La Compagnie Vosgienne de la Chaussure en cessation de paiement

Un an et demi à peine après sa cession par le groupe Vivarte à l’Allemand Hanse IndustrieKapital, La Compagnie Vosgienne de la Chaussure (CVC) s'est déclarée en cessation de paiement auprès du Tribunal de commerce de Nancy. C’est mardi 24 juillet lors d’un Comité d'entreprise que la direction a annoncé la nouvelle aux 130 salariés de l’usine de chaussures fondée en 1896, relate L’Est Républicain précisant que l’audience se tiendra le 31 juillet prochain.


L'usine de la Compagnie Vosgienne de la Chaussure (CVC) - DR

Dans un communiqué, la CGT explique que, dès le 26 avril, Marc Eberlé le président de CVC avait informé le Comité d’entreprise qu’il ne garderait pas l’usine et qu’il était en contact avec d’éventuels candidats à la reprise. « Selon les propos de la direction, il n’y a de commandes fermes que jusqu’au 15 septembre », indique le syndicat qui dénonce l’absence d’investissement de la part de Hanse IndustrieKapital soulignant que la CVC enregistre depuis plusieurs mois des pertes de 500 000 euros par mois ; un montant qui représentait environ 50% du chiffre d’affaires.

En mars 2017, Etienne Ménéguz alors directeur général de la CVC, un poste qu’il a quitté neuf mois plus tard pour Clergerie, détaillait pourtant à FashionNetwork.com les ambitions de la holding industrielle allemande. La CVC devait ainsi passer d’un modèle économique mass market pour un client unique, Vivarte, à un positionnement haut de gamme luxe afin de ne pas subir la concurrence asiatique. Un programme dégressif avait été initié avec Vivarte qui devait rester un client majeur de l’usine pendant au moins encore une année, laissant le temps à la CVC de trouver de nouveaux clients. 

Pourtant, dans un premier temps, c'est vers la sneaker que la CVC s'est tournée, une chaussure « plus accessible en termes de savoir-faire », soulignait Jorge-Manuel Cavacas, le directeur industriel de CVC en mai dernier à FashionNetwork.com. Parmi les deux clients sneakers de CVC, Le Coq Sportif qui a confié son nouveau modèle La  Blazon à l’usine de de Champigneulles, en Meurthe-et-Moselle. Il y a deux mois 3 000 paires étaient ainsi sorties de lignes de production, Le Coq Sportif tablant en cas de succès sur 10 000 unités. Un chiffre important pour la marque de sport, mais certainement encore trop faible pour rendre l’activité de la CVC pérenne.

Autre axe de développement évoqué par Hanse IndustrieKapital lors de la reprise, l’acquisition d’une nouvelle marque ou d’une licence. En septembre 2017, la Compagnie Vosgienne de la Chaussure s’était ainsi positionnée pour la reprise de JB Martin, une proposition qui n’a finalement pas aboutie.

Reprise de l’usine ? Fermeture totale ? Le sort des salariés de la CVC reste donc aujourd’hui en suspens en attendant la prochaine étape, le 31 juillet, date de l'audience au cours de laquelle le Tribunal de commerce de Nancy devrait vraisemblablement la placer en redressement judiciaire pour ouvrir la porte à d'éventuels repreneurs.
 

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