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Publié le
7 déc. 2016
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L'itinéraire d'un soulier de luxe de chez Chanel

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AFP
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7 déc. 2016

Avant de fouler les tapis du Ritz mardi, les derbies à talons du défilé Chanel ont connu tranchet et fer à lisse, entre les mains expertes des artisans de Massaro, bottier sur mesure qui chausse depuis plus d'un siècle clients fortunés, hommes politiques ou stars du show-biz.

Chaussures Chanel - Capture d'écran


Du formier, qui sculpte le bois pour réaliser ce qui servira de base à la chaussure, au bichonneur, en charge des finitions, en passant par le patronnier coupeur, le travail est entièrement réalisé à la main, dans les ateliers de cette maison appartenant à Chanel.

Dans ces locaux installés dans une ancienne manufacture d'allumettes d'Aubervilliers, on manie tranchet, roulette, fer à lisse, mailloche, autant d'outils traditionnels pour des métiers devenus rares.

Fondée en 1894, la société familiale a vu trois générations se succéder, jusqu'au petit-fils Raymond Massaro, avant d'être rachetée par Chanel en 2002. Le bottier est derrière la fameuse sandale bicolore, beige et noire, réalisée en 1957 pour Gabrielle Chanel. Il a chaussé de nombreuses célébrités, de Léon Blum à Elizabeth Taylor, ou plus récemment Lady Gaga.

Les ateliers renferment quelque 4.000 formes de chaussures en bois, dont les plus anciennes remontent à 1930. De diverses dimensions, elles sont sculptées aux mesures exactes des clients, connus ou anonymes, et sont marquées à leur nom.

La demande va de « l'artiste qui a besoin d'être bien sur scène » jusqu'au client doté de « tout petits pieds », explique le directeur général de Massaro, Jean-Etienne Prach. La société, qui emploie 18 personnes, est aussi spécialisée dans les chaussures orthopédiques.

Il faut compter une trentaine d'heures pour une paire de chaussures pour femme, 50 heures pour des chaussures d'homme, car la semelle doit être cousue à la main. Un travail minutieux qui a un prix : à partir de 3.300 euros la paire pour femme, 5.000 pour les hommes. L'atelier, où se côtoient des artisans d'âges divers, forme quatre apprentis. Et les candidats ne manquent pas, selon Jean-Etienne Prach : « On a plus de demandes que de places ».

Le formier Tom Chardin, dont le métier est exercé par « moins d'une dizaine de personnes en France », est arrivé chez Massaro il y a onze ans. Deux fois meilleur ouvrier de France, il constate que ces activités attirent de plus en plus de femmes. « Et de plus en plus de gens font ce métier par passion. Avant c'était plutôt quand on n'était pas bon à l'école... »

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