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Kering frôle les 4 milliards de ventes au troisième trimestre

Par
AFP
Publié le
today 25 oct. 2019
Temps de lecture
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(AFP) - Kering a engrangé près de 4 milliards d'euros de ventes au troisième trimestre, le groupe de luxe continuant d'être porté par la croissance, certes moins forte, de son fleuron Gucci ainsi que par ses performances en Chine en dépit de la situation à Hong Kong.


Gucci - Spring-Summer2020 - Womenswear - Milan - © PixelFormula



Pour les mois de juillet, août et septembre, la croissance du chiffre d'affaires - en ligne avec les attentes - connaît cependant un ralentissement: la progression en organique est de 11,6%, contre 17,5% au premier trimestre et 13,2% au deuxième trimestre de l'exercice.

"Nos performances, au-delà des impressionnantes bases de comparaison établies ces deux dernières années, sont saines et bien équilibrées entre nos différentes maisons", s'est félicité le PDG François-Henri Pinault dans un communiqué.

La croissance de Gucci, marque-phare de Kering, se stabilise après avoir connu deux ans de progression explosive, avec des ventes qui avaient bondi de 37% en 2017 et de 44% en 2018. L'activité de la griffe italienne progresse de 10,7% au cours du troisième trimestre de l'exercice en cours, contre respectivement +20% et +12,7% aux premier et deuxième trimestres. Gucci reste cependant un mastodonte, qui apporte au groupe près des deux tiers de son chiffre d'affaires total sur le trimestre, soit 2,3 milliards d'euros.

Deuxième marque du groupe, Yves Saint Laurent progresse de 10,7%, tandis que Bottega Veneta - dont les ventes s'étaient repliées de 3% l'an dernier - voit son chiffre d'affaires augmenter de 6,9%.

"La réinvention de la maison (Bottega Veneta) porte ses premiers fruits, le succès des nouveaux produits de la marque est remarquable", a estimé lors d'une conférence téléphonique le directeur financier Jean-Marc Duplaix, alors qu'un nouveau patron a été nommé à la tête de Bottega Veneta au mois de juin.

"La clientèle chinoise, un moteur"



Par régions, l'Asie-Pacifique voit son activité s'afficher en progression de 16,6% sur le trimestre. En incluant le Japon, la région Asie représente 42% des ventes totales du groupe, contre 35% pour l'Europe de l'ouest et 18% pour l'Amérique du Nord. "La performance en Chine est très, très forte, malgré des bases de comparaison très élevées", a tenu à souligner le directeur financier, ajoutant qu'"encore aujourd'hui, la clientèle chinoise reste un moteur pour l'industrie" du luxe.

Quant aux manifestations pro-démocratie qui perturbent depuis des mois Hong Kong, il a indiqué que "bien évidemment les tendances n'étaient pas très bien orientées sur le trimestre". "Il y a eu une détérioration en août et septembre, mais il y a un report de consommation de la clientèle chinoise dans d'autres régions du monde, en Corée et dans une moindre mesure à Macao et Singapour", selon lui. Ainsi, "la baisse des ventes à Hong Kong est pour une grande partie compensée", a-t-il affirmé.

Le directeur financier a par ailleurs fait part d'un "ralentissement aux Etats-Unis", où le groupe estime "avoir perdu 1% ou 1,5% de croissance en raison du repli du tourisme", notamment en provenance de Chine et l'Amérique latine, a indiqué Jean-Marc Duplaix, qui met aussi en avant des bases de comparaison très élevées en 2018 sur le marché américain.

Il a cependant refusé de relier ce ralentissement à la polémique engendrée par un pull noir de la marque Gucci, au col montant orné d'une grosse bouche rouge, qui avait généré des accusations de racisme, certains y voyant une référence au "blackface", représentation caricaturale et raciste des personnes noires. "Je ne crois pas qu'il y ait eu un impact très matériel. Nous ne pouvons pas examiner la performance (des USA) en fonction de cet événement", a assuré le directeur financier, qui rappelle que Gucci a doublé sa taille aux États-Unis entre 2016 et 2019.

Pour se rattraper à la suite de cette controverse, la marque italienne a multiplié les initiatives, en créant notamment un poste de "directeur monde de la diversité": "des actions ont été mises en œuvres, l'effet de ces actions est plutôt à attendre dans la durée et pas à court terme", a indiqué Jean-Marc Duplaix.

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