La distribution britannique sous pression

La prudence des consommateurs et les coûts toujours plus élevés contribuent à conduire davantage de distributeurs britanniques à la faillite, selon un rapport de l’agence de conseil et de comptabilité Moore Stephens.


De plus en plus de distributeurs britanniques risquent d’être placés sous contrôle judiciaire - DR

Selon ce rapport, 19 % des distributeurs d’habillement britanniques « présentent actuellement des signes annonciateurs d’un risque d’insolvabilité future », selon une analyse portant sur plus de 35 000 entreprises.

Parmi ces entreprises, 6 580 montrent « des signes précoces de détresse financière, parmi lesquels une importante baisse des revenus et un historique de paiements peu satisfaisant ».

Selon les analystes, cette situation difficile serait due à la baisse des dépenses des consommateurs dans l’habillement et à la hausse des charges salariales. Ces facteurs auraient « accru la pression (que) les distributeurs d’habillement subissent depuis la montée en puissance du e-commerce ».

Les dépenses des consommateurs dans leur ensemble sont tombées au plus bas niveau depuis cinq ans en 2017 et l’impact sur les distributeurs physiques a été dramatique, étant donné que les dépenses en ligne représentaient un pourcentage des achats totaux plus important que jamais.

Les coûts de gestion en hausse (et les dépenses supplémentaires dues à la chute de la livre) ont aussi amené certains distributeurs à augmenter leurs prix ou à sacrifier leurs marges pour ne pas avoir à le faire, selon Moore Stephens. Un fardeau supplémentaire à porter après l’introduction du « National Living Wage », qui a accru les charges salariales. Les distributeurs en ligne, quant à eux, sont en grande partie passés entre les mailles du filet.

De nombreux acteurs clés du marché de l’habillement au Royaume-Uni ont été placés sous tutelle judiciaire l’année dernière. Le plus célèbre et l’un des plus récents est probablement East. Mais d’autres entreprises de grande taille comme New Look, House of Fraser et Debenhams ont aussi donné lieu à des spéculations concernant leur avenir en raison de ventes en berne et de rumeurs de tentatives de convaincre les propriétaires de baisser les montants des loyers.

D’autres distributeurs comme Topshop, Sainsbury’s et ici encore Debenhams ont aussi dû envisager de réduire leurs équipes et ont choisi de se débarrasser des postes de management, qui sont les postes en boutiques les plus coûteux et sont donc ceux qui permettent d’économiser le plus d’argent.

Jeremy Willmont, le directeur du département Restructuration et Insolvabilité chez Moore Stephens, a commenté : « Les distributeurs textiles ont affronté des conditions parmi les plus difficiles depuis la crise l’an dernier. Ils se sont retrouvés au cœur de la tempête générée par des coûts plus importants, des dépenses consommateurs en berne et une concurrence accrue. Ces trois éléments ont causé une pression sur le chiffre d’affaires et ont rendu les marges difficiles à maintenir ».

Le dirigeant précise également que « l’engouement croissant pour les distributeurs exclusifs en ligne, qui ont plus de marge de manœuvre sur leurs coûts de fonctionnement et emploient moins de salariés, signifie que la plupart des distributeurs physiques vont devoir améliorer leurs offres omnicanal pour pouvoir survivre ». « Les entreprises qui sont capables de s’adapter aux tendances et aux goûts en pleine évolution seront à même non seulement d’éviter la faillite, mais de prospérer. »

Traduit par Clémentine Martin

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