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12 févr. 2022
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La Fashion Week de New York démarre sous le signe de la diversité avec Proenza Schouler et Helmut Lang

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12 févr. 2022

La Fashion Week de New York a démarré officiellement vendredi avec un programme qui avait de quoi satisfaire tout le monde — comme une manière de faire valoir la diversité, principal enjeu de l'événement. 

Des présentations aux shows numériques, en passant par les diffusions en direct et les expositions, sans oublier les bons vieux défilés de mode — même les créateurs qui ont choisi de ne pas présenter de nouvelle collection s'impliquent par le biais de conférences, de tables rondes et de rétrospectives de projets créatifs, à l'instar de Rodarte, qui a exposé ses costumes de scène aux Spring Studios. Parmi les autres temps forts de la journée, citons une présentation de mode masculine réunissant Perry Ellis America, A. Potts, Stan, Teddy Vonranson et William Frederick.
Et parmi les nouveautés de la semaine, citons Proenza Schouler, Jason Wu et Victor Glemaud.

Proenza Schouler



"Ces jours-ci, alors que nous vivons une situation aussi chaotique, il me semble primordial d'en dégager une forme de beauté", estime Lazaro Hernandez de Proenza Schouler, dans les coulisses de son défilé Automne-Hiver 2022.

"Nous avons exploré les formes, la morphologie notamment au niveau des hanches, le truc du sablier. C'était un collage de choses, mais nous avons cherché quelque chose qui paraissait différent, nouveau, et qui ne répondait pas à une référence spécifique", poursuit-il. 


Proenza Schouler, collections Automne-Hiver 2022, New York - Proenza Schouler

 
Peu importe le chaos qui règne dehors, il ne semblait pas avoir atteint le podium du défilé. Les spectateurs ont pu admirer une collection d'une beauté sereine, qui répondait parfaitement à cette recherche autour de la silhouette, en soulignant la taille par le biais d'une corseterie contemporaine créée à partir de pièces en maille.

Les techniques actuelles permettent de tricoter latéralement, plutôt que de haut en bas, pour former des modèles sculpturaux de mailles sans couture. "On peut ainsi créer un volume similaire à la construction d'un volant", précise Lazaro Hernandez.

Le duo de créateurs a par ailleurs assemblé deux panneaux circulaires coupés en biais pour créer une jupe tulipe effet pantalon portée sur un corset en maille. Une idée de coupe qui a refait surface tout au long du défilé, sur des robes-chemises à manches dotées de boutons-pression ou sur une jupe portée avec un haut à paillettes lavande, un choix de couleur inhabituel pour la marque.
 
L'accent mis sur la taille était renforcé par des châles drapés en maille et des corsets zippés. Les doubles mailles extensibles créaient une tension grâce à un effet de boutonnage asymétrique étiré. Lazaro Hernandez raconte qu'avec Jack McCollough, ils cherchaient à créer une forme de sensualité. "Ce que nous voulons, c'est faire de la mode ; nous en avons assez des sweats et des baskets".

Si vous n'aimez pas ça, n'en dégoûtez pas les autres : Proenza Schouler propose tout de même une version ultra chic d'un pantalon de survêtement, et l'associe à une veste de smoking. De même, cette robe à capuche en velours serrée sous une veste — ou même portée seule — dégageait un glamour hollywoodien digne des années 30.

"Nous voulions redonner une allure contemporaine et habillée mais avec des chaussures plates, des mailles et une impression générale de décontraction", complète Jack McCollough. "Nous avons créé des vêtements qui pourront aussi plaire aux femmes de morphologies différentes." Cette volonté se matérialisait également dans le casting du défilé, rempli d'un large éventail de silhouettes féminines.
 
Hernandez insiste sur l'aspect sensuel des vêtements. "Il y a cette obsession du corps de nos jours, montrer son corps sur les réseaux sociaux. Cela nous a fait réfléchir. Quelle serait notre vision sur cette obsession ? En ne montrant pas grand-chose mais en faisant allusion à la hanche, au corps et à la silhouette".

La partie du corps la plus dévoilée était l'épaule, à travers toute une série de silhouettes sans bretelles, particulièrement saisissantes en noir avec un volant blanc. Une sensualité qu'on retrouvait sur les bottes en cuir à bouts moulés qui, selon le duo, ont été inspirées par des amis qui portent de vieux chaussons Repetto marqués des empreintes d'orteils de leur propriétaire.
 
La collection faisait un clin d'œil à cette idée de chaos dans des robes à imprimés animaux ornées de motifs "glitches" qui, dans certains cas, avaient été imprimés autour de la poitrine pour un effet de soutien-gorge trompe-l'oeil.

Le lieu du défilé incarnait à lui seul un rêve pour le duo créatif, qui souhaitait investir l'espace du Brant Foundation Art Study Center, dans l'East Village, depuis des années. Un cadre créatif qui a inspiré la musicienne, productrice, compositrice et chanteuse expérimentale Eartheater. Celle-ci a signé un morceau sur mesure pour le show, interprété par cinq violonistes — il s'agissait de la première oeuvre jouée en direct pendant un défilé de la marque. Les deux créateurs ont demandé à leur amie Ottessa Moshfegh de rédiger un texte sur la collection pour le programme du défilé. L'écrivaine a imaginé un portrait de ces créatures d'une beauté calme, à l'existence sereine. 


Helmut Lang



Avec l'obsession actuelle pour tout ce qui concerne les années 90, Helmut Lang pourrait bien connaître un grand retour. Des images de la marque et de son fondateur figurent sur les moodboards des stylistes depuis déjà plusieurs saisons. Dans son humeur et son énergie, la marque Helmut Lang n'a plus grand-chose à voir avec sa grande époque, mais répond parfaitement à la demande pour des vêtements de bureau taillés pour l'homme et la femme modernes, qui aiment porter des classiques améliorés d'une petite touche contemporaine.
 

Helmut Lang, collection Automne-Hiver 2022, New York - Helmut Lang


Cette saison, le duo de designers qui s'affaire en coulisses pour créer les collections masculine et féminine de la marque américaine a voulu explorer le tailleur tout en gardant à l'esprit le confort auquel tout le monde s'est habitué depuis la pandémie, un thème repris de la collection Printemps-Été 2022.

Pour les pantalons pour hommes et femmes, ils ont imaginé une bande élastique réinterprétant le détail traditionnel de la hausse de ceinture. Ou bien une veste de costume pour femme revisitée en camisole ou traversée de découpes à la taille, assez longue pour être portée en robe pour les plus audacieuses. 

Les classiques tels que les bombers et les trenchs n'ont pas été laissés pour compte : un trench coupé en deux se transforme en veste courte et en jupe portefeuille. Un traitement similaire a été appliqué à un bomber qui se métamorphose en mini-jupe, ou à ce pardessus en laine taillé pour les hommes, avec finitions raffinées au col et aux poignets, tantôt surdimensionné, tantôt raccourci en veste.

Ces pièces plairont aux fans de Sacai qui ne peuvent pas s'offrir les produits de la marque japonaise. Les vestes en peau lainée, particulièrement frappantes en orange foncé ou en patchwork sur un gilet, occupaient également une place importante dans la gamme. Conformément au concept artistique de la marque, la collection a été dévoilée dans une galerie de Soho, avec une mise en scène créée par la scénographe Mila Taylor Young, le tout dans le plus pur respect de l'héritage branché de Lang.

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