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L'industrie textile française dénonce les "tricheries" chinoises

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28 nov. 2005

MARSEILLE, 28 nov 2005 (AFP) - Guillaume Sarkozy, président de l'Union des industries textiles (UIT), a déclaré lundi que les acteurs occidentaux du secteur ne savaient pas "que les Chinois tricheraient à ce point-là" lors de leur entrée dans la compétition mondiale.


Guillaume Sarkozy - Photo : Philippe Huguen

"On ne savait pas que les Chinois tricheraient à ce point-là", s'est exclamé M. Sarkozy, lors d'un colloque intitulé "330 jours après la fin des quotas" sur les produits textiles chinois, dans le cadre des 2e Rencontres de la Cité euroméditerranéenne de la Mode à Marseille.

"Nous avons en face des partenaires chinois aux pratiques déloyales, qui n'hésitent pas à copier" les créations et dont le "financement des investissements" est sujet à caution, a fustigé le dirigeant patronal, dont l'entreprise textile installée dans la Somme a été placée en redressement judiciaire fin septembre.

L'année 2005 est "absolument catastrophique": les baisses de production atteignent "30% dans la filature et 20% dans le tissage" et le secteur textile et habillement qui compte actuellement 160.000 emplois doit s'attendre à en perdre "environ 50.000 dans les 5 à 6 ans", a-t-il ajouté.

La concurrence chinoise a aussi touché de plein fouet les pays du pourtour méditerranéen où le textile "tient parfois la première place dans les exportations industrielles" et représente 4 millions d'emplois, a souligné Karim Laraki, économiste en développement durable à Rabat.

Entre janvier et septembre 2005, "les exportations marocaines ont baissé de 10 à 15%", a avancé M. Laraki, mettant en avant le lancement de plans triennaux de soutien tant au Maroc qu'en Tunisie pour faire face.

Pour lui toutefois, tous les pays du sud ne sont pas sur un pied d'égalité dans le combat pour une maîtrise des prix notamment en raison du coût de l'énergie: "le kWh coûte 0,045 dollar en Tunisie, 0,07 USD en Turquie et 0,09 USD au Maroc".

L'évolution depuis le début de l'année délivre "un message relativement inquiétant", a estimé Fabrice Hatem, économiste à l'Agence française pour les investissements internationaux.

"L'embryon de complémentarité industrielle qui s'était ébauchée entre l'Europe occidentale et les pays de la zone MEDA par le biais des investissements connaît un ralentissement de croissance", a relevé M. Hatem.

La zone MEDA, programme de partenariat euro-méditerranéen, englobe l'Algérie, l'Autorité palestinienne, Chypre, l'Egypte, Israël, la Jordanie, le Liban, Malte, le Maroc, la Syrie, la Tunisie et la Turquie. 90% de ses exportations textiles partent pour l'Union européenne, où elles ne représentent que le quart des importations.

Ainsi, le secteur du textile-confection absorbait "10% des investissements étrangers en 2003, 6,4% en 2004 et 2,2% en 2005: cette raréfaction des investissements touche particulièrement le Maroc et la Tunisie mais épargne la Turquie", a-t-il détaillé.

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