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L'industrie du surf milite pour une réouverture des plages

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6 mai 2020

"Il y a une vraie incompréhension" : de plus en plus de voix s'élèvent pour réclamer une réouverture "encadrée et raisonnée" du littoral atlantique dès le 11 mai pour des activités sportives, option pour le moment écartée par le gouvernement.


Un couple devant des pancartes épinglées sur une clôture bloquant l'accès à la plage de Saint-Malo, le 04 mars 2020 - AFP


"On demande la réouverture de manière raisonnée et encadrée des plages à partir du 11 mai pour des activités physiques et sportives", explique à l'AFP Liliana Tanguy, députée LREM du Finistère, à l'origine d'un courrier signé d'une soixantaine de députés et adressé à Edouard Philippe, qui a exclu d'ouvrir l'accès aux plages avant au moins le 1er juin. "Le Premier ministre pense que c'est prématuré, mais nous on considère qu'il faut profiter de la période de mai et juin pour expérimenter le concept de plage dynamique" avant la pleine saison, fait-elle valoir.

Il s'agirait de pouvoir pratiquer une activité physique sur la plage et en mer -marcher, courir, faire du surf ou tout simplement nager- en respectant les consignes sanitaires. Sur les réseaux sociaux, pétitions et messages des adeptes de l'océan se multiplient. L'une d'elles, lancée par des surfeurs, avait recueilli mardi plus de 87 000 signatures. Le long de l'Atlantique, les clubs sportifs assurent être prêts à une telle reprise. "L'accès aux plages, comme celui d'autres espaces naturels, de façon responsable et organisée à compter du 11 mai est un élément essentiel contribuant à notre reconstruction collective", plaide Tom Daune, délégué général de l'association Les Glénans, première école de voile d'Europe avec 16 000 stagiaires par an.

La fédération de surf et l'Eurosima, le cluster regroupant les entreprises de l'industrie de la glisse basé à Hossegor, avaient aussi alerté le gouvernement et militent pour une "plage dynamique".  Ils défendent la possibilité de pratiquer une activité sportive dans l'eau avec la possibilité de respecter les consignes sanitaires. Ils précisent aussi que de la pratique, dépend aussi l'activité d'un certain nombre d'entreprises de la côte Atlantique. "Derrière les pratiquants, représentés par nos fédérations, se sont créés des milliers d'emplois : fabricants de matériel, accessoires et textile, territoires touristiques avec leurs commerces et hébergements, guides, moniteurs et employés des clubs associatifs et des écoles privées, organisateurs d'évènements qui tissent un véritable tissu économique".

Patron de la Tengo Frio Surf School, Geoffroy Henno évoque lui "un certain ras le bol" des surfeurs. "C'est quand même ironique, dit-il à l'AFP. On va rouvrir la rue Sainte-Catherine à Bordeaux (considérée comme la plus longue artère commerciale piétonne d'Europe, ndlr) et on pense que la distanciation sociale va pouvoir y être respectée mais pas sur nos plages..."

"Il y a une vraie incompréhension. D'autant que la plupart des gens demandait une réouverture comme en Australie : on ne pose pas sa serviette sur la plage mais on peut aller pratiquer son activité ou marcher", note Sandrine Kouroch, une habitante de Saint-Malo, adepte de surf et d'aviron, rencontrée devant l'une des plages fermées de la cité corsaire. Elle, comme tous les passionnés de glisse, devra certainement patienter encore quelques semaines avant de pouvoir de nouveau profiter de la houle.

Avec AFP

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