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6 déc. 2005
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L'industrie textile se porte mal en Afrique de l'ouest

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AFP
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6 déc. 2005

NIAMEY, 6 déc (AFP) - L'industrie textile, fortement marquée en Afrique de l'ouest par des activités artisanales comme le tissage, se porte mal dans plusieurs pays de la région en premier lieu à cause de la crise du coton, selon divers acteurs du secteur.


Ouvrier de l'industrie textile de Tristar à Kampala en Uganda
Photo : Marco Longari

Un colloque ayant pour thème "Mode et matière: les créateurs africains et la filière textile" a regroupé la semaine dernière à Niamey des stylistes et acteurs de la filière dans le cadre du 5e Festival international de la mode africaine (Fima).

"L'industrie textile traverse des moments extrêmement difficiles, non seulement pour les pays déjà développés mais plus encore pour nous autres," relève le Sénégalais Ahmed Sadji, membre de la Coopérative de soutien et d'action aux artisans et micro-entrepreneurs du Sud (Cosame) et impliqué dans un projet "Prêt-à-porter Mode Afrique" visant la structuration du secteur en Afrique de l'ouest.

Selon une étude publiée en novembre 2002 sur la transformation du coton au sein de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA, 8 pays), le coton-textile représentait en 2002 un des premiers secteurs à l'exportation dans la zone.

Il constituait 75% des recettes d'exportation du Bénin, 60% du Burkina Faso et 50% du Mali, d'après cette étude commandée par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et le Centre pour le développement de l'entreprise (CDE).

"Nous sommes les meilleurs producteurs de coton au monde. Malheureusement, nous n'arrivons pas à transformer ce coton-là (...) en quantité suffisante pour pouvoir travailler comme nous le voulons", relève le styliste burkinabè Pathé Ouédraogo, dit Pathé'O., établi en Côte d'Ivoire depuis près de 30 ans et qui a participé au colloque de Niamey.

Pour que le coton devienne boubou, pagne ou chemise, il doit passer par les différentes étapes de la filière textile, de l'égrenage à la confection en passant par la filature, la teinture du fil et du tissu, le tissage, la bonneterie et l'impression.

Or, les rares unités industrielles encore en activité dans les grands pays cotonculteurs maîtrisent peu les facteurs-clés de la filière et sont en proie à une productivité insuffisante alors que, dans le même temps, le marché du coton est de plus en plus orienté à la baisse.

Conséquences: la création en Afrique est aujourd'hui confrontée à "une restriction de moyens et de sources" de production, mais également de mentalités. "Les gens ne sont pas forcément ouverts à la fantaisie," constate le Malien Lamine Kouyaté, basé à Paris et plus connu sous le nom de sa griffe, Xuly Bët.

Pour Pathé'O., les créateurs africains sont cependant "obligés" de travailler, améliorer et valoriser le coton. "On a une matière que nous connaissons bien, que nous pouvons améliorer, valoriser (...). Notre objectif est de faire travailler les artisans et travailler cette matière, l'améliorer et pouvoir la produire en quantité raisonnable et en qualité acceptable. C'est une obligation, parce que le marché africain n'est pas occupé".

Pour M. Sadji, le salut de l'industrie textile pourrait venir du programme américain Agoa (African Growth Opportunity Act), permettant à plusieurs pays africains d'accéder librement au marché américain avec des produits textiles et vêtements.

Par Coumba SYLLA

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