×
6 894
Fashion Jobs
keyboard_arrow_left
keyboard_arrow_right

Kenzo et Aalto en mode "see now, buy now"

Publié le
today 28 févr. 2019
Temps de lecture
access_time 4 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Après Marques Almeida, c’est au tour de Kenzo et d’Aalto de tester la formule «see now, buy now » en cette Semaine de la mode parisienne. La marque du groupe LVMH n’avait pas défilé en septembre dernier afin de préparer ce nouveau projet, qu’elle a dévoilé mercredi soir au cours d’un show-performance exaltant, offrant une expérience inédite aux spectateurs, entraînés littéralement dans la danse de ce défilé tout en mouvement.


Kenzo a offert mercredi un show expérientiel - ph Dominique Muret


Dans une salle sombre et recueillie, un homme s’avance à pas saccadés, comme un automate, suivi bientôt par tout un groupe. Ce sont des danseurs, tous vêtus des vêtements de la collection Memento N°4, qui sera vendue dès le lendemain dans les magasins et l’e-shop de la marque. Une première pour cette ligne lancée en mars 2017, qui s’attache à relire les archives de la maison.

Cette saison, ce sont des imprimés de grosses tomates qui sont remis au goût du jour, les fruits jaunes s’empilent joyeusement le long des jambes d’un pantalon noir, ceux rouges s’étalent sur une chemise verte ou encore dans des blouses à manches courtes ou des pulls à col roulé et quelques jupes longues. Dans des chemises et des tops, l’on retrouve aussi l’emblématique gueule du tigre, tandis que dans le dos d’un blouson on peut lire « Kenzo Tokyo Paris ».

« En fouillant dans les archives, nous nous sommes surpris une fois de plus de trouver un tel volume de pièces aux imprimés aussi créatifs et enthousiasmants. (…) Pour ce quatrième épisode, nous avons décidé de célébrer le côté joueur et fantaisiste de Kenzo Takada, son immuable capacité à transmettre son ironie au monde de la mode et surtout son amour de la nourriture et du divertissement », expliquent dans un texte les directeurs créatifs, Carol Lim et Humberto Leon. Le designer japonais, qui a fondé la maison en 1970 et fête ce mois-ci ses 80 ans, a utilisé pour la première fois ces imprimés tomates en 1992.
 

Deux modèles de la collection Memento N°4 - Kenzo


Ainsi revêtus dans ces joyeux vêtements, les danseurs se lancent dans un show rythmé aux influences multiples, de l’Afrique aux Caraïbes, en passant par l’Océanie, en improvisant parfois des solos de hip-hop. Tandis qu’ils s’avancent en groupe vers les spectateurs, ces derniers se reculent imperceptiblement, les gradins commençant à bouger pour se mêler au fur et à mesure toujours plus à ce ballet énergique.

Comme par magie, les spectateurs se séparent, regroupés au sein de différents groupes de gradins, qui avancent ou reculent au gré de la chorégraphie, mise en scène par Paul Sadot et Nquobulé Danseur. La tête commence à chavirer lorsque les gradins tournent sur eux-mêmes, se croisent ou s’invitent dans la farandole tournant tout autour de la salle, tout en faisant perdre ses repères au public. Expérience fascinante.

Chez Aalto, un peu plus tôt dans l’après-midi, le défilé avait un air un peu plus traditionnel, même s’il a fallu traverser les Galeries Lafayette sous les regards ébahis et curieux des vendeurs et des clients pour atteindre une sorte d’annexe en chantier où se déroulait le show.

L'enseigne a accueilli en son sein Tuomas Merikoski car elle a signé avec le créateur finlandais un partenariat pour vendre, elle aussi dans la foulée du défilé, quatre pièces de la collection en exclusivité chez elle : le béret, le tee-shirt, un foulard et un sac.


Aalto couvre les têtes cette saison - DR


« Nous avons voulu expérimenter cette formule see now, buy now pour avoir un contact plus direct avec le client. Le béret, en particulier, est un hommage à la France », confie Tuomas Merikoski en backstage. « La nouveauté de cette saison, c’est la capuche et le chapeau intégré au vêtement », souligne-t-il.

Cette sorte de couvre-chef est rehaussé à son tour par un chapeau, le béret le plus souvent, mais aussi des chapeaux de pluie. La tête est donc plus que couverte avec également des cagoules surmontées de bérets qui font immanquablement penser au hijab, ou des foulards noués autour du cou couvrant chastement les cheveux.  

Pour l’automne-hiver 2019-20, le styliste renoue profondément avec sa Finlande natale, une « Finlaande » un peu particulière, comme il a baptisé la collection, avec deux A comme dans Aalto. Le créateur travaille notamment sur les courbes, avec des manteaux, des vestes et des robes qui se resserrent légèrement à la taille pour suivre la forme des flancs, ou à travers cette rangée de boutons doucement ondulée sur une chemise en écho aux courbes des imprimés à effet optique d’un manteau un brin psychédélique endossé dans cette même silhouette. Les pantalons amples, à taille haute, proposés aussi en maille, sont particulièrement séduisants.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2019 FashionNetwork.com