×
7 078
Fashion Jobs

Kristian Andersen (CIFF) : "Le sport est une extension naturelle pour nous"

Publié le
today 2 févr. 2019
Temps de lecture
access_time 7 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

C’est de toute évidence l’offensive qui a été choisie pour stratégie par le salon CIFF. Le rendez-vous BtoB mode danois affirme depuis plusieurs années des ambitions d’expansion et après avoir renforcé son salon leader sur la mode adulte en Scandinavie pour en faire un rendez-vous international, l’organisateur a de nouvelles velléités. L’on connaissait déjà son intention de s’exporter, avec notamment la création d’un salon à Paris en juin prochain, mais ce n’est pas le seul sujet pour le CIFF. Alors que le salon de Copenhague fermait ses portes ce 1er février, son directeur, Kristian Andersen, a répondu aux questions de FashionNetwork.com sur cette stratégie et les prochains développements qu’elle implique, avec pour 2020 le projet d’un salon dédié au sport, mais aussi l’émergence d’une nouvelle marque ombrelle. Et toujours en toile de fond l’attractivité de Copenhague comme nouveau hub créatif.
 

Kristian Andersen - CIFF


FashionNetwork.com : Nous sommes au dernier jour de cette édition hivernale 2019 du CIFF, pouvez-vous déjà en tirer un premier bilan ?
 
Kristian Andersen : Le premier jour était un peu en dessous en nombre de visiteurs, le second un peu au-dessus, donc pas de tendance claire, léger recul ou léger plus, nous verrons après cette dernière journée. En revanche, nous constatons une hausse du côté des acheteurs de premier plan. Tout est une question de balance entre avoir un grand nombre d’acheteurs et avoir les bons acheteurs. Et qui passent des commandes. C’est le volume d’achat qui compte à la fin. On peut toujours débattre et comparer avec les grandes années des salons... Je serai très content, c’est sûr, si nous obtenons une croissance du visitorat, on aime qu’il y ait de l’effervescence, mais aujourd’hui, le plus important, c’est la qualité de la fréquentation.
 
FNW : Après avoir annoncé l’an dernier votre arrivée prochaine à Paris, vous avez cette fois fait du teasing pour un nouveau projet : CIFF Sporting. De quoi s’agit-il et pourquoi ce marché ?
 

KA : Le marché du sport est un marché très important au sein de l’univers de l’habillement. C’est une extension naturelle pour nous, sur un secteur inspirant. Ce lancement aura lieu à l’été 2020, en deux volets : bien sûr un rendez-vous commercial BtoB, mais aussi une dimension plus grand public, permanente, qui ne s’arrêtera pas aux trois jours de salon. L’idée est d’arriver à connecter les marques avec cette ville, ses habitants et ses visiteurs à travers des projets sportifs. Cela s’inscrit dans une démarche plus globale que nous avons pour Copenhague pour en faire un lieu de destination (le CIFF appartient au groupe BC Hospitality qui exploite le Bella Center, centre d’exposition et de conférence, mais aussi des hôtels, ndlr).
 
FNW : Concrètement, à quoi ce volet plus grand public ressemblera-t-il ?

KA : Nous construisons régulièrement de nouveaux bâtiments au sein de ce complexe, le prochain qui verra le jour ici l’an prochain aura sur le toit un rooftop qui sera un espace dédié au basketball. Ce sera en quelque sorte la première pierre. Je trouve que Pigalle Basket à Paris est un très bon exemple de projet. Nous pouvons développer beaucoup de choses de ce type pour d’autres sports : le yoga, l’escalade, le football, le racquetball (dérivé du squash, ndlr)… Pour toutes ces disciplines, nous voulons créer une discussion entre les marques, les acheteurs et le grand public.
 
FNW : Vous parlez de renforcer la destination Copenhague, que peut-on dire aujourd’hui de votre visitorat, est-il de plus en plus international ?

KA :
Oui, lors de la précédente édition, les Scandinaves comptaient pour 69 % du visitorat, les 31 autres pourcents viennent donc de plus loin. Le premier marché après la Scandinavie pour nous, c’est l’Allemagne, de loin, à la fois en nombre d’exposants et en nombre de visiteurs. Ensuite, on retrouve le Royaume-Uni, les Pays-Bas, les Français également un peu, mais plus en nombre de marques que d’acheteurs. Et enfin, il y a une émergence d’acheteurs américains et asiatiques, qu’il va falloir soutenir. Je pense que nous devons aller nous faire connaître en Chine. Nous devons être de plus en plus internationaux. Nous avons un beau vivier de marques danoises, évidemment, mais c’est un mix international dont nous avons besoin. Sans compter que le nombre de boutiques en Scandinavie se réduit, un peu comme partout je crois…
 

Une vidéo teasing était diffusée au Bella Center pendant le CIFF du 30 janvier au 1er février - FashionNetwork


FNW : Les dates d’été du CIFF, positionnées pendant la première quinzaine d’août, ne sont-elles pas un frein aujourd’hui pour ce rayonnement international ?
 
