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K-Way séduit au Pitti avec une collection cool et contemporaine

Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
today 9 janv. 2020
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Quelques sourcils se sont levés quand le salon Pitti a annoncé que le label de sportswear K-Way, créé en France il y a une cinquantaine d’années, défilerait à l’un des horaires les plus convoités de son calendrier. Mais les sceptiques ont bien été forcés de reconnaître qu’ils s’étaient trompés, après la présentation d’une collection audacieuse et espiègle. La marque s’est offert une cure de jouvence et a créé l’événement mercredi soir à Florence.


K-Way - Automne/hiver 2020 - Florence


Ce tout premier défilé de K-Way finalise en beauté le plan de relance mis en place par les partenaires franco-italiens qui tentent de lui redonner ses lettres de noblesse.
 
Présentée dans un petit marché de l’ère rationaliste situé sur les banques de l’Arno, à Florence, la collection débordait d’optimisme avec des coupe-vents acidulés qui ont fait la renommée de la marque dans les années 1960.
 
Un duffle-coat technique vert kaki à capuche zippée, porté avec un short de sport, un haut élégant d’une tonalité douce et un cardigan tiré à quatre épingles signaient le look d’ouverture, suivi de manteaux originaux à carreaux Prince de Galles portés avec d’immenses écharpes d’inspiration campus américain. À noter également, les doudounes rembourrées dans des nuances vives comme l’orange ou le jaune banane.
 
L’équipe de design de K-Way s’est surtout ingéniée à injecter une bonne dose d’humour dans ses vêtements, avec des cabans à capuche en nylon immaculé évoquant l’ère spatiale, ou encore des parkas géantes matelassées, ou bien des trenchs cintrés à motif pied-de-poule. Tous les looks étaient complétés par des bottines tout-terrain mais élégantes, sur fond de bande sonore électro française émaillée de morceaux de Corine ou Polo & Pan.


K-Way - Automne/hiver 2020 - Florence


« Nous voulons devenir une marque de manteaux reconnue au niveau mondial. Garder un angle mode tout en restant contemporains, sportifs mais surtout intemporels », explique Lorenzo Boglione, le vice-président des ventes.
 
C’est son père Marco Boglione qui a sauvé K-Way de la faillite en rachetant la griffe via sa firme Basic Net, qui possède aussi Kappa, Superga et Sebago. La transaction a eu lieu en 2006, et le label a repris son activité en 2009. Dix ans plus tard, la marque a passé les 80 millions d’euros de chiffre d’affaires l’année dernière, d’après Lorenzo Boglione.
 
K-Way a été fondée en 1965 par Léon-Claude Duhamel. Si l’on en croit la légende, Léon-Claude Duhamel aurait été tranquillement assis au Café de Paris à Paris quand il remarqua une dame et ses enfants, habillés de vêtements rouges en nylon. Il se serait exclamé : « En cas ! » (de pluie), avant d’y rajouter plus tard le suffixe -Way : la marque K-Way était née.
 
En 1992, K-Way a habillé l’équipe olympique de France pour les Jeux d’Albertville, mais un incendie dans son usine principale a causé sa ruine. Aujourd’hui, la marque semble renaître de ses cendres.


K-Way - Automne/hiver 2020 - Florence


Autrefois basée dans le Nord de la France, K-Way a aujourd’hui son siège social à Turin. Marc Jacobs, Maje, Petit Bateau, Colette et L’Eclaireur ont tous réalisé des collections capsules avec K-Way. Le succès de la griffe repose principalement sur sa distribution en Europe de l’Ouest, mais les ventes au Canada ne sont pas négligeables, grâce à l’image française traditionnelle de la marque. K-Way possède maintenant 50 boutiques en propre et devrait en ouvrir plusieurs autres en Asie, principalement au Japon et en Corée.
 
« L’ADN de K-Way, c’est la veste de poche dans de nombreuses couleurs. L’essentiel, c’est de penser confort et voyage », assure Lorenzo Boglione.
 
La collection a suscité une ovation enthousiaste, qui s’achevait à peine quand Marco Boglione a sauté sur le podium pour prononcer un petit discours qui aurait peut-être mieux convenu à un mariage champêtre qu’au Pitti. Il a tout de même eu la présence d’esprit de présenter l’inventeur de K-Way, Léon-Claude Duhamel, et le plus grand ponte du Pitti, Raffaele Napoleone. Les deux hommes se sont prudemment limités à dire « Grazie », à raison : les vêtements avaient déjà parlé pour eux.
 

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