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Kiabi lève le voile sur ses engagements pour une mode plus durable

Publié le
today 24 juin 2019
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Comme plusieurs enseignes mass market ces derniers temps, Kiabi prend aujourd’hui la parole sur les enjeux environnementaux et humains de son activité. La chaîne de mode familiale appartenant à la famille Mulliez a dévoilé ce 24 juin son projet Kiabi Human, qui détaille les progrès déjà effectués et les chantiers à venir concernant sa démarche RSE. « Les ressources se font de plus en plus rares, les inégalités se creusent et nous sommes en situation d’urgence climatique. Ces grands défis nous obligent à nous réinventer », introduit Nicolas Hennon, le directeur général de la chaîne, qui opère 514 magasins à travers le monde et a réalisé 1,9 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2018 (+2,1 %).


« Kiabi Human, c’est aussi promouvoir le droit à la mode accessible à tous, body positive et inclusive », indique Béatrice Héricourt - Kiabi


L’objectif de l’entreprise aux 10 000 salariés est de parvenir à concevoir, fabriquer et distribuer une mode « accessible, solidaire et engagée », poursuit le dirigeant. Premier objectif fixé ? Que 100 % des collections soient écoconçues à horizon 2030. Aujourd’hui, la jauge de l’enseigne qui a débuté il y a trois ans sa réflexion en la matière est à 5 %. « Selon le produit, le premier critère sur lequel nous nous concentrons varie : pour le jean, c’est avant tout sur le délavage que nous travaillons et sur le tee-shirt, c’est la matière, par exemple le coton bio, que nous souhaitons encourager », détaille Béatrice Héricourt, directrice des collections de la marque qui écoule 400 millions de pièces par an. L’enseigne a dressé pour chaque modèle des critères sur lesquels s’améliorer. Par exemple, tous les denims homme et femme de Kiabi pour l’été 2020 seront délavés au laser, ce qui permet, selon la chaîne, d’économiser 10 litres d’eau et 22 grammes de substances chimiques par article.

« Produire plus durable mais à petits prix est un challenge complexe que nous souhaitons relever, lance Béatrice Héricourt. Pour offrir un tee-shirt en coton bio à 3 euros, il n’y pas de secret, on écrase les marges. C’est aussi produire moins mais mieux et c’est toute une nouvelle façon de penser dans notre secteur. Grâce à la data, nous pouvons mieux analyser les ventes et donc faire une prédiction plus juste pour les saisons à venir. »

Kiabi essaie de réduire son empreinte carbone sur toute la chaîne de valeur, de la matière au magasin, en passant par la logistique. Et notamment en auditant régulièrement ses fabricants, qui sont au nombre de 150 et dont la liste est publiée sur son e-shop. « Nous avons réalisé 600 audits de nos partenaires l’an passé, dont une centaine chez les fabricants de rang 2 (soit les sous-traitants des confectionneurs, ndlr) », exprime Bruno Resseguier, directeur de la supply chain de Kiabi.

Mais sur le plan des salaires des travailleurs dans les usines, l’enseigne admet n’avoir pas encore concrétisé d’action sur le sujet. Côté acheminement, les liaisons en train Chine-Europe vont s’intensifier et le schéma logistique a été revu en 2018, notamment les trajets inter-entrepôts en Europe, ce qui a permis de réduire de 45 000 kilomètres les trajets effectués par camion.


10 millions de pièces en coton bio ont été fabriquées par l'enseigne pour cet été 2019, dont ce tee-shirt vendu à 6 euros - Kiabi


La société née en 1978, dont Elisabeth Cunin a pris la présidence le mois dernier, fait partie d’un écosystème de marques mode de la famille Mulliez (Happychic, Pimkie…) et à ce titre, prend part aux réflexions de faire naître une usine commune dans la région lilloise en 2020. Ce qui s’inscrit dans sa stratégie de rapprocher ses bassins de production (en travaillant notamment davantage en Turquie). « Nous sommes entrés dans une logique d’entreprise ouverte et d’intelligence collective, affirme le directeur général. Ce partage de compétences au sein de l’AFM (Association Familiale Mulliez, ndlr) s’intensifie, également avec Auchan, avec qui la réflexion est entamée pour ouvrir en shop-in-shop dans ses hypermarchés. »

L’impact environnemental d’un produit dépend aussi à 50 % de l’usage du client, rappelle l’enseigne. Pour éduquer et encourager les consommateurs, l’enseigne a lancé cette année des ateliers de customisation et de réparation en magasin, et va communiquer à partir de l’été 2020 sur ses étiquettes. En indiquant par exemple qu’il conseille de laver un article en machine à 30 degrés, pas plus.

Véritable sujet d’actualité dont s’emparent les distributeurs traditionnels, notamment devant l’essor du site Vinted, Kiabi va prochainement se lancer dans la seconde main. Elle mettra en septembre prochain un site dédié à la revente de vêtements entre particuliers, nommé By Kiabi. L’enseigne encourage aussi la collecte d’articles en magasin, en partenariat avec Le Relais : elle est passée à trois rendez-vous annuels et a récolté plus de 38 tonnes en 2018, soit quatre fois plus que l’année précédente. « Nous abordons cette démarche avec beaucoup d’humilité, conclut Nicolas Hennon. Le chemin sera long. »

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