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19 févr. 2014
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La chasse aux copieurs au premier salon mondial de tissus

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AFP
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19 févr. 2014

VILLEPINTE, 19 fév 2014 (AFP) - Pour H&M comme pour Chanel, le salon Première vision est un incontournable. Et pour cause: c'est le plus important dans le monde pour les tissus. Mais ce rendez-vous qui se tient jusqu'à jeudi près de Paris attire aussi des copieurs, contre lesquels les organisateurs tentent de se prémunir.

Une femme examine des tissus lors du salon du tissu de Villepinte - Photo AFP

Pas de photo, pas de film et... pas de ciseaux! Ces interdictions ont beau être mentionnées un peu partout sur le salon, il en faut plus pour arrêter les professionnels de la contrefaçon.

Avant même l'ouverture du salon, mardi matin, une femme a été repérée en train de prendre des photos de tissus. Elle en avait une vingtaine sur son smartphone, selon un vigile. Même s'il est difficile de prouver qu'elle voulait les utiliser, elle a dû les effacer. Une photo est si vite envoyée chez un façonnier au bout du monde.

Des visiteurs examinent des pièces de tissu - Photo AFP

Eve Corrigan, à la tête du créateur de tissus Malhia Kent, a elle subi des vols d'échantillons lors d'une précédente édition. "L'année dernière, quelqu'un découpait des tissus, ciseaux à la main", raconte-t-elle à l'AFP. D'autres coupent les fils qui dépassent. Sans parler des photos: "c'est tellement facile à prendre et il existe maintenant des stylos, des lunettes, des boutons qui font appareil photo".

"Oui, il y a de l'espionnage industriel", déplore Pascaline Wilhelm, directrice mode de Première vision. Les copieurs viennent "du monde entier", car ce salon propose le meilleur de l'offre textile. Il a attiré environ 60.000 visiteurs lors de sa précédente édition en septembre. Parmi eux, les créateurs, qui viennent repérer les dernières innovations et acheter les tissus qu'ils utiliseront dans leurs prochaines collections. Les contrefacteurs sont dans le temple de la création.

- Des anges gardiens sur le salon -

Des visiteurs examinent des pièces de tissu - Photo AFP

Une fois que le copieur professionnel a compris comment était fait le tissu, "il lui faut le bon façonnier, du talent et sa mauvaise copie peut faire un carton", explique Pascaline Wilhelm. Or, les fabricants, "des amoureux des matières", consacrent beaucoup d'argent et de temps à la recherche pour trouver des tissus innovants. "Dans certaines entreprises, 10 à 15 personnes peuvent travailler sur cette recherche", souligne-t-elle.

Des "anges gardiens" et des agents en civil sillonnent donc le salon, afin de repérer ceux qui prennent des photos, ceux qui regardent de trop près les tissus. "Nous surveillons toutes les anomalies", explique l'un d'eux à l'AFP. Il peut demander à une personne de supprimer les photos, voire même de rendre son badge.

Pour la confidentialité, les stands sont séparés par de hautes parois. Il faut montrer patte blanche pour entrer dans certains d'entre eux. Des fabricants de tissus ne rencontrent les acheteurs que sur rendez-vous et les sélectionnent de près. "Tous les tissus sont brûlés après chaque édition", ajoute Pascaline Wilhelm.

Autre mesure pour aider ses exposants contre la contrefaçon: un espace sur le salon réservé à des avocats (français, italien, britannique) spécialistes en droit de la propriété intellectuelle. "Il s'agit d'intervenir dès que l'exposant constate la contrefaçon", explique Me Corinne Champagner Katz, qui ne manque pas d'histoires de faussaires.

Un fabriquant de dentelle français "très haut de gamme" avait découvert la copie d'un de ses dessins chez un concurrent asiatique, ce qui avait abouti à une saisie de l'échantillon, puis à une plainte devant la gendarmerie. L'enquête avait montré que ce contrefacteur avait une fausse adresse dans le nord de la France, où se trouvent les fabricants de dentelle, et faisait croire qu'il réalisait du Made in France.

"Pour les fabricants, cela signifie une perte de marché, et donc des licenciements. Il ne faut pas laisser la copie prospérer", martèle l'avocate, qui voudrait que la justice soit plus répressive.Par Caroline TAIX

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