L'Institut Français de la Mode clame son ambition internationale

Un beau challenge et une certaine pression. Céline Toledano et Hans de Foer composent la direction bicéphale en charge des programmes de création de la nouvelle école parisienne de mode, l'Institut Français de la Mode. Le duo a pour mission de diriger l'établissement, né de l'union de l'IFM et de l'école de la Chambre syndicale de la couture parisienne, qui a officiellement été activé ce 8 janvier après deux ans et demi de travail.


L'équipe de l'Institut Français de la mode - FashionNetwork

Et l'ambition pour le « nouvel » Institut français de la mode est à la mesure des témoins présents dans l'enceinte de l'IFM pour son lancement. Ralph Toledano, président de la Fédération de la Haute Couture et de la mode, a rappelé que le projet trouve ses racines d'échanges avec Didier Grumbach et du souhait de plusieurs décideurs du luxe dont Sidney Toledano et Bruno Pavlovsky de voir grandir l'excellence française. 

« Il s'agit de faire la plus grande école de mode du monde, a expliqué le dirigeant. C'est à cette aune que l'on doit être jugés ». Un propos qu'a soutenu également Bruno Le Maire, ministre de l'Economie : « Demain, j'en suis certain, quand on demandera quelle est la plus grande école de création et de mode au monde, partout à travers la planète, on répondra spontanément "C'est à Paris et c'est l'Institut français de la mode". »

Des attentes d'envergure à destination de l'équipe mixte (entre IFM, ECSCP et intervenants extérieurs), accompagnée par François Broca, directeur de l'ECSCP, qui travaille sur la première rentrée, en septembre 2019. Le lancement, réalisé en parallèle de la signature du Contrat de filière mode et luxe dans l'enceinte de l'IFM, marque en effet l'ouverture des candidatures pour les premières formations.

L'école se fonde sur trois piliers : la création, le management et les savoir-faire avec des cursus du CAP au doctorat. « Les responsables des 16 programmes de formation ont été recrutés, explique Dominique Jacomet, directeur général de l'IFM. Nous avons pour cette rentrée un nouveau Master of Arts in Fashion Design et un Bachelor of Arts in Fashion design. Nous avons des formations dont les écoles étrangères reconnaissent la qualité. »

L'Institut Français de la Mode n'a pas agrégé les formations des deux écoles, les enseignements sont revus. « Tout le travail a été de créer l'école de demain, explique Céline Toledano. Le plus est que les intervenants soient connectés au monde de l'entreprise. Cela signifie qu'il faut composer avec leur emploi du temps, mais ils apportent une vision très concrète ». « Nous avons profité de cette année pour réfléchir à ce à quoi un designer doit être préparé, appuie Hans de Foer. Imaginer la pédagogie qui pourra préparer un jeune à faire face à la quatrième révolution industrielle. » 


Le bâtiment de la Cité de la mode va connaître des travaux afin d'accueillir le nouveau campus - FashionNetwork

Actuellement, les écoles accueillent environ 800 élèves et quelque 3 000 professionnels en formation continue. Les futurs étudiants peuvent candidater : trois sessions en France et pour les candidats internationaux seront programmées entre mars et mai. L'ambition est de passer le cap du millier d'étudiants, dont 300 en alternance. Parmi eux, l'équipe de direction vise une moitié d'étudiants étrangers. Mais entend aussi ouvrir grandes ses portes à tous les niveaux sociaux.

« L'année de Bachelor sera à 13 000 euros, précise Sylvie Ebel, directrice générale adjointe de l'IFM. Mais nous avons un programme de bourses volontaires. Pour certains, la formation peut être totalement prise en charge et pour d'autres, nous avons un barème progressif. Nous savons aussi que certains publics n'osent pas candidater. Nous avons tissé des liens avec deux associations, Casa 93 et Culture et diversité, pour repérer et accompagner d'autres talents ». Une démarche qui est rendue possible par la création d'une fondation, présidée par Bruno Pavlovsky et à laquelle contribuent les grandes marques du luxe et de la mode.

Pour initier la nouvelle école, un logo et une charte graphique ont été imaginés. Mais pour accueillir les étudiants c'est surtout un nouveau campus qui va voir le jour dans le bâtiment de la cité de la mode et du design. Le projet doit être prêt pour la rentrée de 2020. Entre-temps, le campus de l'ECSCP de Réaumur, dans le IIe arrondissement de la capitale, sera encore actif, tout comme les trois niveaux de l'IFM. Mais les rapprochements vont être amorcés dès cette année. Un atelier maille à déjà été installé dans l'ancienne surface de feu le musée des arts ludiques à la cité de la mode et du design.

Les travaux pour le nouveau campus, imaginé par l'agence Architecture Patrick Mauger, se dérouleront à compter du printemps 2019 en prenant donc des surfaces dans l'ancien musée, mais aussi dans la surface événementielle du premier niveau du bâtiment. Le tout permettra de créer un espace de quelque 8 000 mètres carrés qui accueillera salles de cours vitrées pour donner à voir sur les métiers de chacun, mais aussi un nouvel amphithéâtre ainsi que des ateliers, une salle de bricolage ou un Fablab avec par exemple des imprimantes 3D. Une allée centrale va être créée et un nouvel escalier percé pour permettre de nouvelles circulations. Un outil redessiné qui doit permettre aux équipes d'attirer les meilleurs futurs designers du monde entier.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2019 FashionNetwork.com

Mode - DiversLuxe - DiversCréationBusiness
INSCRIPTION À LA NEWSLETTER