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13 mars 2013
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L'Autorité de la Concurrence s'inquiète du rachat de Monoprix par Casino

Publié le
13 mars 2013

AFP - L'Autorité de la concurrence a émis ce mercredi des "doutes sérieux" sur le rachat de Monoprix par Casino, s'inquiétant que l'opération conduise à renforcer excessivement la position déjà solide du distributeur stéphanois à Paris.

Au terme d'une première analyse, les Sages de la rue de l'Echelle vont engager un "examen approfondi" de l'opération. Objectif: consulter l'ensemble des acteurs concernés sur la question de la "pression concurrentielle" que pourrait entraîner le contrôle intégral de Casino sur Monoprix.

Un Monoprix à Paris (photo Miguel Medina/AFP)

Théoriquement possible, une interdiction de l'opération apparaît peu probable: l'Autorité n'en a jamais prononcé depuis qu'elle a été chargée en 2009 du contrôle des concentrations. En revanche, cela pourrait contraindre Casino à céder un certain nombre des magasins qu'il détient dans la capitale.

Le groupe de Jean-Charles Naouri est en train de finaliser le rachat pour 1,2 milliard d'euros des 50% de Monoprix que détenaient les Galeries Lafayette. La transaction, annoncée en 2012, doit être achevée d'ici octobre. A son issue, Casino détiendra la totalité de l'enseigne de centre-ville, qui exploite plus de 400 points de vente en France, sous les enseignes Monoprix, Inno, Monop', Dailymonop, Monop'station, BeautyMonop et Naturalia.

L'Autorité avait déjà jugé début 2012, avant le début de la prise de contrôle, que Casino possédait un nombre de magasins très important dans Paris pouvant porter atteinte à la concurrence. Mercredi, elle a estimé que ce rachat "soulevait des doutes sérieux d'atteintes à la concurrence et nécessitait l'ouverture d'une phase d'examen approfondie".

Il "risque d'entraîner un renforcement significatif de la position concurrentielle" de Casino dans plusieurs zones de chalandise à Paris, compte tenu de la présence dans ces zones, aux côtés de magasins Monoprix, de plusieurs magasins aux enseignes du groupe Casino (Casino, Franprix, Leader Price), estime l'Autorité. Casino a déclaré avoir "pris bonne note de la décision attendue" de l'Autorité.

L'examen approfondi portera notamment sur la "question de la pression concurrentielle exercée sur les supermarchés de Paris par les autres formes de commerce alimentaire ainsi que par les hypermarchés de la proche banlieue", selon le gendarme de la concurrence. Celui-ci réfléchira par ailleurs à l'éventualité de "remèdes qu'il conviendrait d'apporter à d'éventuelles atteintes à la concurrence".

Le groupe Casino aura l'occasion de défendre sa position devant l'Autorité et éventuellement de lui faire des propositions devant permettre l'acceptation de sa prise de contrôle de Monoprix.
Légalement, l'ensemble de cette procédure doit s'effectuer dans un "délai de 65 jours ouvrés" à compter de la date d'ouverture de cette deuxième phase, mais ce délai peut être "allongé si nécessaire, par exemple pour mener à bien la finalisation d'engagements ou pour tenir compte de la survenance d'un fait nouveau", a précisé l'Autorité. Casino s'attend pour sa part à une décision "dans le courant de l'été".

En janvier 2012, alors que Casino ne détenait que 50% de Monoprix, l'Autorité avait constaté que le groupe de Jean-Charles Naouri, qui a depuis longtemps placé les formats de proximité au coeur de sa stratégie, possédait une part de marché en surfaces dans la capitale supérieure à 61,7%, soit trois fois plus que son principal concurrent, Carrefour.

Sans parler d'abus de position dominante, elle avait alors estimé que cela constituait un "obstacle à la concurrence" et nuisait au pouvoir d'achat.

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