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3 mars 2014
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La crise ukrainienne met le secteur européen du luxe sous pression

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Reuters
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3 mars 2014

PARIS (Reuters) - Les grandes griffes de luxe comme Louis Vuitton (groupe LVMH, Gucci (Kering) ou Cartier (Richemont) seraient lourdement impactées par d'éventuelles mesures de rétorsion de la part des Occidentaux à l'encontre de la Russie face à la crise ukrainienne.

Campagne Louis Vuitton Printemps-Eté 2014


L'Ukraine a mobilisé ses réservistes dimanche et Washington a menacé d'isoler économiquement la Russie, au lendemain d'un vote du parlement russe donnant au président Vladimir Poutine le feu vert pour envoyer des forces armées sur le territoire de l'ancienne république soviétique.

Les sept pays les plus industrialisés (G7) ont quant à eux annulé les préparatifs du sommet du G8, qui inclut la Russie, et qui devait avoir lieu en juin à Sotchi.

Le luxe serait surtout touché via les dépenses effectuées hors de leur territoire par les Russes, qui représentent la deuxième clientèle touristique du luxe derrière les Chinois, selon le spécialiste de la détaxe Global Blue.

"Milan, Paris et Rome sont les principales destinations des acheteurs russes en Europe (...) Si par exemple la délivrance de visas devait être limitée, l'impact serait immédiat sur les produits de luxe mais aussi sur les hôtels et les restaurants", a déclaré à Reuters Arjen Kruger, senior vice-président de Global Blue.

La clientèle russe, qui aime surtout dépenser ses roubles à l'étranger, représente environ 5% à 7% du marché du mondial des produits de luxe (hors hôtels, restaurants et services), selon les estimations d'Exane BNP Paribas.

"Des sanctions, si elles devaient affecter les voyages des touristes russes en Europe, auraient en impact négatif sur les groupes de luxe", souligne son analyste Luca Solca.

Avec un panier moyen de 356 euros par achat effectué mais un nombre de transactions très élevé, les Russes représentaient, en 2013, le quart des transactions détaxées relevées par Global Blue dans le monde (Europe, Asie-Pacifique et Amérique latine).

Le marché local, qui pourrait être impacté par une baisse de la confiance des consommateurs en cas de conflit en Ukraine, reste quant à lui encore relativement limité.

En Russie, les boutiques mono-marques des grands noms du secteur représentent en effet moins de 2% seulement de l'ensemble de leur réseau mondial de magasins, selon Luca Solca.

Louis Vuitton en compte quatre, sur un total de 470, Hermès deux (sur 305) et Gucci 5 (sur 408).

La croissance des dépenses des touristes russes a déjà nettement ralenti le pas en 2013, avec une hausse de 13%, nettement inférieure aux 30% enregistrés en 2012, en raison de la forte baisse du rouble face à l'euro et du ralentissement économique du pays.

Au cours des deux premiers mois de 2014, le niveau de leurs dépenses était inchangé par rapport à la même période de 2013.

En Bourse, les valeurs du luxe étaient en repli lundi à 15h15, comme l'ensemble du marché. LVMH cédait 2,3%, Kering 1,3% et Richemont 2%, alors que le CAC reculait de 2,3% et que l'indice SMI de Zurich cédait 1,93%.

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