KA : Cette édition est ma quinzième et chaque année, la question se pose. J’ai toujours la même réponse : nous arrivons trop tard dans la saison. Fin juin ou début juillet, les dates que nous avons d’ailleurs retenues pour l’événement sport, voilà qui serait mieux. Ces dates en août, ce sont des dates traditionnelles pour la Scandinavie, les gens partent en juillet et sont de retour en août. Mais clairement, les acheteurs qui viennent, en réalité, ont déjà vu les collections. C’est pour cela que j’aimerais que nous nous placions avant les vacances scandinaves, pour être bien positionnés dans le calendrier international. Nous sommes en discussion avec l’organisation danoise du textile et l’organisation de la Fashion Week de Copenhague. J’ai bon espoir que nous puissions avancer nos dates, nous sommes prêts. Et si ce n’est pas dès 2020, au moins nous aurons notre nouveau salon sport aux bonnes dates !
 
FNW : Vous avez déménagé et renommé le CIFF Kids en CIFF Youth, pour le placer à côté du salon adulte, êtes-vous satisfait du résultat ?

KA : En fait, c’est un retour ! Au départ, le CIFF Kids était ici dans notre fief du Bella Center, avant de le quitter pour un autre lieu. Il a fallu en déménager et cela nous a paru bon de le rapprocher du CIFF. Mais nous avons fait le choix de le laisser un peu indépendant tout de même, avec un accès séparé, pour signifier que c’est un salon à part entière pour nous et que nous le prenons au sérieux. Les premiers retours sont bons, cette proximité a semble-t-il permis de faire augmenter le nombre de visiteurs, mais ce n’est qu’un début. Si nous avons choisi de changer le nom, c’est dans le cadre d’un projet à long terme pour en faire un lieu d’expérience dédié à la jeunesse au sens large.

Je suis toujours étonné que dans un salon dédié à l’enfant, vous n’en croisiez pas un seul. Notre vision des choses, c’est de l’ouvrir à partir de l’été prochain à des activités très diverses qui concernent la jeunesse, proposer un vrai programme, du sport à l’éducation, en passant par des ateliers de chefs pour les enfants, s’adresser aussi plus spécifiquement aux 10-12 ans, une tranche d’âge où beaucoup de choses vont se passer… Il y a beaucoup de salons BtoB traditionnels de mode enfant en Europe, donc nous voulons proposer autre chose. Il y a une vraie démarche pour les saisons qui viennent, une ambition pour le CIFF Youth, ce n’est pas un salon « bis ».
 
FNW : Ce rapprochement physique de vos salons, c’est aussi une manière de renforcer ce que vous appelez la « plateforme CIFF » ?
 
KA : Nous voulons être plus qu’un show, nous voulons que Copenhague soit le rendez-vous d’une communauté. C’est ce qui nous guide depuis plusieurs années. Cette plateforme va d’ailleurs prendre un nouveau nom : « The Northmodern project ». Le salon CIFF continuera de s’appeler le CIFF, mais l’empreinte de ce nom se réduira petit à petit au profit de cette nouvelle ombrelle pour toutes nos activités. Ce nom sera le trait d’union entre tous nos projets, les salons que l’on connaît déjà, de mode, d’art, et les prochains : celui qui sera consacré au sport, celui à Paris…
 
FNW : Que signifie ce nom, « Northmodern Project » ?

KA : En fait, c’est un nom que nous avions choisi pour un salon dédié à la décoration et au mobilier que nous avions lancé il y a cinq ans. Mais aujourd’hui, il nous paraît évident. Cela nous place quelque part au Nord, pas seulement au Danemark, et il nous permet de revendiquer nos valeurs scandinaves. Copenhague est aujourd’hui une destination internationale grâce à cela.
 
FNW : Ce salon décoration n’existe plus aujourd’hui ?

KA : Non, en effet, nous avions décidé de stopper cette activité mobilier au sein de notre société. Je pense que c’était un problème de timing, aujourd’hui cela nous paraît de nouveau à propos, mais plus dans l’idée de faire entrer la décoration et le design un peu dans tous nos salons existants plutôt qu’un rendez-vous dédié.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2019 FashionNetwork.com