Kering entend accélérer dans le luxe avec un nouveau management

Une nouvelle phase s’annonce pour Kering avec l’arrivée d’une série de nouveaux patrons à la tête de plusieurs de ses griffes. Recentré désormais sur le luxe, qui représente près des deux tiers de son chiffre d’affaires, et sur l’habillement sportif, depuis qu’il a cédé la Fnac et la Redoute, le groupe piloté par François-Henri Pinault est en train de mettre en place une nouvelle équipe de management, qui devrait lui permettre d’affronter les nouveaux défis d'un marché du luxe en plein bouleversement.

"Le focus du groupe est clairement sur le luxe, et la stratégie actuelle consiste à nommer les bonnes personnes aux bons postes afin de booster celles qui font figure de ‘petites’ marques à côté de Gucci, telle Bottega Veneta par exemple, qui ont encore un grand potentiel à exprimer", estime un analyste financier spécialisé dans le secteur du luxe.
Bottega Veneta, printemps/été 2015 (Photo : PixelFormula)

Kering a grandi, en effet, ces dernières années, en intégrant de plus en plus de marques de luxe. Ce qui l’a poussé à réorganiser sa division Luxe en avril dernier. "Pour accompagner l’expansion continue des activités Luxe, liée à la fois à leur dynamique de croissance organique et aux acquisitions réalisées en 2012 et 2013, le groupe spécialise le pilotage de ces activités", expliquait-il à cette occasion, indiquant vouloir porter davantage d’expertise à chacune de ses marques en vue d’en "accélérer leur développement".

Deux pôles luxe ont ainsi été créés aux côtés de Gucci, qui constitue une entité à part de par sa dimension. Le poids lourd du groupe totalise près d’un tiers du chiffre d’affaires total de Kering (2,5 milliards d’euros sur 7,3 milliards les neuf premiers mois de l’année).

Les autres pôles sont celui des "Montres & Joaillerie" (Boucheron, Girard- Perregaux, JeanRichard, Pomellato, Dodo et Qeelin) dirigé par Albert Bensoussan, et celui de la "Couture & Maroquinerie" (Bottega Veneta, Saint Laurent, Balenciaga, Stella McCartney, Alexander McQueen, McQ, Brioni et Sergio Rossi), qui a été confié à Marco Bizzarri, l’ex-patron de Bottega Veneta.

Arrivé à la tête de cette nouvelle division il y a six mois, Marco Bizzarri s’est tout de suite mis au travail en constituant une nouvelle équipe de jeunes managers. A commencer par Bottega Veneta, où il devait se trouver un successeur après y avoir occupé le poste de CEO depuis 2009. Son choix s’est porté sur Carlo Alberto Beretta, manager qu’il connaît de longue date, selon la presse italienne.

Spécialisé dans le menswear et le retail (il occupait dernièrement le poste de directeur du développement retail chez Zegna), Carlo Alberto Beretta n’a pas au premier abord le profil que l’on pouvait attendre à ce poste.

Mais, à y regarder de plus près, ce seront avant tout ses compétences dans le secteur du retail qui seront mises à contribution dans son nouveau rôle. Ce retail pesant 80 % sur les ventes totales de la griffe de Bottega Veneta.
Brioni, printemps/été 2015 (Photo: PixelFormula)

A la tête de Brioni, la griffe de menswear rachetée par Kering fin 2011, Marco Bizzari a placé Gianluca Flore. Là encore un manager qu’il connaît bien, puisque ce dernier était auparavant chez Bottega Veneta, où il a passé six ans, d’abord comme président de la région Amériques, puis directeur retail & wholesale Monde et CEO de la région Asie-Pacifique.

Gianluca Flore succède à Francesco Pesci, dont le contrat arrivait à échéance, et intègre Brioni à un moment décisif. Terminée l’intégration de la marque au sein de Kering, durant laquelle le label a subi une profonde réorganisation, est arrivée, en effet, la phase de relance.

La récente nomination de la Britannique Sarah Crook pour diriger Christopher Kane, s’inscrit dans la même logique alors que la marque est passée sous le contrôle de Kering début 2013 et vient d’achever elle aussi son intégration, pilotée jusqu’ici par Alexandre de Brettes, ce dernier étant destiné à un nouveau rôle dans le groupe.

Consultante auprès du British Fashion Council et de grandes marques de mode, Sarah Crook, qui a travaillé aussi chez Stella McCartney, autre marque de l’écurie Kering, prend donc en main la griffe du jeune designer écossais, là aussi à un moment clé pour en accélérer l’expansion.
Christopher Kane, printemps/été 2015 (Photo: PixelFormula)

Ne manque plus que la nomination d’un CEO pour le chausseur Sergio Rossi, suite au départ en septembre dernier du PDG, Christophe Mélard.

Avec ces nominations, Kering semble poser les premiers jalons pour mettre en place la montée en puissance tous azimuts des marques de son pôle luxe.

Gucci, qui constitue un cas à part, n’est pas en reste. La marque, actuellement dirigée par le PDG Patrizio di Marco, et placée sous la supervision directe de François-Henri Pinault, n’a pas subi de grand changement à sa tête certes, mais elle vient néanmoins de procéder à une profonde réorganisation en Asie avec la nomination de Merinda Yeung, à la tête de sa filiale en Chine, en charge aussi de Taiwan.

Ont été étendues aussi les compétences de Thierry Pichon, directeur général de Gucci à Hong Kong, également sur Macao. Une réorganisation qui devrait être appréciée par les marchés, alors que Gucci a enregistré une baisse de ses ventes depuis le début de l’année, notamment en Asie.

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