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La fausse fourrure se structure

Publié le
today 27 mars 2017
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En 2015, la presse faisait ses gros titres sur l'explosion du marché de la fourrure. Un marché qui représentait alors plus de 40 milliards de dollars (chiffres sur l'année 2014), un volume expliqué en partie par une demande croissante de la Chine et l'arrivée de la fourrure dans le prêt-à-porter masculin.


La marque Fuzz - DR


La donne pourrait être légèrement différente depuis. Interrogée sur les derniers chiffres du marché, la Fédération Internationale du commerce de la fourrure confirme un changement de rythme depuis. L'année 2015 aurait ainsi été marquée par une surproduction de peaux liée à une perte de vitesse du marché chinois comme du marché russe, empêtré dans la crise du pétrole, des situations économiques ralentissant sérieusement le marché de la fourrure, « malgré, dit-on, un retour à la normale prévu en 2016 ».

Dans ce contexte, le marché de la fausse fourrure pourrait avoir gagné quelques points. A l'intérêt croissant des marques de prêt-à-porter pour la matière synthétique, à l'instar de Stella McCartney et de la marque anglaise Shrimps, dont les fausses fourrures pop ayant séduit Colette ou Net-A-Porter défilent désormais dans le calendrier officiel de la Fashion Week de Londres, les marques de luxe s'y mettent aussi. C'est ainsi le cas de Miu-Miu, dont l'invitation à la dernière Fashion Week comme les silhouettes étaient tapissées de fausse fourrure. En parallèle, la liste des marques « anti-fur » - de Ralph Lauren, précurseur, à Hugo Boss, H&M, Topshop ou The Kooples dernièrement - ne cesse de grossir.

A l'initiative de la création de l'Institut de la Fausse Fourrure, structure dédiée à l'industrie et créée l'année dernière, Arnaud Brunois a ainsi pu comptabiliser cette année 220 marques utilisant quasi exclusivement la fausse fourrure dans leurs collections, certaines marques combinant les deux - fausse et vraie fourrure.

« Si aucun chiffre officiel n'est aujourd'hui disponible, le boom de la fausse fourrure est évident, des podiums des défilés aux rayons des magasins de prêt-à-porter, explique-t-il, et vient contrer un marché de la fourrure en baisse et dont les chiffres publiés en 2015 n'ont aujourd'hui plus aucune réalité. »

Encore embryonnaire, la structure dédiée à la fausse fourrure confirme la tendance en s'appuyant sur les retours des producteurs. « Globalement, les marques de fausse fourrure constatent une augmentation de 10 % de leurs commandes ces six derniers mois, à l'image des britanniques de Throw Company, ajoute Arnaud Brunois, « et notre objectif est de poursuivre cette tendance à travers différentes actions : un site, un blog reprenant les mêmes structures que celles de la Fédération de la fourrure et des concours auprès des étudiants », à l'image d'une bourse de 1 000 euros remportée par une étudiante de la Haute Ecole d'art et de design suisse de Genève lui proposant de travailler avec la matière. 

Corroborant les impressions de l'Institut de la Fausse Fourrure, les allées du dernier salon Tranoï confirmaient la présence en nombre des marques « faux-fur ». Furry, Utzon, 51vs49 ou Suprema, les noms de marques dédiées à la fourrure synthétique devraient continuer à se multiplier ces prochaines années. Parmi elles, la créatrice suisse Nadja Axarlis, ancienne acheteuse pour le grand magasin luxe suisse Bongénie Grieder, présentait pour la première fois sa marque Fuzz.

« A force d’entendre mes amies ne plus vouloir porter de la vraie fourrure et se plaindre de la mauvaise qualité et du manque de style des fourrures synthétiques sur le marché, je me suis lancée, explique la créatrice, avec l’idée de créer un produit élégant et haut de gamme qui fasse vrai. »

Fabriquée dans un atelier parisien spécialiste de la fausse fourrure depuis 30 ans – et dont une partie des employés collaborait auparavant dans la vraie fourrure - à partir de produits sourcés en Europe, sa première collection de manteaux – dont les prix varient entre 500 et 1 100 euros – reprend les grands classiques de la vraie fourrure et l’imite en version synthétique et premium.

Un positionnement expliqué en partie par la qualité et la ressemblance étonnante de la fourrure synthétique avec la vraie, « au point même que les militantes de Peta s’y sont elles-mêmes trompées », souligne Nadja Axarlis.

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