L'Italien Limoni restructure sa dette et se relance

Nouveau départ pour la chaîne de parfumerie italienne Limoni, sortie d’affaires après deux ans de turbulences financières. Leader dans la Péninsule avec plus de 15% de parts de marché dans le secteur de la parfumerie sélective et 430 magasins à l’enseigne, la chaîne a conclu début août un accord de restructuration financière avec les banques, dont notamment la banque hollandaise ING.

Rachetée en 2006 par le fonds d’investissement anglais Bridgepoint, Limoni, qui emploie 2300 personnes et dont le chiffre d’affaires s’élevait à 318 millions d’euros l’an dernier, était endettée à hauteur de 365 millions d’euros fin 2011. L’accord, finalisé au terme de longues négociations, a pu se réaliser grâce à l’entrée dans le capital de l’enseigne du fonds spécialisé dans les restructurations Orlando Italy Management, qui détiendra 50% des parts aux côtés de Bridgepoint contrôlant les autres 50%.

Magasin Limoni rénové en juin à Udine (Italie du nord)

Cet accord prévoit "l’injection de 40 millions d’euros d’argent frais, l’abandon de la part des banques de 260 millions d’euros d’endettement et de 30 millions d’euros de prêts-actionnaires", indique un communiqué. Limoni se retrouve ainsi doté d’une structure patrimoniale et financière solide et durable sur le long terme, avec un endettement bancaire réduit à 114 millions d’euros, qui sera remboursé en une seule fois fin 2017, tandis que son actif net après restructuration s’élève à plus de 70 millions d’euros, précise encore le communiqué.

L’artisan de ce plan de sauvetage est le patron de Limoni, le Français Richard Simonin, appelé à la rescousse en juillet 2011 par Bridgepoint pour sa crédibilité et sa grande connaissance de l’univers des marques et de la distribution puisqu’il a travaillé aussi bien pour LVMH (ex-PDG de Kenzo et Givenchy) que pour le groupe Etam dont il a été le CEO de 2005 à 2009 ou encore pour Escada.

"L’endettement précédent n’était pas soutenable. Nous repartons maintenant sur de nouvelles bases. Limoni est loin devant ses concurrents en Italie et le marché, encore dominé à 51% par les indépendants, offre un important potentiel de développement. Nous allons travailler notamment à repositionner l’enseigne sur le marché de la parfumerie sélective", explique Richard Simonin.

Le nouveau plan industriel prévoit 40 fermetures sur trois ans (2012/2014) ainsi que 50 millions d’investissements entre 2013 et 2015 consacrés à la rénovation et l’ouverture de magasins. "L’axe majeur du plan est de structurer le réseau en trois clusters: prestige, masstige et commercial en adaptant l’assortiment des différents clusters à la réalité de marché des magasins", indique le patron.

Dans cette perspective a été entamée une rationalisation de l’assortiment visant à proposer un choix moins large mais plus pertinent dans les différents clusters, faisant la part belle aux marques sélectives aussi bien dans les fragrances, les cosmétiques que le make-up. L’objectif est d’atteindre en 2015 un chiffre d’affaires de 350 millions d’euros et un résultat brut d’exploitation (Ebitda) de 40 millions d’euros, soit un retour au niveau de 2010.

Bridgepoint contrôle aussi depuis juillet 2011 la chaîne de parfumerie italienne La Gardenia avec plus de 160 points de vente.

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