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15 oct. 2004
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La consommation textile-habillement résiste

Publié le
15 oct. 2004

La croissance française devrait avoisiner cette année les 2,5 %, soit le taux de progression le plus élevé depuis l'année 2000. Outre l'investissement des entreprises, le principal moteur de la croissance reste la consommation des ménages (+ 2,4 % prévu en 2004, contre + 1,7 % en 2003). Qu'en est-il de la consommation d'articles d'habillement et textiles? Parmi l'ensemble des postes de consommation, les dépenses d'électronique grand public sont les plus soutenues (de l'ordre de + 6 % en valeur pour les huit premiers mois de 2004, par rapport 2003). Les ventes de textile-habillement affichent une progression plus modeste (+ 1,5 % en valeur sur la période janvier août) mais montrent une bonne résistance des budgets, dans une période de forte pression sur les prix et à quelques mois du démantèlement total des quotas à l'importation. Les résultats du mois de septembre ne devraient pas, selon toute vraisemblance, inverser cette tendance : après un début de mois en demi teinte, la consommation a en effet connu par la suite une bonne animation, qui semble même s'être prolongée sur le mois d'octobre. Alors que les prix de l'immobilier et de l'énergie flambent, le textile n'a en conséquence pas été sacrifié, contrairement à ce que l'on pouvait craindre. Observons en premier lieu que la hausse de l'immobilier impute sensiblement les budgets de consommation des locataires et des premiers accédants mais crée au contraire un " effet de richesse " chez les autres. Parallèlement, la plupart des marchés d'équipement et de décoration du foyer semblent profiter cette année du regain d'intérêt des consommateurs pour leur habitat : les textiles de maison enregistrent notamment une reprise après trois années particulièrement déprimées. Les français semblent en revanche " se serrer la ceinture " pour ce qui concerne leur consommation alimentaire, en privilégiant les hard- discounters et les marques premier prix au détriment des marques fabricants. En habillement, ce sont les rayons de l'enfant et du vêtement masculin qui ont été les plus animés depuis le début de l'année, notamment sous l'impulsion des 11-25 ans pour qui le " look " est devenu un facteur crucial de bien être et parce que le retour vers une mode citadine plus construite a permis de contenir la baisse des prix. Plus expertes et matures dans leur consommation, les femmes semblent suivre une autre voie en renforçant " l'effet de sablier " induit par l'achat de quelques vêtements et accessoires haut de gamme combiné à une rotation accélérée d'articles mode à petits prix. C'est en effet sur le marché féminin que la déflation apparaît la plus forte, mais elle n'a eu qu'un impact limité sur les budgets en raison d'une croissance significative des quantités. Chez nos principaux voisins européens, c'est aussi le diagnostic d'une bonne résistance des marchés de la mode qui semble s'imposer à l'exception notable de l'Allemagne - où la consommation textile-habillement affiche toujours en repli sur les huit premiers mois de l'année malgré un certain redressement depuis l'été. En Italie, la conjoncture est comparable à celle de la France, avec une progression de la consommation en valeur de 1,5 % au cours du premier semestre. Mais c'est au Royaume-Uni et en Espagne que le marché textilehabillement reste le plus dynamique, avec une progression du chiffre d'affaires des distributeurs avoisinant 4,5 % dans la première partie de l'année. Il reste que la relative tenue dont semble faire preuve la consommation textilehabillement européenne malgré la tendance baissière des prix demeure fragile à court terme, et pourrait notamment souffrir de l'alourdissement de la facture énergétique qui sera payée par les ménages dans l'hiver à venir.

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