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L'enseigne André placée en redressement judiciaire

Publié le
1 avr. 2020
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En difficulté depuis plusieurs années et mise à l'arrêt par la crise du coronavirus, l'historique chaîne française de chaussures André vient d'être placée en redressement judiciaire. Le bilan a été déposé le 23 mars par son propriétaire depuis deux ans, l'e-commerçant Spartoo, tandis que le tribunal de commerce de Grenoble a acté l'ouverture de la procédure le 31 mars.


André est un chausseur historique des centre-villes français. - André


"Bâtir un groupe qui s'appuyait à parts égales entre web et commerce physique est un projet industriel auquel je croyais beaucoup et auquel je crois toujours. Je savais que la reprise d'André allait être difficile, mais on ne pouvait pas prévoir les crises sociales ("Gilets Jaunes", grèves) et la crise sanitaire en cours", expose à FashionNetwork.com Boris Saragaglia, le PDG de Spartoo, qui ajoute avoir investi 13 millions d'euros pour redresser l'enseigne depuis son acquisition. "Aujourd'hui, perdre 250 000 euros par jour depuis la fermeture des magasins, c'est intenable. Nous avons sollicité BPIFrance la semaine dernière pour nous aider, pour un prêt à hauteur de 12 millions d'euros, mais avons essuyé un refus. Je me battrai pour un plan B, afin d'éviter la liquidation". Un plan qui s'appuiera sans doute sur une réduction drastique du parc de l'enseigne.

Née en 1896 dans l'Est de la France et ayant donné son nom au groupe homonyme (devenu Vivarte en 2001), la chaîne a compté jusqu'à 500 boutiques à son apogée dans les années 80. Elle dispose aujourd'hui d'un réseau d'environ 150 points de vente dans l'Hexagone (dont 110 succursales) et emploie près de 600 personnes, qui ont été prévenues ce mercredi du sort de leur entreprise par une communication écrite.

Le rachat opéré par Spartoo en 2018 s'inscrivait donc dans une logique de convergence d'acteurs retail et web, également matérialisée par le rapprochement des Galeries Lafayette avec La Redoute, alors que le groupe Vivarte souhaitait lui se délester d'un actif déficitaire.

André, qui a dégagé un chiffre d'affaires annuel d'environ 100 millions d'euros en 2019, a enregistré dans le même temps 10 millions d'euros de pertes. Mais l'entreprise revendique un second semestre positif et un début d'année 2020 encourageant, malgré la grève.

Cette mauvaise passe pour André s'inscrit dans une dynamique négative connue par les acteurs du soulier dans l'Hexagone, à fortiori en centre-ville. Exemples ? Le groupe Eram a fermé 96 de ses points de vente Heyraud et Texto l'an dernier, le label Heschung a lui récemment été placé en redressement judiciaire, alors que les chaussures Nöel ont été liquidées fin 2019.

L'institut Kantar a mesuré que le marché français de la chaussure de ville a régressé de 19 % en cinq ans au rayon femme, avec une chute monumentale de la catégorie escarpin/ballerine/botte qui a divisé ses ventes par deux sur la période. Il faut aussi ajouter que les habitudes d'achat ont évolué : "En dix ans, les chaînes de périphérie ont renforcé leur leadership sur ce marché (passant de 24,9 à 28,6 % de parts de marché), au détriment des chaînes de centre-ville (de 23,7 à 20,5 %) et indépendants (de 20,1 à 13,7 %), précise l'Institut.

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