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AFP-Relaxnews
Publié le
8 juil. 2022
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7 minutes
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Julio Laporta (EUIPO)"La contrefaçon n'est pas un crime sans victime"

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AFP-Relaxnews
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8 juil. 2022

Réalisé auprès de plus de 20.000 jeunes âgés de 15 à 24 ans, le dernier rapport de l'Office de l'Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) fait état d'un boom des achats intentionnels de produits de contrefaçon en trois ans. Julio Laporta, porte-parole de l'organisme européen, décrypte les résultats de cette enquête, et revient sur les causes et les conséquences d'un tel phénomène, tout en donnant quelques clés pour tenter de le stopper. Interview.


DR


L'EUIPO vient de publier une étude* qui montre un boom des achats de produits contrefaits, en particulier chez les jeunes générations. Comment expliquer ce phénomène?

Julio Laporta : Il y 'en a plusieurs, mais la principale raison mentionnée par les jeunes interrogés est le fait que les contrefaçons sont moins chères. Le prix, mais aussi la disponibilité, demeurent les principaux facteurs d'achat de contrefaçons, ainsi que de piratage numérique. L'influence des proches et de la société est également de plus en plus importante pour les jeunes. Il y a une augmentation de la part de répondants qui achètent des produits contrefaits car leurs amis et proches le font également. Notons enfin la part importante de sondés déclarant tout simplement ne pas se soucier qu'un produit soit contrefait ou authentique.

Quels types de produits sont concernés par la contrefaçon?
JL: Les produits contrefaits que les jeunes achètent intentionnellement le plus souvent sont les vêtements et les accessoires (17%), les chaussures (14%), les appareils électroniques (13%), et les produits d'hygiène, les cosmétiques, les soins personnels et les parfums (12%).

D'où viennent les produits contrefaits?

JL: D'après nos études, les produits de contrefaçon viennent essentiellement de Chine, mais il existe d'autres sources importantes comme la Turquie, les Emirats arabes unis et Singapour. Les produits contrefaits entrent dans l'Union européenne via des porte-conteneurs qui transitent par les plus grands ports européens, et de plus en plus via le commerce électronique et les petits colis - les contrefaçons liées au commerce électronique sont expédiées vers l'Union européenne par courrier dans plus de 90% des cas.

Il faut savoir qu'en achetant un produit contrefait ou en accédant à un contenu piraté, nous pouvons contribuer à financer des activités de criminalité organisée. Les faits ont confirmé l'implication de groupes criminels organisés dans la violation des droits de propriété intellectuelle, et un lien avec d'autres crimes, tels que le trafic de drogue, le travail forcé, la cybercriminalité, le terrorisme, la fraude et le blanchiment d'argent.

Quelle est la législation au niveau européen pour lutter contre la contrefaçon?

JL: Plusieurs législations sont en place pour lutter contre la contrefaçon et le piratage, au niveau national et européen, mais il faut les faire appliquer. Les sanctions et les peines prévues pour les infractions portant sur les droits de propriété intellectuelle doivent être dissuasives si l'on veut faire reculer ce type de criminalité. L'année dernière, la criminalité liée aux droits de propriété intellectuelle a été réintégrée dans le top 10 des priorités de la lutte contre la criminalité organisée (EMPACT), publiées par le Conseil de l'Union européenne. C'est une réussite majeure. Les droits de propriété intellectuelle ne peuvent être exercés correctement que lorsqu'ils sont correctement appliqués, et ces dernières années nous avons constaté une augmentation inquiétante du nombre d'infractions.

L'écologie est désormais une question centrale dans la mode. La contrefaçon n'est-elle pas nuisible à l'environnement? 

JL : Si, les produits contrefaits présentent des risques sérieux pour l'environnement ainsi que pour notre santé. Ils ne respectent généralement pas les normes de qualité et de sécurité, et peuvent contenir des ingrédients ou des composants dangereux. Qu'il s'agisse de faux médicaments, de faux cosmétiques, de jouets contrefaits, de pesticides illicites, et même de faux aliments et boissons, ces produits peuvent sans aucun doute nuire à notre santé et à notre sécurité, tout comme à l'environnement. Mais c'est une chose que les consommateurs prennent en compte. En comparaison avec nos précédents rapports, la dernière étude montre que les jeunes interrogés mentionnent plus largement l'impact négatif sur l'environnement comme un élément dissuasif ou une raison qui freinerait l'achat de produits contrefaits.

