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Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
18 sept. 2021
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6 minutes
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La Fashion Week de Londres s’ouvre avec Edward Crutchley, David Koma et Nensi Dojaka

Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
18 sept. 2021

Malgré le nombre restreint de défilés et d’invités pour cette Fashion Week de Londres, la saison s’est ouverte en fanfare ce vendredi, avec trois propositions mémorables et très différentes. Edward Crutchley, David Koma et Nensi Dojaka ont chacun exprimé une mode puissante d’un point de vue politique, sociologique et esthétique, à l’occasion de défilés présentés aux quatre coins de la capitale britannique.

Nous avons rencontrés ces trois créateurs aux visions radicalement différentes, qui présentaient leurs collections à des kilomètres les uns des autres.
 

Edward Crutchley - Printemps-été 2022 - Prêt-à-porter féminin - Londres - © PixelFormula


Edward Crutchley: Rhum, sodomie et Islington



Edward Crutchley a lancé l’après-midi avec une œuvre considérable empreinte d'histoire de la mode, que lui a inspirée la culture gay du Londres du 18ème siècle.

Son programme explicitait cette approche en citant un article du Weekly Journal du 5 octobre 1728: "Dimanche soir dernier, un commissaire de police assisté de ses agents a fouillé la maison de Jonathan Muff, alias Miss Muff, à Black-Lyon Yard, près de l’église de Whitechapel, où ils ont appréhendé neuf Dames de sexe masculin, et notamment le maître des lieux. Ces derniers ont été placés à la prison neuve le soir même, et ont été présentés lundi matin au Juge Jackson, sur Ayliff-street. John Bleak Cawlend a été interné à Newgate, après avoir été inculpé sous serment pour avoir commis l’abominable Péché de Sodomie".

Ce qui se traduisait par du polyester recyclé et du brocart en lurex utilisés dans des corsets, mini-jupes et robes à traîne, vestes de travail à logo monochrome, bodys strassés à la main et boxers en soie à imprimé brocart.

"Vous savez, j’aime apporter une pointe d’extravagance. S’il y a moyen d’intégrer 30 mètres de tissu dans un seul look, je le fais", gloussait le créateur après le défilé, présenté au Collins Music Hall, un drôle de bunker en béton à Islington.

Edward a exalté ce riche mélange avec toutes sortes de breloques et colliers plaqué or, des chaînes d’animal nocturne et des foulards imprimé ocelot. Le tout illuminé par des lasers. L'ensemble menaçait régulièrement de basculer dans le burlesque, mais jamais dans l’anarchie visuelle. Edward Crutchley est peut-être un peu trop branché histoire, mais il est de nature joyeuse, et ses ensembles, quand ils fonctionnent, sont souvent très beaux. Comme un grand nombre des idées présentées ce vendredi.

Interrogé sur son intérêt pour ce procès en particulier, voici la réponse du créateur: "Je crois que nous vivons une période difficile pour les queers. Je le pense sincèrement. Il me semble que le monde n’évolue pas forcément vers plus de bienveillance. Et je crois que nous avons la responsabilité de prendre la parole, de répondre présent, et de montrer quelque chose de beau. La beauté, c’est toujours ce qu’il y a de plus important pour moi".

"Cette époque-là n’était pas forcément plus sombre. Parce que dans les années 1720, le nombre d’endroits pour les queers par rapport à la population était équivalent. Comme s’il y avait eu 200 bars gays à Londres en 1970 ! La culture gay était donc vraiment vivante à cette époque", précise Edward Crutchley, que ses dernières photos sur Instagram montrent en short et tee-shirt noir à l’effigie d’une star de Bollywood, posant dans une tour d’habitation genre Barbican. À des années lumières de son poste principal, en tant que spécialiste du tissu aux côtés de Kim Jones, pour les collections masculines de Dior à Paris.

"Il me semble qu’il y a un basculement général à droite, et je pense que c’est toujours dangereux. La culture gay subit davantage de pressions qu’à n’importe quelle période du siècle dernier", concluait-il.
 

David Koma - Printemps été 2022 - Prêt à porter féminin - Londres - Photo: David Koma


David Koma: des Glamazones dans le grand bain



Ces dernières saisons, on avait l’impression que David Koma faisait du surplace, après son départ de l’illustre maison Thierry Mugler. Paris lui sera toujours acquise, et aujourd’hui c’est Londres qu’il a conquise, grâce à une formidable et tumultueuse démonstration de chic sexy façon natation synchronisée.

Le tout dans une mise en scène spectaculaire au London Aquatics Centre, monumental exemple d’architecture organique en béton, où les mannequins ont défilé devant une demi-douzaine de plongeoirs majestueux: elles marchaient littéralement sur l’eau, puisque le bassin de plongeon avait été recouvert, dans ce centre qui possède également une piscine de 50 mètres – le tout construit pour les JO de Londres.

"L’idée de défiler ici m’est venue dès 2012, au moment des jeux de Londres. Et puis je suis un énorme fan de Zaha Hadid. Et aujourd’hui, les planètes se sont alignées", souriait David Koma, qui s’est inspiré de photos de la pin-up Esther Williams, et des chorégraphies de Busby Berkeley.

Les Glamazones de David étaient vêtues d’ensembles body moulant en lycra, jupe boule et manches en cuir froncé, le tout agrémenté de cristaux. D’autres dévoilaient des kilomètres de jambes savamment bronzées sous des micro robes du soir, des robes de Barbie lacérées ou des tailleurs pantalons à sequins olé olé. Le tout dans une palette accrocheuse, fluo et ultra brillante. Pas un seul sweat à capuche ou legging en vue.

Ajoutez à cela des boas en plume et des châles en marabout, et tout cela donnait un défilé torride en plein paradis aquatique.


Nensi Dojaka - Printemps été 2022 - Prêt-à-porter féminin - Londres - © PixelFormula


Nensi Dojaka: après avoir raflé le Prix LVMH, elle défile à Londres



La semaine dernière, Nensi Dojaka a remporté le prix du jeune talent le plus connu du monde de la mode: le Prix LVMH. Ce vendredi, elle présentait son défilé en plein centre névralgique de la Fashion Week de Londres, et c’était le plus attendu de la journée.

D’origine albanaise, Nensi Dojaka a été une lauréate surprise du trophée parisien, même s’il y en a eu d’autres avant elle. C’est assurément une créatrice de lingerie expérimentée, avec un regard unique. Ses nuisettes et ses brassières sont taillées avec talent, et son sens du détail est pratiquement impeccable. Elle a aussi ajouté quelques pantalons bien coupés, tous très élégants.

Mais à en juger par cette démonstration, son répertoire reste assez limité. La collection aurait aussi grandement bénéficié d’un meilleur stylisme, et d’un choix de lieu plus adapté. Organisé un défilé de lingerie à l’Old Selfridges Hotel, un ancien entrepôt désaffecté avec un sol en béton, était une très mauvaise idée pour des vêtements intimes. On ne pouvait s’empêcher de se demander si Nensi Dojaka a entendu parler des défilés de Victoria’s Secret, Etam ou Rihanna, et si elle en a déjà vu un seul ?

D’autre part, en cette époque d’inclusivité, il n’y avait pas de mannequin grande taille, ni d’ailleurs d’amazone de Sports Illustrated. Et encore une lacune: aucun big boss de LVMH.

Comme le disait un vieux routier de la mode, qui faisait la moue au premier rang: "Si Karl était encore dans le jury, aurait-elle eu le premier prix?"

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