentes ajustées et des châles de Manille. Les pois typiques de la culture andalouse apparaissaient sur des modèles en noir et blanc, comme la mini-robe portée par la mannequin de Cordoue Águeda López. Le reste des looks adoptait des tons pastel apaisants.


L’actrice Rossy de Palma a fait une apparition remarquée et a clôturé le défilé en dansant - Juana Martín


De leurs côtés, les accessoires de tête étaient essentiels à ce défilé, avec des pièces très diversifiées : voiles à traîne typiques des mariées, capuches en dentelle ou même tiares florales de la maison de Séville Tolentino. La cerise sur le gâteau, c’est peut-être l’apparition de l’une des actrices fétiches d’Almodóvar, Rossy de Palma, qui a clôturé le défilé avec un modèle noir à incrustations brillantes. L’actrice avait participé au dernier défilé Jean Paul Gaultier quelques heures à peine auparavant. Elle a conclu la présentation par quelques pas de flamenco esquissés sur la chanson « Di mi nombre » de la chanteuse Rosalía.

« Je suis la seule femme gitane dans le milieu de la mode », affirmait Juana Martín avec émotion après le défilé. Depuis sa première participation en 2005 à la semaine de la mode madrilène, la créatrice a surtout foulé les podiums d’événements spécialisés comme Simof, le Salon International de la Mode Flamenca de Séville, ou la Valmont Barcelona Bridal Fashion Week. Aujourd’hui, Paris est sa priorité. « Cela fait plusieurs années que nous venons, c’est notre cinquième défilé en France. Nous avons fait ce pari », assure-t-elle.

Et Madrid, dans tout ça ? « D’un côté, je sentais que je ne devais pas être là-bas », médite la créatrice, qui se rappelle son voyage pour son premier défilé à Paris, au volant d’une fourgonnette chargée de ses modèles. « À Madrid, je sentais que, d’une certaine manière, ma culture et mes racines étaient effacées. J’ai refusé d’y renoncer. C’est ce que je sais faire, et c’est ce que j’aime faire », assène-t-elle avec aplomb. À l’étranger, elle est « non seulement reconnue, mais on comprend aussi le concept ». Au final, le flamenco de Camarón qui a largement inspiré sa collection est universel. La couturière en est convaincue : « Je veux être moi, Juana, faire mon flamenco, dans mon monde, avec mes valeurs et mes traditions ». C’est ce que l’on ressent dans ses défilés.

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