Les jeunes ne sont pas les seuls à se tourner vers la contrefaçon. Sur les réseaux sociaux, on assiste à l'émergence de groupes très fermés permettant également à des personnes fortunées d'acheter des sacs de luxe contrefaits. Comment expliquer ce phénomène nouveau?

JL : Nous sommes conscients de ce phénomène, ainsi que du fait que certains influenceurs font activement la promotion de faux produits. La sensibilisation aux dommages et aux dangers liés à la contrefaçon et au piratage fait partie de notre mission, et nous pensons que les campagnes d'information, les recherches, et les rapports sont aujourd'hui essentiels. 

La contrefaçon et le piratage sont un fléau dont les entreprises, les créateurs et les consommateurs sont également les perdants. Les seuls gagnants sont les criminels. Les dommages sont avant tout sociaux et commerciaux, mais il y a également un impact sur la réputation. Les consommateurs s'éloignent généralement des marques vulnérables à la contrefaçon ou, dans ce cas, des produits authentiques: un cercle vicieux se crée au détriment des créateurs et des entrepreneurs légitimes.

Vous parlez de la promotion que font certains influenceurs de produits contrefaits. En quoi cela amplifie-t-il le problème?

JL : Il s'agit d'une réelle préoccupation. Les plateformes de médias sociaux offrent aux utilisateurs un moyen de se livrer à des activités portant atteinte à la propriété intellectuelle sans être facilement repérés. Elles ont également créé une opportunité pour les influenceurs et autres personnalités publiques d'exercer une influence significative en tant que 'personnes de confiance' lorsqu'il s'agit de comportements d'achat, y compris des comportements illégaux.

D'après notre étude, les influenceurs poussent indirectement les jeunes vers les contrefaçons en faisant la promotion et la publicité de produits qu'ils n'ont pas les moyens de s'offrir. Un peu plus d'un répondant sur dix a mentionné les recommandations d'influenceurs et/ou de personnes célèbres comme un facteur motivant l'achat intentionnel de contrefaçons. Nous avons également vu par ailleurs des cas d'influenceurs faisant activement la promotion de faux produits.

Les NFT, et plus généralement le métavers, peuvent-ils être une solution pour lutter contre la contrefaçon ?

JL : Nous pensons que les NFT et le métavers peuvent apporter de nouvelles opportunités dans la lutte contre la contrefaçon et le piratage. En tirant parti des capacités de la blockchain et des dérivés tels que les NFT, les avantages potentiels pour les offices de propriété intellectuelle sont considérables. La technologie blockchain présente plusieurs caractéristiques qui la rendent unique. Elle est distribuée numériquement, décentralisée, sécurisée, immuable et digne de confiance, et permet de suivre facilement les données relatives aux droits de propriété intellectuelle. 

Certains offices explorent déjà activement les possibilités à travers différentes initiatives, dont certaines en partenariat étroit avec l'EUIPO. Depuis l'année dernière, TMview et DESIGNview, les deux services de recherche phares de l'EUIPO, utilisent la blockchain pour apporter une livraison super rapide, fiable et sécurisée, des informations sur les droits de propriété intellectuelle. Et nous planchons également sur une infrastructure basée sur la blockchain pour aider à lutter contre les contrefaçons de produits dans les chaînes d'approvisionnement.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes, comme aux moins jeunes, qui se tournent vers la contrefaçon pour acheter des noms du luxe à moindre coût?

JL : La contrefaçon n'est pas un crime sans victime. Comme je l'ai dit précédemment, beaucoup n'en sont peut-être pas conscients, mais en achetant des contrefaçons, ils contribuent à financer les activités du crime organisé. Chacun a un rôle à jouer. Ce problème affecte la société, et nous devons continuer à sensibiliser les jeunes citoyens et les consommateurs afin de les aider à faire des choix éclairés lors de l'achat de produits.

Lorsqu'ils achètent en ligne, les consommateurs doivent toujours se tourner vers des vendeurs de confiance, faire leurs achats sur des sites sécurisés, vérifier les avis récents et authentiques, avoir recours à des méthodes de paiement fiables, et rester vigilants au moindre signe suspect. Une dernière chose, si le prix est trop beau pour être vrai, c'est qu'il l'est effectivement probablement.

* L'étude a été réalisée auprès de 22.021 personnes âgées de 15 à 24 ans dans l'ensemble de l'Union européenne.


(ETX Daily Up)
 

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