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21 févr. 2017
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La Fashion Week de Londres dans l'ombre du Brexit

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AFP
Publié le
21 févr. 2017

L'industrie de la mode britannique a demandé au gouvernement d'éviter une rupture trop brutale avec l'Union européenne, vendredi, en ouverture de la Fashion Week de Londres placée sous l'ombre inquiétante du Brexit.
 

J.W. Anderson, automne-hiver 2017-18  © PixelFormula

« La Fashion Week est une excellente opportunité pour comprendre la puissance et l'influence de notre industrie, ainsi que sa créativité », a souligné Caroline Rush, la directrice du British Fashion Council, l'organisateur des défilés automne-hiver 2017 qui accueillent pendant cinq jours plus de 80 créateurs et marques dont Burberry, J.W. Anderson, Christopher Kane, Roksanda ou encore Mulberry.

« J'espère que vous (les politiques) allez entendre nos interrogations sur les visas, l'arrivée de talents, les droits de douane, les frontières sans heurts et la propriété intellectuelle. Car tout ceci est crucial pour cette merveilleuse industrie qui contribue à l'économie britannique à hauteur de 28 milliards de livres (32,7 milliards d'euros) et qui concerne 880.000 emplois », a-t-elle ajouté.

La plupart des couturiers et stylistes avaient défendu un maintien dans l'Union européenne (UE) lors du référendum du 23 juin 2016, redoutant l'impact d'un Brexit sur les exportations, les coûts et l'arrivée de jeunes talents.

Aujourd'hui, ils sont nombreux à être inquiets, alors que la Première ministre britannique Theresa May doit activer la procédure de divorce avec l'UE dans les semaines qui viennent. D'autant que la cheffe du gouvernement conservateur a d'ores et déjà annoncé que le Royaume-Uni allait quitter le marché unique afin de mieux pouvoir contrôler l'immigration en provenance des autres pays européens.


Cela pose doublement problème à l'industrie de la mode. D'abord parce que le marché unique absorbe environ 70 % des exportations britanniques en textile et habillement et qu'en retour les importations en provenance de pays comme le Bangladesh, le Pakistan, la Birmanie ou la Turquie sont exemptées de droits de douane grâce aux accords négociés par l'UE.
 

Daks, automne/hiver 2017-18  © PixelFormula

Mais aussi parce que le flou continue à régner sur le sort des travailleurs européens résidant déjà au Royaume-Uni ou qui voudraient s'y installer à l'avenir.

« Beaucoup des créations qu'on va voir dans les prochains jours sur les podiums ont été fabriquées à Londres. Et je connais plusieurs ateliers londoniens, dont le personnel vient à plus de 70 % de l'UE », souligne Adam Mansell, le directeur général de l'association britannique de la mode et du textile.

Faire en sorte que ces Européens puissent rester après le Brexit est devenue une priorité pour le secteur. Mais malgré des pétitions et un gros travail de lobbying, le gouvernement s'est pour l'heure refusé de donner la moindre garantie. « Le sentiment qui domine est l'incertitude », déplore auprès de l'AFP Adam Mansell.

Le Brexit mais aussi l'élection du président Donald Trump aux Etats-Unis ont provoqué des « séismes politiques » devant lesquels le monde de la mode ne restera pas silencieux, a assuré Natalie Massenet, qui a fondé la plate-forme en ligne Net-A-Porter et qui préside le British Fashion Council. La mode est un « magnifique exemple de la diversité de la communauté internationale », a-t-elle insisté, tout juste de retour de la Fashion Week de New York.
 

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