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La Confédération des Commerçants de France sonne la charge contre Amazon

Publié le
24 juin 2020
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3 minutes
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Un mois après avoir lancé une pétition contre de futures implantations d'Amazon en France, le président de la Confédération des Commerçants indépendants de France, Francis Palombi, a lancé le 22 juin un appel au gouvernement. Épaulé par un certain nombre d'élus et chefs d'entreprises, le représentant réclame un moratoire sur les projets d'entrepôts e-commerce. Démarche qui intervient à l'heure où l'e-commerçant américain rencontre une opposition face à son projet de centre logistique gardois à Fournès.


Shutterstock



Un bras de fer qui s'incarne via la proximité relative du Pont du Gard, où des banderoles anti-Amazon se sont périodiquement installées alors que l'entrepôt de 39 000 mètres carrés, "plus haut que les arènes de Nîmes" inquiète les riverains bien qu'il devrait générer localement entre 150 et 200 emplois. Une opposition qui n'est pas sans rappeler celle rencontrée cet hiver par le nouvel entrepôt construit à Senlis, dans l'Oise.

"Cette multinationale ne respecte pas les règles, ne paye pas les mêmes impôts que les commerçants, et veut encore aggraver son emprise sur la France avec au moins 8 projets de nouveaux entrepôts en cours d’autorisation ou de construction" s'alarme Francis Palombi, dans cette pétition qui tutoie les 75 000 signatures. "Amazon n’est d’ailleurs pas la seule plateforme dans ce cas, deux projets Alibaba sont également imminents et dangereux."

Pour la Confédération des Commerçants de France, Amazon va détruire au moins 15 000 emplois, dans un secteur du commerce cumulant plus de 600 000 structures dont 90 % de très petites entreprises. Un secteur qui générerait, selon la pétition, 20 % du PIB, 1,2 million d'emplois, et 3 millions d'actifs. Mise en ligne sur Change.org, la pétition met par ailleurs en opposition les géants du web et la revitalisation voulue des centres-villes, ou encore l'urgence écologique. Sans oublier les règles fiscales spécifiques aux entrepôts.

Fédérations de commerçants et promoteurs d'immobilier commercial, par ailleurs opposés sur de nombreux sujets, se retrouvent en effet de longue date sur ce point : l'application de la Tascom (taxe sur l'activité commerciale) aux entreprises de commerce en ligne, qui y échappent pour l'instant. Ce à quoi la fédération de la vente en ligne (Fevad) souligne en réponse la plus difficile rentabilité de la vente en ligne, où le taux de transformation est bien moindre, et qui amènerait cette mesure à fragiliser en premier lieu les plus petits acteurs. Un point crucial à l'heure où le confinement a montré le déficit d'omnicanalité des petits commerçants, que les fédérations incitent de longue date à s'étendre au web.


Visuel de la pétition lancée par la Confédérations des Commerçants de France - Change.org


Francis Palombi est une figure aussi connue que diversement appréciée parmi les représentants du commerce tricolore. Beaucoup gardent en effet toujours en travers de la gorge son appel à avancer les soldes d'hiver 2019 au 2 ou 3 janvier, pour tenter de contrebalancer l'impact de la mobilisation des Gilets Jaunes sur les ventes. Celui qui défend aujourd'hui les petits commerçants contre Amazon se retrouvait en effet en contradiction totale avec les besoins des commerces indépendants de l'habillement.

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