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Publié le
1 mars 2020
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L’apocalypse chic de Balenciaga

Publié le
1 mars 2020

Balenciaga a livré dimanche un show à grand impact visuel, tel un opéra dramatique des temps nouveaux. C'est sous un ciel changeant se miroitant sur une scène aquatique, que Demna Gvasalia, le directeur artistique de la maison de luxe détenue par Kering, a dévoilé sa collection pour l'automne-hiver 2020/21, mixant influences et énergie du passé à sa vision du futur. Un défilé intense, qui part d’une atmosphère apocalyptique pour revenir petit à petit au monde plus futile et léger de la mode.
 

Balenciaga, automne-hiver 2020/21 - PixelFormula


Une immense étendue d'eau noire, engloutissant les chaises des premiers rangs sert de podium, sur laquelle se reflète un écran géant suspendu au plafond. Le décor est planté. Alors que les premiers mannequins foulent le sol sous un ciel menaçant, éclaboussant tout sur leur passage, comment ne pas penser aux récentes inondations de Venise ? Surtout lorsque certains d'entre eux chaussent d’immenses bottes de pêcheur remontant jusqu’aux cuisses, telles qu'on a pu les voir sur la lagune.

L'urgence climatique est bien présente. En particulier dans ces images, qui défilent au plafond se dilatant dans le reste de la salle. Bourrasques, éclairs, vagues écumeuses, paysages urbains hyper-bétonnés ou encore ce ciel en feu, qui baigne l’espace d’une lueur rouge et teint de sang la grande nappe d’eau.

La première partie de cette vaste collection propose une série de tenues austères totalement noires dans différentes matières (cuir, laine, soie, nylon, etc.), couvrant la totalité du corps avec des cols montants et autres capuches, puisant aussi bien dans le registre clérical que dans un passé lointain. L'ensemble n'est pas sans faire penser à une certaine iconographie espagnole des siècles passés, pays dont est originaire le fondateur de la maison Cristobal Balenciaga.

Lourds manteaux, tuniques longilignes, soutanes en velours, robes de magistrat plissées aux manches évasées, jupes, costumes, coupe-vent et jusqu’à une veste croisée s’étirant jusqu'au sol trempé, sont endossés indifféremment par femmes et hommes de tous âges, dont certains aux inquiétants yeux rougis. Cet esprit dramatique est accentué dans une série d’habits (robes, tricots, tailleurs, costumes) par des proportions carrées exagérées délimitées par des épaules "pagodes" redressant leur pointe vers le haut.


Balenciaga, automne-hiver 2020/21 - PixelFormula


De nouvelles techniques de construction du vêtement se retrouvent aussi dans le col de certains manteaux en drap de laine, qui se prolonge sur un côté et devient cape. Un manteau s’enfile à l’envers. Un pull-over se dédouble et remonte sur le dos pour se rabattre sur la tête en capuche. Un blouson hérissé de pointes en caoutchouc se fait remarquer, tout comme cette robe de paysanne en latex à capuche.
 
Des flashs de rouge s’immiscent dans la noirceur ambiante via un fin et long manteau, une robe-cape en latex ou une pochette, ainsi que quelques autres éléments colorés. Par exemple, une robe en soie aux imprimés mimosas se colle sur le devant de la robe noire portée par le mannequin. Les lettres blanches 'blncg', synthèse de Balenciaga, barrent en diagonale certains blousons.
 
Dans sa deuxième partie, la garde-robe change nettement avec une veine un peu plus streetwear tout en passant à un registre sportif, qui s’adresse surtout aux hommes en casquette et survêtements chics ou en tenue de motocross en cuir, avec pantalons et blousons équipés de multiples protections aux genoux, coudes, et épaules.
 

Balenciaga, automne-hiver 2020/21 - PixelFormula


Est convié aussi le football, les mannequins endossant de jolis maillots aux couleurs de l’équipe Balenciaga ! Des tee-shirts, qui devraient se vendre comme des petits-pains avec le nom de la marque floqué dans le dos juste au-dessus du numéro du joueur. A noter aussi au rayon des accessoires promis à un bel avenir, ce sac en forme de lunchbox.
 
Pour le soir, Demna Gvasalia s’amuse à façonner des tenues de gala à la fois moulantes et drapées en une seule et même pièce, incluant robe, pantashoe et gants, en utilisant des matières stretch dans des couleurs vives.

A noter que le créateur a expérimenté aussi les stretch cette saison dans une série de tailleurs originaux embrassant les courbes du corps. Dans le même ordre d’esprit, il imagine pour l'homme des bodys seconde peau colorés ultra-moulants, le couvrant… et le révélant de la tête aux pieds.

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