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16 nov. 2005
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L'Ethique s'invite au sommet du luxe mais ne fait pas l'unanimité

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AFP
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16 nov. 2005

PARIS, 16 nov 2005 (AFP) - L'éthique s'est invitée au 5e Sommet du luxe et de la création, qui s'est tenue au Sénat à Paris, mais n'a pas fait l'unanimité des participants malgré la volonté des organisateurs d'en faire "un véritable défi" pour l'industrie du luxe.

Des scientifiques, des dirigeants de maisons de luxe comme Carlos Rosillo, PDG de Bell & Ross (montres), des maîtres-artisans, étaient invités à s'exprimer devant un public de professionnels de la mode, du luxe et du marketing sur le thème, désormais en vogue, de "l'éthique".

De la conception claire mais abstraite de Pierre Tabatoni, économiste et membre de l'Institut des Sciences morales et politiques, pour lequel "l'éthique c'est la mise en pratique d'une morale", à celle du chocolatier artisanal belge Pierre Marcolini pour lequel "c'est d'abord faire partager un monde émotionnel, sans plan de carrière", les points de vue sont apparus multiples et contrastés.

L'industrie du luxe "a deux nouveaux composants : le bien-être, préoccupation individuelle, et l'éthique, préoccupation collective", a affirmé le président et fondateur du sommet du Luxe, Jacques Carles.

"Le luxe est une dynamique qui se nourrit des différents courants culturels, des innovations technologiques issues de la recherche" et d'un facteur désormais fondamental "le bien-être éthique", a-t-il jugé.

"Dans le luxe il y a la notion d'excellence et une entreprise de luxe se doit d'être à la pointe et anticiper toutes les réflexions actuelles sur le développement durable et intégrer ces contraintes", a renchéri Thierry Kazazian, directeur et fondateur de 02, une agence de conseil en développement durable des entreprises.

"Par exemple, les matières premières sont limitées.Les grandes sociétés de luxe ont un rôle à jouer sur la protection de la biodiversité, notamment les parfumeurs", a-t-il estimé.

Pari relevé par Givaudan, la plus ancienne parfumerie française fondée en 1820 à Grasse, dont un des parfumeurs se consacre uniquement à parcourir le monde pour identifier les espèces en voie de disparition afin de reproduire les fragrances en laboratoire, a indiqué Frédéric Rivoire, vice-président Europe de la société.

Pour les maîtres-artisans comme l'écailliste Christian Bonnet, dernier du genre en france à réaliser à la main des lunettes en écaille de tortue de mer, ou le bottier Raymond Massaro, l'éthique c'est très concrètement le maintien de la tradition et de savoir-faire transmis par plusieurs générations.

"L'éthique est devenu un mot gadget.Je préfère utiliser celui de sincérité du produit.Une des menaces qui pèse sur le luxe c'est celui de la masse.L'effet de la mondialisation c'est l'arrivée de nouveaux marchés qui ne recherchent avec le luxe qu'un effet d'image" au détriment des savoir faire, analyse quant à lui Frédéric Winckler, de l'agence de publicité internationale J.Walter Thompson.

Par Béatrice BRETONNIERE

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